Accueil A la une RDC: le CACH paie cash, la compromission de «Fatshi»!

RDC: le CACH paie cash, la compromission de «Fatshi»!

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Entente et détente entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi (à gauche). Mais ça, c'était avant! (Ph. Reuters)

Le divorce est consommé entre le CACH de Félix Tshisekedi et le FCC de Joseph Kabila. Et comme dans tout mariage qui vole en éclats, du fait que les deux époux ne regardent pas dans la même direction, ce qu’il conviendrait désormais de qualifier d’ancien foyer, est en pleine ébullition. Et les dommages collatéraux, encore très vifs, écorchent une vie politique redevenue volatile, du fait du poids très lourd de l’un des conjoints, le FCC, pour ne pas le nommer, qui peut, à tout moment, provoquer le blocage du fonctionnement de tout le pays. Car, la coalition FCC-CACH, c’était beaucoup plus la bonne affaire de Joseph Kabila qui est parti du palais présidentiel, mais demeure aux affaires par une mainmise totale sur l’exécutif, les provinces, et surtout l’Assemblée nationale. La domination du FCC de Kabila est simplement écrasante et même étouffante pour le CACH du fils de l’emblématique sphinx de Limété qui, certainement, n’a pas encore trouvé le repos éternel dans sa tombe.

Car, de son vivant, Etienne Tshisekedi, l’inusable opposant historique des pouvoirs forts qui se sont succédé, du Zaïre à la République démocratique du Congo (RDC), de Mobutu Sese Séko aux Kabila, père et fils, n’aurait jamais accepté cette compromission humiliante qu’a dû négocier son héritier pour s’installer au palais de la Nation de Kinshasa. Mais le mal est fait et nous ne saurions réécrire l’histoire de la RDC! Sauf que ce deal qui continue d’exhaler la puanteur de la trahison et qui a barré la route au candidat de la Coalition Lamuka, le très populaire Martin Fayulu et d’autres challengers très charismatiques comme Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba, pourrait replonger, si cela n’est pas déjà le cas, la RDC dans l’instabilité politique. Peut-être que le jeu en valait la chandelle pour faire partir le Vladimir Poutine congolais, mais le virage a été mal négocié, car le lynx a bien préparé son coup.

Comment se débarrasser aujourd’hui de celui qui s’est joué de tout un pays, avec la complicité ou la soumission de la communauté internationale, pour partir sans partir et se préparer un retour dès la fin du quinquennat du pion qu’il bougeait sur un échiquier dont il demeure le seul maître? Après des consultations dites nationales qui ont eu le mérite de ramener Jean Pierre Bemba et Moïse Katumbi dans le jeu, et de redonner de la voix à l’église catholique et d’autres entités de la société, que pourra Félix Tshisekedi pour récupérer entièrement ce pouvoir qui, en réalité n’a jamais été sien? Le président en exercice peut peu! Dans cette arène où le combat n’est encadré par aucune règle, malgré son physique d’armoire de glace, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, «Fatshi» pour ses militants, semble être un petit gladiateur, en face de la grosse machine broyeuse de Joseph Kabila.

A l’Assemblée nationale qui s’est transformée en ring, depuis que «Fatshi» a coupé les ponts avec le Front commun pour le Congo, Joseph Kabila peut continuer à compter sur les 341 députés sur 500, acquis à sa cause et sur les 98 sénateurs du FCC sur les 109 que compte le Sénat, la chambre haute du parlement qui, entre autres, vote les lois et contrôle le gouvernement et les grandes entreprises. Les anecdotiques sièges occupés par le reste de l’opposition, feront difficilement le poids dans cette nouvelle coalition que «l’informateur», nommé par le chef de l’Etat, aura la titanesque charge de bâtir. A moins de débaucher les ouailles de Joseph Kabila contre des promesses de fortes récompenses politiques ou beaucoup d’espèces sonnantes et trébuchantes. Et, pourquoi pas, dissoudre le parlement, et aller à de nouvelles élections. Mais c’est encore une autre équation pour remobiliser les troupes en si peu de temps et rallier tous les partisans de la Coalition Lamuka, avec la forte implication de Jean-Pierre Bemba Gombo et Moïse Katumbi Chapwe, qui ont bien des comptes à régler avec leur bourreau d’hier, Joseph Kabila. Sans oublier le nerf de la guerre, qui ne vient que lorsque la communauté internationale délie le cordon de la bourse! Les partenaires sont-ils encore prêts, en moins de deux ans, à cracher au bassinet pour de nouvelles élections?

En tout cas, cette crise en inquiète plus d’un, elle qui vient en rajouter à la plaie de l’insécurité chronique que porte la République démocratique du Congo, notamment dans sa partie Est, le Kivu, où des conflits récurrents, opposent,  les forces armées régulières à divers groupes de rebelles. Il colle comme une malédiction éternelle à la RDC, pays vaste comme un continent, qui a toujours attisé la convoitise de voisins et de puissances étrangères, à cause de son sous-sol riche de diamants et d’autres pierres précieuses. C’est clair, le CACH paie cash, la compromission de Félix Tshisekedi et tout porte à croire que la crise réserve encore bien des rebondissements.

Par Wakat Séra