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PAE/JF 2017: un «filtre» a empêché « beaucoup de gens d’avoir leur financement » (coordonnateur)

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Dépôt des dossiers pour le financement des projets (photo d'archives)

Un «filtre», mis en place lors de la première phase de l’appel à projets du Programme d’Autonomisation Economique des Jeunes et des Femmes qui s’est déroulée du 26 juin au 07 juillet 2017, a empêché « beaucoup de gens (porteurs de projets) d’avoir leur financement », a confié ce mercredi 10 octobre 2018 au cours d’une conférence de presse à Ouagadougou, le coordonnateur du PAE/JF, Dr Soumaïla Bitibaly.

Le gouvernement a débloqué 4,5 milliards FCFA pour financer cette année le PAE/JF, contrairement à l’enveloppe des 5,4 milliards FCFA débloquée l’année passée, a précisé M. Bitibaly qui a souligné que « notre programme répond à une urgence car notre jeunesse est confrontée à un problème d’emplois et de sous emplois en milieu rural ».

Si le coordonnateur du PAE/JF a rassuré sur les conditions d’éligibilité de ce programme qui « sont très souples », il a déploré que des gens veuillent coûte que coûte avoir ces financements pour les « utiliser à d’autres fins » que les objectifs assignés au programme. « L’année passée, il y a des gens qui ont dit que l’Etat est en train de distribuer de l’argent. Ils sont venus en masse. Au moment du décaissement pour leur financement, ils ont été bloqués parce qu’on s’est rendu compte que finalement ce sont des clandestins qui pensaient que c’était de l’argent qu’ils pouvaient venir s’accaparer », a-t-il dit.

L’année passée, ce sont « 13 071 dossiers qui ont été retenus mais au finish nous avons pu réellement financer 10 880 dossiers. Il y a des gens quand vous les appelez, si vous leur dites que vous voulez connaître chez eux, ils refusent », a-t-il fait remarquer en poursuivant qu’«il y en a qui n’arrivent pas à nous expliquer bien leur projet (comme) il y a d’autres qu’on a même détecté qui travaillaient déjà ».

Autre fait grave, « il y a des gens qui viennent des Carte nationale d’identité burkinabè (CNIB) qui n’est pas la leur pour faire le dépôt, on a même retrouvés certains en prison alors qu’une des conditions c’est de ne pas avoir affaire avec la justice », a regretté le coordonnateur du PAE/JF qui a rappelé que le programme qu’il conduit « ambitionne financer 30 000 micro-projets sur trois ans » avec enveloppe globale qui s’élève à 16,5 milliards francs CFA.

A la question de savoir s’il y a des secteurs d’activité privilégiés, les responsables du PAE/JF ont répondu par la négative. « Ce que nous regardons, c’est le nombre d’emplois que votre projet est susceptible de créer parce que nous sommes dans une logique qui est de trouver des emplois au jeunes. Donc nous regardons également la cohérence et la viabilité », a répondu M. Bitibaly, prévenant les postulants qu’il y a un service suivi-évaluation pour le suivi de la mise en œuvre et de la conduite d’une activité qui aurait reçu un financé.

Selon Benoit Bado, directeur général du Fonds d’Appui au Secteur Informel (FASI), les secteurs d’activité les plus ciblés par les porteurs de projets sont d’abord le secteur du commerce et celui de l’agro-pastoral.

Par Bernard BOUGOUM

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