Avant même que la Commission électorale nationale autonome (CENA) ne donne les premiers chiffres de l’élection présidentielle de ce dimanche, Paul Hounkpè, le seul candidat de l’opposition dite modérée, a reconnu, dès ce lundi 13 avril 2026, sa défaite face à son adversaire, Romuald Wadagni, le poulain du parti au pouvoir.
Le candidat de la Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), parti de l’opposition dite modérée, Paul Hounkpè, n’a donc pas attendu les résultats officiels du scrutin présidentiel pour « saluer » la victoire qui se dessine en faveur de Romuald Wadagni.
Certes l’acte peut paraître digne et élégant, et a surtout le mérite de sortir du sentier des sempiternelles récriminations des opposants qui ne s’avouent jamais vaincus, même quand ils sont battus presque à la loyale, oubliant que dans toute compétition, il faut un vainqueur et un vaincu. S’il faut donner raison à ses opposants à qui la victoire est la plupart du temps volée par un dirigeant vomi par son peuple mais qui a en main une machine électorale qui met tous les moyens de fraude à son profit, il faut également donner toute sa valeur à cette démarche de Paul Hounkpè. Car, les plaintes des candidats malheureux, surtout leurs appels aux militants à descendre dans la rue pour revendiquer la victoire, n’apportent que larmes et désolation dans les familles de manifestants qui sont, au mieux embastillés, au pire tués par les balles de forces de l’ordre à la gachette aussi facile que Lucky Luke, «l’homme qui tire plus vite que son ombre».
Mais dans son cas, la réaction extrêmement rapide de Paul Houkpè pourrait bien apporter de l’eau au moulin de ses détracteurs et même d’observateurs avertis de la politique qui le caricaturaient comme un simple accompagnant du dauphin du président sortant, Patrice Talon, vers la victoire. Comme le dirait l’autre, l’opposant modéré aura donc joué sa partition jusqu’au bout en acceptant d’éviter au Bénin, le schéma pas du tout crédible du candidat unique à cette présidentielle à laquelle le président sortant, respectant la Constitution de son pays, n’a pas pris part. Patrice Talon a déjà accompli les deux quinquennats auxquels la loi fondamentale béninoise lui donnait droit. En cela, il ne peut qu’être félicité parce que n’ayant pas cherché à flirté, à l’instar de certains de ses homologues, avec ce troisième mandat de tous les dangers.
Mais où sont donc passés Les Démocrates de la démocratie béninoise? Les Démocrates, le véritable parti d’opposition qui pouvait perturber les plans du pouvoir, a été écartelé et écarté du jeu politique, depuis bien longtemps et de bout en bout. Pour exister politiquement, plusieurs de ses cadres ont dû marcher dans le sens du vent. Il en est ainsi de l’ancien député et ex vice-président des Démocrates, Eric Houndété et de Guy Mitopkpè, ancien porte-parole du même parti, qui ne faisaient, en son temps aucun cadeau au régime Talon. Ils ont dû retourner leurs vestes, comme c’est régulièrement le cas sous les tropiques, pour apporter un soutien sans faille au candidat du président sortant, qui a, évidemment, évolué en roue libre.
Même Chabi Yayi, le fils de l’ancien président de la République et président démissionnaire des Démocrates, Thomas Boni Yayi, a choisi de rouler pour le candidat du pouvoir! Du reste, ils sont au moins une vingtaine à avoir été suspendus du parti Les Démocrates, pour avoir apporté, contre les règlements de leur formation politique, leur soutien à un candidat du pouvoir. Rien de nouveau sous le soleil du Bénin, et même du continent, où l’idéal politique est loin d’être la chose la mieux partagée. Les promesses de strapontins, et autres avantages, ont toujours pris le dessus. Ainsi va la politique sous nos cieux. Les Démocrates vont-ils survivre à cette saignée? Comme le phénix, le parti renaîtra-t-il de ses cendres? Questions!
En tout cas, Romuald Wadagni a déjà en main, la clé du palais présidentiel de la Marina. Aura-t-il la latitude de gouverner selon sa propre vision ou va-t-il marcher dans les talons de son mentor…Talon? L’avenir nous le dira!
Par Wakat Séra
Encadré
Communiqué

Par Wakat Séra




























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