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Partir, c’est aussi Diriger dirait le Centenaire Mandela

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Nelson Mandela, le père de la nation arc-en-ciel (Ph. mytimes.com)

Cet écrit est une analyse de Mamadou Djibo, Philosophe qui aborde différents aspects de la gouvernance des politiciens.

Le 24 janvier 2017, la première partie de cet éditorial était en ligne. Partir, c’est aussi Diriger à la condition expresse de ne pas mimer la cérémonie du faux départ du Mogh Naaba, l’Empereur des Mossé. Hier, 18 juillet 2018, le Président Barack Obama, l’ancien président américain célébrait par une adresse axée sur le leadership éthique, le centenaire de Madiba, notre source perpétuelle d’inspiration. Mandela est le nom de l’imprenable dignité de l’être humain dans la mesure même où pour l’incarner, il faut au politique, au serviteur du bien public, le sursaut d’âme comme générosité, don de soi, humilité et beaucoup de grâce dans l’accomplissement de chaque geste de concorde, de pardon, de réconciliation. Mandela incarne la culture de la tolérance, de l’égalité citoyenne et du dépassement de la tentation d’imposer la pensée unique, la discrimination, l’exclusion sous toutes ses figures, ce fait accompli des gladiateurs d’un jour sombre.

Les politiciens-gladiateurs échouent à incarner la dignité humaine par sectarisme, égoïsme et surestime de soi, adossés sur l’hypertrophie de la foi qu’on a la science infuse pour ordonner. Le Centenaire de Mandela rappelle au monde et singulièrement aux dirigeants africains, oscillant entre privilèges et vie politique émolliente voulue pérenne, que l’histoire émancipatoire par les bonnes volontés du peuple les rattrape au moment où ils prétendent célébrer le crépuscule de la liberté. Le politologue américain Francis Fukuyama, dans l’exubérance et l’exultation béate de la Chute du Mur de Berlin (1989), pointait le doigt, ce doigt d’un esprit en état d’ébriété pouvoiriste du libéralisme auto-satisfait se vantant d’avoir vaincu, définitivement, le communisme. Fukuyama est le gourou de certains dirigeants africains qui affectionnent l’évidement de la liberté et de la dignité humaine comme créances et agir pérenne de l’histoire voulue.  D’ailleurs il est loisible de constater que Fukuyama et ses disciples africains (qui s’ignorent réciproquement) ont lu Seulement le premier jet de l’Histoire Universelle que le philosophe Hegel traduit comme totalité émergeante et réengageant le continuum des vécus sociaux, en se saisissant de tel acteur, pour s’autoréaliser. Avoir le sens de l’histoire rappelle, parfois, l’acceptation de l’inattendu voire la restauration du sens du mystère.

La Chiourme ne prend son envol qu’au crépuscule. L’émancipation, l’affranchissement des schizophrénies claniques, divisionnistes des puissants de l’intersaison affadie des libertés, cet élan de l’histoire voulue et irrésistible des peuples, est, toujours en route. Vouloir, derechef,  La rétention de l’Histoire du peuple souverain est une incurie des puissants tandis que vouloir sélectionner tel profil plutôt que tel acteur, préférer celui-ci ou celui-là, est une pure illusion. Denier cette réalité, elle vous rattrape. L’histoire politique des successeurs adoubés par le sortant présidentiel, ces ronronnements de la haute technostructure du MPLA récente de l’Angola nous l’enseigne. Il aurait suffi au Président Dos Santos (38 ans de pouvoir) de laisser le peuple souverain se choisir au terme de son mandat en cours, à l’occasion des élections générales inclusives, un chef au moyen d’un processus électoral, crédible, transparent avec une institution de contrôle accepté par tous. Il a organisé la transmission du pouvoir au sein du MPLA d’abord pour ensuite espérer tirer les marrons du feu. Cette préférence fut son tombeau politique, heureusement, au nom du double devoir d’inventaire et de redevabilité appliqués par le nouveau Président Monsieur Joao Lorenço.

L’inattendu accoucha de l’attendu ! Quelle histoire formidable d’émancipation ! Bravo à la rupture éthique pour le Bon gouvernement dans la continuité ! Le Général de Gaule n’avait pas adoubé le surdoué des belles lettres, Monsieur Pompidou. Pas plus que celui-ci (ironie de l’histoire qui se moque des puissants du moment) n’a accepté la candidature de Monsieur Giscard, préférant Chaban Delmas de Bordeaux. Ruine des préférences sui generis présidentielles ! En CEDEAO, Maître Abdoulaye Wade, le président, ce grand libéral d’Afrique a, lui aussi, subi les retournements telluriques contraposés de l’histoire voulue. Il y a moins de deux ans, le Président Hollande se ‘’savait’’ son propre successeur, jouant les habiles artificiers contre ses adversaires affichés, minorant la part de l’inattendu de l’histoire. D’ailleurs, est-il mathématiquement raisonnable de parier sur l’inattendu ? Oui puisque les mathématiques méconnaissent l’inattendu tandis que la science de la manipulation politique n’est pas mathématique. Le Président Hollande a lui aussi oublié que le crépuscule des uns coïncide avec l’envol de l’inattendu. La certitude du probable revient au peuple souverain qui choisit son élu, élit son choix : Président Macron. En sera-t-il pareil en Côte d’Ivoire en 2020 ? La volonté affichée du Président Alassane Ouattara de « transférer le pouvoir à la nouvelle génération » remporte l’adhésion de tous. Dans ces circonstances, que 100 fleurs s’épanouissent, le Président Mao avait dit. Dans la transparence des conditions d’épanouissement (électoral) et l’égalité de traitement pour le grand bonheur du peuple rassemblé. D’ici à 2020, une durée comme une éternité en politique ! Puisque l’Inattendu ou l’Attendu, l’étouffé et le non inoxydable comme l’insubmersible sont intraduisibles et à équidistance de la bienveillance envers le peuple, le bien commun. Le peuple sait faire son choix souverain dans sa sagesse procédurale indubitable.

Le Peuple est bon et équitable. Il sait. Il est plus intelligent que les dirigeants. Il écoute seulement le juste. Il tranche quand l’heure sonne. La Commedia dell’ Art (dilettantisme, travers, ruses, virginal naïf, débris de Polichinelle)  peut continuer entre les uns et les autres ou contre. Mais la sentence du bon peuple patient, arrive. Mandela était ce rendez-vous, irrésistible et irrévocable ! Suivons-le comme le jeune Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed dans sa politique audacieuse de détente à l’intérieur et de réconciliation totale avec l’Erythree  ! Un grand leadership de transformation, un faiseur de paix ,une vraie source d’inspiration, ce jeune leader éthiopien, courageux et en devenir et qui nous rappelle Madiba.

Les petites haines interpersonnelles, les volontés personnelles insubstantifiées ne fécondent pas l’histoire émancipatoire en ceci qu’elles jugent à partir d’une position qui se prétend dominante comme dans les marchés de commodités pour jouir d’un abus. Aussi ces volontés (partis politiques, dirigeants) prennent-elles une position erronée sur ce qui n’existe pas. Seul le peuple est permanemment en position dominante sur la scène de l’histoire. Et chaque chef, ancien, nouveau ou nouvel ancien revenant ou reversé, est porteur de sa propre vision, de la symbolique de la trace qu’il veut laisser ou a laissé, à son corps défendant dans l’histoire voulue de son peuple. Une nouvelle société s’adosse sur le mérite, le leadership éthique au moyen des politiques d’égalité, d’excellence, de reconnaissance de chaque talent, de responsabilité face aux défis de l’Avenir en commun.

Vouloir faire prévaloir son choix personnel est l’histoire d’un avenir commun. Il n’existe pas pour l’histoire émancipatoire du peuple, d’avenir commun (égalitarisme plat). Mais seulement cette histoire voulue enseigne. L’Histoire universelle énonce l’Avenir en commun. D’où le rappel de tous à la responsabilité, à l’acception et à la souscription au principe de fraternité. L’humain, d’abord, c’est l’humilité de servir le bien commun et l’effacement de soi en ayant foi en la sagesse de la volonté générale autour de l’intérêt général. C’est la république contractuelle de type rousseauiste que le Président Macron vient d’endosser pour la partager avec les partenaires sociaux de France face aux micro-insurrections des travailleurs, çà et là.

Lorsque Mandela fut envoyé au bagne, les affreux de l’Apartheid, snobaient l’Histoire universelle et ses leçons au profit de la prétendue fin des luttes d’émancipation des Noirs, Métis et Indiens, le peuple opprimé rassemblé. Mandela par la force interlocutoire de sa foi en l’humain, la lutte pour ses droits, devoirs et libertés, depuis sa cellule crépusculaire, advint la chiourme qui prit son envol. Le peuple africain doit savoir tirer les leçons de cette histoire irrésistible de la liberté et de l’imprenable dignité humaine chaque fois que les dirigeants jouent les incohérents, inconséquents et parfois les amnésiques, toutes choses qui freinent nos droits au rêve alternatif.

En définitive, une autre histoire est toujours possible sinon est la voie. Elle se fait surtout voix par un leader du beau pays des montagnes ou des savanes magnifiques. Seul cet espoir, cette certitude advenue foi en chacun des fiers enfants d’Afrique féconde le changement escompté, reste l’alternative indépassable. La roue de l’histoire tourne. La bona fortuna ne l’est que dans l’égalité stochastique des évènements qui surviennent et de ceux qui s’y connectent avec lucidité, responsabilité et flair. J’ai la même foi : l’horizon d’attente de cette histoire politique des bisbilles de la technostructure ivoirienne (qu’elle soit conjecturale comme l’est la création du RHDP unifié au pouvoir ou consensuelle et dialoguale, urbi et orbi), renvoie au même invariant personnifié et nommé Guillaume Soro Kigbafori. Il est sur Le chemin du Pardon et de la réconciliation. Il fait le plaidoyer perpétuel du bon sens au nom de l’Avenir en commun des Ivoiriens et Ivoiriennes, des enfants d’Afrique, de libérer tous les prisonniers du fait de la violence en politique.

Cet appel constant et responsable doit être entendu. Le peuple entend cet appel comme équité et vivre ensemble dans la concorde nationale pour la pleine renaissance de la république sociale et égale. Puisse le dialogue houphouëtiste se poursuivre dans la patience et la détermination. La force qui va de Victor Hugo est la sagesse, à mon sens. Souhaitons que la force morale et éthique, le leadership de bienveillance de Mandela, toujours inspire le Président Soro sur le chemin de la concorde nationale.

Merci Madiba, notre source perpétuelle d’inspiration !

Let’s keep HOPE alive in Africa for all!

www.guillaumesoro.ci

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