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RDC: opposition cherche stratégie à Bruxelles!

Les opposants congolais réunis à Bruxelles (@RFI/Léa-Lisa Westerhoff)

L’opposition congolaise saura-t-elle trouver la stratégie adéquate pour tenir la dragée haute au candidat du pouvoir et, si affinité, récupérer le fauteuil de Joseph Kabila, lors de la prochaine élection présidentielle prévue pour le 23 décembre 2018? Equation à plusieurs inconnues et qui hante sans doute la nuit des opposants dont les ténors se sont retrouvés ce mercredi 12 septembre à Bruxelles dans une réunion qui pourrait constituer les prémices d’un front commun contre le pouvoir de Kinshasa. S’ils n’ont pas pu se réunir tous dans la capitale congolaise, Moïse Katumbi y étant indésirable, les cinq poids lourds ont donc honoré le rendez-vous de la capitale belge, sans doute avec  la bénédiction de l’opposant historique, feu Etienne Tshisekedi, dont le cadavre repose toujours dans un funérarium de Belgique. Moïse Katumbi du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Jean-Pierre Bemba Gombo du Mouvement de libération du Congo (MLC), Félix Tshisekedi de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS),  Vital Kamerhe de l’Union pour la nation congolaise (UNC) et Adolphe Muzito du Parti lumumbiste unifié (PLU), ont donc vaincu le signe indien de la légendaire division des opposants qui d’habitude ne s’entendent que sur leur mésentente. S’il est dit que l’union fait la force, l’initiative est à considérer comme un acquis de l’opposition congolaise et devrait trouver place dans l’histoire politique de la République démocratique du Congo, où après la mort du rassembleur Etienne Tshisekedi, l’opposition peine à parler le même langage.

Certes, les cinq leaders, candidats recalés ou non, ne se sont pas encore entendus sur une candidature unique, la question n’étant même pas encore à l’ordre du jour. Mais comme un proverbe chinois qui énonce que «le plus long voyage commence par le premier pas», les opposants  congolais sont peut-être sur cette voie qui pourrait aboutir à l’alternance en RDC. Pour le moment, ce sont des dispositions du processus de l’élection qui les préoccupent. La machine à voter, rebaptisée «machine à voler», le fichier électoral qui contient plus de 16% d’inscrits sans empreinte digitale,  le combat pour ramener le pouvoir à accepter que des candidats retoqués puissent revenir dans la course, ont constitué, entre autres, les articulations de cette importante rencontre entre opposants qui, tous visent le palais présidentiel. Du reste, le fétichisme de la candidature unique ne doit pas servir de blocage, en tout cas pas pour l’instant au rassemblement des opposants autour de la même table, même si le combat commun est de chasser le clan des Kabila du pouvoir. Surtout que, comme eux-mêmes l’ont signifié, il serait inutile et contre-productif de dévoiler toutes les batteries de l’opposition à plus de trois mois du scrutin. L’inopportunité de désigner un candidat unique est d’autant plus réelle que l’épée de Damoclès des institutions aux ordres du pouvoir, plane encore sur tous ces leaders qui peuvent à tout moment être sortis du jeu, selon la volonté du prince.

Quoiqu’il en soit, le «boulanger» de Kinshasa, qui a plus d’un tour dans son sac, n’aura plus le sommeil aussi tranquille, si ses opposants développent des aptitudes à se mettre ensemble pour défendre une cause. Et c’est cela de déjà gagné pour ces cinq leaders qui ont peut-être pris conscience que seul, chacun est plus vulnérable que tous réunis. En tout cas, la route est encore longue pour arriver au 23 décembre dans une RDC de tous les politiquement possibles.

Par Wakat Séra

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