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Procès putsch manqué: « … Appliquez la peine de 25 ans si (elle) apaisera les coeurs des victimes » (accusé)

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L’ex-soldat de deuxième classe, Seydou Soulama, poursuivi dans le dossier du putsch manqué de 2015 perpétré au Burkina, pour qui le parquet a requis 25 ans de prison ferme, a demandé, ce mercredi 10 juillet 2019, au président du tribunal, Seydou Ouedraogo, d’appliquer cette peine si elle contribuera à apaiser les coeurs des victimes.

« Aujourd’hui j’ai tout perdu, ma vie de jeunesse, mon travail que j’ai aimé », a affirmé l’ex-soldat Seydou Soulama, notant qu’il « ne peut pas pleurer pour montrer (son) innocence ».

Cet accusé qui a été radié de l’armée à la suite de sa désertion et l’affaire dite de « Yimdi », a clamé son innocence dans le dossier parquet militaire contre le général Gilbert Diendéré et autres, demandant au tribunal des circonstances atténuantes.

Il a invité par ailleurs le président du tribunal à appliquer la peine de 25 ans ferme requis par le procureur militaire, si cela contribuera à apaiser les coeurs des victimes. « Je vous confie ma vie de jeunesse », a-t-il laissé entendre.

« Aujourd’hui je souffre et j’espère que cette souffrance me servira de leçon dans ma vie future », a dit M. Soulama qui avait 23 ans au moment des faits.

A l’audience de ce mercredi 10 juillet 2019, quatre avocats ont plaidé pour leurs clients. Il s’agit de Me Mireille Barry, Me Dieudonné Bonkoungou et Me Michel Traoré qui ont défendu le colonel major Boureima Kéré et Me Alexandre Sandwidi conseil du sergent-chef Roger Koussoubé.

Pour les avocats du colonel major Kéré, leur client est « tout simplement innocent comme » l’est « le général Pingrnoma Zagré », ex-chef d’état-major général des armées.

« Monsieur le président, vous allez libérer le colonel-major Boureima Kéré tout simplement parce qu’il est innocent », a soutenu Me Mireille Barry, notant que « dans tous les cas de figure le doute profite à l’accusé ».

Ils ont donc plaidé la relaxe de leur client car selon eux, les actes qu’il a posés ne montrent rien de complicité.

Me Dieudonné Bonkoungou, s’est plus attardé sur la réquisition du parquet. Pour lui ce qu’a fait le parquet n’est pas une réquisition car il n’y a rien qui y a été articulé.

« Le parquet n’a pas indiqué de façon détaillée les faits reprochés à notre client », selon Me Bonkoungou qui poursuit qu’il ne l’a pas fait car « il n’y a pas de charge réelle à articuler ».

« Il n’est ni démolisseur, ni tueur, ni putschiste », a dit Me Barry pour qui les cinq ans avec sursis requis par le parquet est « sévère mais en plus elle n’a pas été soutenue », se demandant pourquoi requérir une telle peine contre « quelqu’un qui n’a rien fait ».

Me Alexandre Sandwidi, quant à lui, a indiqué que le parquet militaire n’a pas pu, jusqu’à présent démontrer la culpabilité de son client le sergent-chef Roger Koussoubé.

Pour lui, le sergent-chef Koussoubé est « quelqu’un de normal et n’est pas un monstre froid » comme certains le qualifient.

L’audience à été suspendue. Elle reprendra le vendredi 12 juillet 2019 avec la poursuite de la plaidoirie des avocats du sergent-chef Roger Koussoubé.

Par Daouda ZONGO

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