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OMS: mauvais rêve pour le vieux Bob!

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Robert Mugabe ne sera pas ambassadeur auprès de l'OMS contre les maladies non transmissibles (Ph. africanews.mivasocial.com)

Aussitôt nommé, aussitôt déchu. Le vieux Bob ne sera pas ambassadeur de bonne volonté auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Non pas parce que la tâche sera trop lourde pour Robert Mugabe, mais simplement parce que le président zimbabwéen est un contre-exemple parfait en la matière. Non seulement le respect des droits de l’homme est loin d’être le dada du nonagénaire qui se fossilise au pouvoir mais en plus, son opposition lui reproche d’avoir contribué à l’effondrement du système sanitaire de son pays. Dans cette logique, la levée de boucliers suscitée par la décision de Tedros Adhanom Ghebreyesus de présenter Mugabe comme étoile polaire dans la lutte contre les maladies non transmissibles est plutôt justifiée. Mieux on peut même se demander quelle mouche a bien pu piquer le directeur général de l’OMS, pour qu’il embarque son institution et le monde entier dans cette plaisanterie de mauvais gout. L’on ne saurait dénier au Zimbabwe, sur la base de statistiques fournies par la même OMS, ses efforts gagnants dans son combat contre des maladies non transmissibles comme les attaques cardiaques et l’asthme. Mais ce serait tout de même trop osé de faire de Robert Gabriel Mugabe, le guide à suivre sur ce plan, lui qui ne fait pas confiance au plateau sanitaire de son pays, préférant les hôpitaux de l’étranger particulièrement ceux de Singapour.

Erreur de casting ou bravade indécente, fort heureusement, l’imposture n’est pas passée.  Les Etats unis, le Canada, le Royaume Uni, des organisations de droits de l’homme et l’opposition zimbabwéenne, par leurs vifs critiques ont vite ramené le patron de l’OMS à la raison, lui faisant annuler cette décision qui n’aurait jamais dû être prise. C’aurait été décerner une prime d’encouragement à un prédateur de la démocratie qui a fait de l’alternance démocratique une ennemie de premier choix. Robert Mugabe s’érigeant ainsi en anomalie dans une Afrique où le pouvoir, en dehors des monarchies bien déterminées, n’est plus un bien personnel ou familial, a ainsi perdu tout privilège d’être le porte-étendard d’une institution onusienne respectable comme l’OMS. C’est clair, la démarche de Mugabe est aux antipodes des idéaux de l’ONU. Si l’homme est considéré comme l’un des pères de l’indépendance de son pays et qu’il a pris les armes pour «l’établissement d’un pays souverain et non ségrégationniste», il n’en demeure pas moins que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et que Robert Mugabe est vu aujourd’hui par ses détracteurs comme celui qui a énormément fait reculer les libertés individuelles au Zimbabwe.

Tout est bien qui finit bien, dit l’adage. Cependant, Robert Mugabe est loin d’être le seul ennemi de la démocratie. Il n’est pas non plus le seul chef d’Etat qui a mis à genoux le système sanitaire dans son pays, la plupart des dirigeants africains n’ayant jamais, en réalité, fait de la santé une priorité. Passé le stade de programme électoral, la santé pour tous devient un leurre dans une Afrique où les chefs de l’Etat et leurs proches sautent toujours dans le premier avion pour aller traiter un simple rhume en France, en Suisse, en Espagne ou aux Etats Unis. Ils ont été d’ailleurs un certain nombre à n’en revenir que les deux pieds devant. Dans le même temps, les centres de santé sur le continent manquent souvent de tout et sont transformés en simples mouroirs.

Par Wakat Séra  

 

 

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