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RD Congo : l’ex-chef d’État Joseph Kabila jugé pour « crimes contre la paix »

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L'ex chef d'Etat congolais, Joseph Kabila (Ph. MSN)

L’ex-président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila est jugé, ce vendredi 25 juillet 2025, par la Haute cour militaire de son pays, pour des faits de « crimes contre la paix » et « complicité avec le M23 », groupe armé opérant à l’Est de la RDC. Des faits qui seraient passibles de la peine de mort, selon plusieurs sources.

L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, opposant déclaré au gouvernement actuel, est jugé par la Haute cour militaire du pays, ce vendredi 25 juillet 2025, pour des faits de « crimes contre la paix » et de complicité avec le groupe armé M23.

Joseph Kabila, qui a été récemment vu dans l’est du pays, est poursuivi pour « participation à un mouvement insurrectionnel, crime contre la paix et la sécurité de l’humanité, homicide intentionnel par balles, trahison, apologie, viol, torture et déportation, occupation à force ouverte de la ville de Goma », selon l’acte d’accusation.

Ces faits sont passibles de la peine de mort en République démocratique du Congo, où un moratoire sur l’exécution de la peine capitale en vigueur depuis 2003 a été levé en 2024 (aucune exécution n’ayant cependant eu lieu depuis).

Fils de Laurent-Désiré Kabila, rebelle ayant fait tomber Mobutu Sese Seko, Joseph Kabila, 54 ans, avait hérité du pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père. Il avait dirigé la République démocratique du Congo jusqu’en 2019, et est resté très discret après son départ du pouvoir.

En avril, l’ex-ministre de la Justice, Constant Mutamba avait saisi la justice militaire afin d’engager des poursuites contre Joseph Kabila « pour sa participation directe » au M23.

Le procureur général de la justice militaire avait déposé une requête en levée de son immunité auprès du Sénat, qui l’avait approuvée par 88 voix contre cinq et avait autorisée les poursuites. Joseph Kabila bénéficiait de cette immunité en tant qu’ancien chef de l’État et sénateur à vie.

Un des principaux éléments exposés par le procureur est un témoignage qui attesterait que Joseph Kabila a tenu une conversation téléphonique avec un haut responsable du M23 au sujet d’un plan orchestré par le Rwanda visant à « assassiner le président Tshisekedi ».

D’après ce témoignage, Joseph Kabila aurait déconseillé la mise en œuvre d’une telle machination qui aboutirait à ériger Félix Tshisekedi en « martyr ». Il aurait affirmé qu’un coup d’État militaire était préférable.

Dans une rare allocution transmise en ligne le 23 mai, après la levée de son immunité, l’ancien dirigeant avait dénoncé la « dictature » du gouvernement Tshisekedi, et fustigé une justice n’étant plus, selon lui, « qu’un instrument d’oppression d’une dictature qui tente désespérément de survivre ».

Joseph Kabila, qui avait quitté le pays fin 2023, a regagné en mai dernier Goma, grande ville de l’est du pays contrôlée par le groupe armé M23 et des milices congolaises.

L’Est congolais, région riche en ressources naturelles frontalière du Rwanda, est déchiré par des conflits depuis 30 ans. Les violences se sont intensifiées ces derniers mois avec la prise de contrôle par le M23 de Goma et Bukavu, capitales des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Par Valentin SOMANDE (Stagiaire)