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RDC: attention au retour de Nyiragongo!

impressionnante éruption du volcan Nyiragongo (Ph. lemonde.fr)

Le 17 janvier 2002, trois coulées de lave, vomies par Nyiragongo, avaient failli effacer Goma de la carte de la République démocratique du Congo (RDC). La bave brûlante du volcan a tout balayé sur son passage, provoquant la mort de 45 personnes, le déplacement de 500 mille autres et surtout des dégâts matériels importants. Mais, la colère du monstre tombée, les survivants et les fuyards ont vite fait de penser à la reconstruction de Goma. En attendant la prochaine ire de Nyragongo. Et ce qui devait arriva, ce samedi, lorsque le volcan entra en éruption. Une fois de plus, comme il y a 19 ans, les habitants de Goma ont dû reprendre la route de l’exil momentané pour échapper à la furie de la montagne de feu. Ils étaient huit mille à partir dans la précipitation. Ils ont été nombreux à se diriger vers le Rwanda voisin où le stade de Rubavu leur a ouvert ses portes, non pas pour un match de football mais pour une nuit…blanche. Des écoles ou tout simplement la rue, ont également accueilli des sinistrés paniqués, mais qui peuvent s’estimer plus heureux que cinq, des chiffres parlent de 15, des leurs qui ont péri dans la course à mort pour la vie. Selon nos confrères de RFI, deux personnes ont même fini calcinés.

Plus de peur que de mal! C’est bien l’occasion de le dire, Nyiragongo, d’une clémence inattendue, s’est arrêté aux portes de la ville. Goma sauvée du feu incandescent! Hasard ou clin d’œil de la nature, c’était la veille de la Pentecôte, fête des chrétiens qui célébraient, ce dimanche, la descente du feu du Saint Esprit, sur les apôtres de Jésus-Christ, le septième jour après Pâques. Certes, Goma n’avait pas la tête à la fête de Pentecôte, mais elle peut pousser un ouf de soulagement. Même que nombre des habitants qui avaient déserté la ville sont déjà revenus sur leurs pas, malgré les secousses qui troublent encore la quiétude, après le passage houleux de la lave de Nyiragongo. N’est-ce d’ailleurs pas imprudent de la part des «Gomalais» de revenir alors que le volcan ne s’est pas totalement calmé? En attendant l’heure des questionnements et des accusations, le temps est au relogement des déplacés momentanés, la fourniture en eau et en nourriture pour ceux qui ont tout perdu. Et Goma pourra alors faire le deuil de ses morts, tout en repensant les plaies béantes laissées par un volcan qui n’est parti que pour revenir, les activités en surface de ces structures géologiques étant cycliques.

Pourquoi le réveil de Nyiragongo, dont tous savaient pourtant qu’il était inévitable, a-t-il surpris autorités et populations? Les volcanologues de la RDC, ont-ils dormi pendant que le volcan sommeillait? Si à leur décharge, la soudaineté de l’éruption a été réelle, aucun signe précurseur n’ayant été ressenti, il fallait tout de même surveiller ce volcan, comme le lait sur le feu, une expression qui tombe plus que jamais à pic. Les instruments ont-ils fait défaut pour accomplir ce travail vital de veille? Ou alors, est-ce une fois de plus cette absence de perspective qui caractérise les Africains qui vivent toujours au jour le jour, laissant, fatalistes, le lendemain entre les mains de Dieu? Autant de questions, qui, il faut l’espérer, trouveront réponse avant le retour, presque certain, de Nyiragongo.

La reconstruction sera bientôt à l’ordre du jour, en attendant la prochaine éruption de Nyiragongo, qui, comme tous les volcans entrera, une fois de plus en sommeil en surface, mais bouillonnera toujours de l’intérieur. Il urge donc que les autorités de la RDC prennent les dispositions idoines pour sortir les populations de l’œil de la montagne de feu.

Par Wakat Séra

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