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Présidentielle en Algérie: entre le «non» et les candidats sortis de nulle part

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L'Algérie va-t-elle vers la présidentielle de tous les dangers? (Ph. REUTERS/Ramzi Boudina)

Alors que les insurgés continuent de manifester sans le moindre signe d’essoufflement contre l’élection présidentielle prévue pour le 4 juillet, un flou artistique se dessine autour des candidatures. Jusqu’à la fin de la matinée de ce dimanche 26 mai, les médias qui ont fait le pied de grue devant la Conseil constitutionnel ont diffusé la nouvelle-catastrophe d’une présidentielle sans candidature. Contre toute attente l’institution gardienne de la Constitution s’est inscrite en faux contre cette information, sortant de sa botte secrète deux candidatures dont les dossiers auraient atterri sur sa table avant le dead-line qui était fixé au samedi 25 mai à minuit. Tout en accordant toute la bonne foi qui lui est due au Conseil constitutionnel algérien, on ne saurait cependant se poser des questions sur ces candidats bien inconnus au bataillon politique. Selon le communiqué rendu public par le Conseil constitutionnel, en attendant la décision finale qui leur permettra de prétendre à la course au fauteuil abandonné par Abdelaziz Bouteflika contraint à la démission en avril dernier, les deux candidats ont déposé leurs dossiers dans les délais requis. Mais dans quelle posture iront-ils à la rencontre des électeurs? Interrogation de mise quand on sait que Abdelhakim Hamadi et Hamid Touahri sont des candidats venus de nulle part.

Question: les deux candidats, même s’ils sont admis à s’aligner dans les starting-blocks seront-ils en mesure de concourir? Le «NON» des insurgés pour la tenue de cette présidentielle du 4 juillet, résonne au quotidien dans les rues d’Alger. Malgré la chute de Bouteflika, le 2 avril, et la chasse, vraie ou fausse, menée par le chef d’état-major général des armées, le général Ahmed Gaïd Salah contre les anciens apparatchiks, le mercure des manifestations ne baisse point. Pire, la fièvre monte chaque jour un peu plus et les «révolutionnaires» en sont venus à réclamer le scalp du général Gaïd Salah, en réalité, le nouvel homme fort d’Alger. Dans la foulée, ils rejettent sans autre forme de procès la tenue de la présidentielle du 4 juillet, persuadés que c’est une voie idéale pour le général Ahmed Gaïd Salah et ses ouailles de maintenir l’ancien système aux affaires, c’est-à-dire continuer à faire du Bouteflika sans Bouteflika. Le bras-de-fer semble donc désormais inévitable entre les militaires pour qui la seule voie de sortie de crise est la présidentielle, selon le respect des textes constitutionnels, et les insurgés qui s’opposent à ce scrutin, avec la dernière énergie. Si jusque-là le printemps algérien n’a pas connu de violences déplorables, ses dernières évolutions pourraient bien conduire à l’affrontement. En tout cas, les ingrédients de l’explosion se mettent inexorablement en place avec les positions qui se radicalisent.

Les Algériens vont-ils s’éviter le chaos ou confirmeront-ils la triste réalité des pays qui, après être sorti du tunnel des longs règnes autoritaires, n’ont pu mettre en place le mécanisme adéquat pour ramener la stabilité politique? Dans ce pays du tout politiquement possible, il faut espérer que militaires et civils sachent raison garder et aller au compromis nécessaire pour l’intérêt national. En attendant, la présidentielle lgérienne du 4 juillet se dessine comme celle de tous les dangers.

Par Wakat Séra

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