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RD Congo: tous, Docteurs, Professeurs?

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L'université de Kinshasa en RD Congo (Ph. d'illustration)

La critique est vieille. Elle date de 2011, il y a donc 14 ans, portée par Tshitenge Lubabu dans l’hebdomadaire «Jeune Afrique n°2645».

De prime abord, l’auteur explique que le terme «docteur tout court», chez les francophones, évoque généralement un détenteur d’un doctorat en médecine. Exemple: «Tu es malade, il faut voir un docteur». Pour les autres disciplines, il y a précision: «Untel, docteur en sciences politiques», par exemple.

«Quid du professeur», se demande Tshitenge Lubabu? «A l’université ou dans une grande école, il s’agit du titulaire d’une chaire», affirme-t-il. «C’est l’aboutissement d’une longue échelle, qui commence par attribuer au futur professeur le grade d’assistant, puis celui de maître-assistant; il devient, ensuite, chargé de cours, puis maître de conférences», argumente-il.

Il en conclut: «Il ne suffit donc pas d’être docteur pour être professeur». Un vrai docteur, un vrai professeur, pour lui et, d’ailleurs, pour la communauté des intellectuels, «est celui qui mène des recherches, publie des travaux et des livres. Et cela, quelle que soit sa spécialité».

De la recherche, nous retenons avec le professeur émérite Jacques Le Goff (Ouest-France, 11 novembre 2025) que celle-ci consiste à un «travail de recherche de la vérité et d’enrichissement du savoir».

De la bouillabaisse

Quid, encore une fois, des docteurs professeurs congolais? La réponse est négative, au regard de cette contrainte académique. De fait, ils ne publient pas. Pas un seul iota. Et si quelques-uns y parvenaient, ils seraient à compter sur les doigts de la main.

Les rayons des bibliothèques universitaires sont vides, poussiéreux. Par conséquent, ils ne sont ni docteurs ni professeurs. Du moins, pour la plupart d’entre eux. A mort, donc, l’esprit des Lumières pour cette jeunesse congolaise à la conquête du savoir? Sans doute.

Mais, tout n’est pas encore perdu. Il n’y a pas le feu au lac! Les solutions existent, en commençant par la «dépolitisation de la science». Que la politique se conjugue sans empiéter sur les vertus de la science!

La validation d’un grade académique ou toute autre affaire à caractère académique ne relèvent nullement de la «Présidence de la République». Sinon, on fait de la pire bouillabaisse!

Par Jean-Jules LEMA LANDU, journaliste congolais, réfugié en France