Accueil A la une Patrons du Burkina: «Malgré les difficultés, le Burkina Faso reste debout»

Patrons du Burkina: «Malgré les difficultés, le Burkina Faso reste debout»

Le présidium dont le Premier ministre Dr Albert Ouédraogo (centre)

Le chef du Gouvernement de la Transition, a déclaré le jeudi 2 juin 2022, que la tenue de la première édition de la Rencontre des patrons burkinabè (REPAB), « sonne comme un message de résilience envoyé au reste du monde. Malgré les difficultés, le Burkina Faso reste debout», a martelé Dr Albert Ouédraogo avant d’ouvrir les travaux qui, deux jours durant, réuniront plus de 500 participants autour du thème central intitulé : « Le Patronat face aux défis du développement économique et social du Burkina Faso ».

Le Premier ministre Albert Ouédraogo a ouvert le forum des acteurs économiques du Burkina qui verra la participation d’autres acteurs économiques notamment du monde. « Les difficultés (essentiellement sécuritaires) que nous vivons aujourd’hui, ne doivent pas nous amener à perdre de vue, la nécessité de la poursuite des actions en faveur du développement de notre pays », a indiqué M. Ouédraogo qui a enchaîné qu’en effet, « il est clair que le terrorisme et l’insécurité rampante dans nos villes se nourrissent de l’état de pauvreté de ces populations qui se sentent exclues du processus de développement socioéconomique ».

C’est pourquoi, il a salué le thème de la présente rencontre qui se décline en plusieurs sous thèmes. Cette thématique illustre à souhait le fait que « malgré le contexte difficile, tous les acteurs du développement restent mobilisés pour faire face à l’adversité », a relevé le chef de l’Exécutif burkinabè, pour qui, la rencontre des patrons du secteur privé sonne donc comme un message de résilience.

Le président du comité d’organisation, Arouna Nikiéma, prononçant son discours

Albert Ouédraogo a salué les efforts accomplis par le patronat burkinabè qui par cette action permettent au pays de réaliser des performances appréciables ces dernières années. A titre illustratif, il a évoqué, entre autres, « l’accélération du rythme de progression de l’activité économique dont le taux de croissance est ressorti à 6,9% en 2021 ; l’accroissement de 22% des impôts et taxes versés au budget de l’Etat et l’excédent commercial historique de 230,7 milliards de FCFA réalisé en  2021 ».

Il a par la suite exhorté les opérateurs économiques de renom du Burkina également à « accorder une place importante à l’innovation en vue d’améliorer la qualité des produits mis sur le marché ; développer davantage des stratégies de levée des fonds sur le marché financier régional pour l’investissement, en vue de faire face au déficit de financement interne de l’économie et enfin et travailler en synergie d’actions avec les centres de recherche, afin de susciter l’innovation et de faciliter l’adoption des nouvelles technologies ».

Pour sa part, il a rassuré les patrons burkinabè de l’engagement du Gouvernement qu’il dirige à mettre tout en œuvre pour créer les conditions nécessaires à la sécurisation et à la rentabilité de vos investissements.

Une vue des participants à la REPAB

Le vice-président du Conseil national du patronat burkinabè (CNPB), Seydou Diakité, qui a lu le discours du premier responsable de la structure, Apollinaire Compaoré, a affirmé que «le Burkina Faso demeure un pays attractif ». « Il est le quatrième pays producteur d’or en Afrique avec 17 mines en exploitation et près d’une dizaine en développement et construction », a renchéri M. Diakité qui a précisé que le patronat regroupe « aujourd’hui 80 associations en faîtière (fédération et union professionnelle) avec plus de 90 000 membres ».

« Le patronat contribue à hauteur de 80% des recettes de l’Etat soit en moyenne 1 600 000 000 FCFA par an. En matière de création d’emplois, en 2021, selon l’office de l’emploi et de la formation qui a réalisé une étude nationale sur la contribution du secteur privé à la création d’emploi au Burkina Faso, la situation de chômage est caractérisée par un taux de 4,7% et concerne surtout les jeunes de 15 à 34 ans », a proclamé du haut du parloir, Seydou Diakité.

Le Premier ministre visitant les stands après l’ouverture de la première édition de la REPAB

Des chiffres toujours du premier vice-président du CNPB, « en matière de protection sociale de leurs travailleurs en 2020, les employeurs ont payé plus de 107 milliards FCFA comme cotisation sociale selon les dernières statistiques de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), plus de 14 milliards au titre de l’assurance maladie, plus de 5 milliards pour l’office de santé des travailleurs sans oublier les appuis financiers accordés aux mutuelles des travailleurs ».

Au titre de l’apprentissage et des stages, le patronat place « par an, en moyenne près de 2 000 jeunes dans les entreprises », a-t-il complété dans le long chapelet des contributions du secteur privé, notamment celles du CNPB, qu’il a égrené.

Le président du Comité d’organisation, Arouna Nikièma, a indiqué qu’avec cette occasion du donner et du recevoir, le patronat burkinabè veut mettre en lumière une composante de la société qui dans « l’ombre participe au développement économique, social et culturel de leur pays respectif mais parfois, n’est pas ou est peu écouté, elle n’occupe pas la place qui lui revient».

Une vue du stand de Wakat Séra à la REPAB

L’objectif général de la REPAB est l’organisation du forum d’échanges sur diverses thématiques afin d’améliorer la participation du secteur privé au développement économique et social. Spécifiquement, a-t-il continué, « il s’agira donc de créer un espace d’échange périodique entre les chefs d’entreprises burkinabè, les autorités et les patronats frères de la sous-région et du monde ; organiser des rencontres B2B ; promouvoir les bonnes pratiques en matière de dialogue social, protection sociale, de formation, de création d’emplois et de l’incivisme fiscal par les entreprises ; partager les expériences de success stories qui font fait la fierté de la communauté des Affaires au Burkina et en Afrique, et promouvoir les investissements sous régionaux ».

Pendant deux jours, d’éminents communicateurs, panélistes, venus d’horizons divers vont entretenir les participants sur le thème central et les sous thèmes qui portent sur la fiscalité, le climat des affaires, la responsabilité sociale des entreprises (RSE), le développement des compétences et l’emplois des jeunes, le digital, la fourniture des biens et services dans le secteur minier, le développement des exportations, la promotion des investissements et le financement des Petites et moyennes entreprises (PME).

Plusieurs délégations dont celles de la Côte d’Ivoire, du Niger, du Togo, de la France et de la Turquie participent à cette rencontre.

Une soirée gala va être organisée à la clôture de cette première édition de la REPAB demain vendredi dans la soirée à 19H. Cette soirée sera l’occasion de distinguer des chefs d’entreprises, des employeurs, centres et entreprises formatrices parmi les meilleurs que compte le Burkina Faso.

La cérémonie s’est achevée par des visites des stands.

Par Bernard BOUGOUM

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