Accueil A la une Réconciliation au Burkina: «L’expertise de tous est souhaitée» (Safiatou Lopez)

Réconciliation au Burkina: «L’expertise de tous est souhaitée» (Safiatou Lopez)

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Les responsables du MPCRN

Les responsables du Mouvement pour le plaidoyer du retour de la paix et de la cohésion sociale du Burkina Faso, (MPCRN), ont présenté ce jeudi 16 janvier 2020, à Ouagadougou, leur organisation à la presse. Pour la recherche de la «paix et de la cohésion sociale», tant réclamées par les Burkinabè, «l’expertise de tous est souhaitée», selon la présidente d’honneur du Mouvement, Hadja Safiatou Lopez Zongo.

Le MPCRN est le dernier-né des mouvements pour la «paix et la cohésion sociale» au Burkina. A en croire, ses dirigeants, leur motivation se fonde sur le fait que le pays vit «une crise multidimensionnelle caractérisée par l’insécurité, un climat social très critique, l’incivisme et la mise en cause permanente de l’autorité de l’Etat». Ce climat socio-politique difficile et délétère qui, de nos jours, caractérise le pays des «Hommes intègres», met constamment en «péril la paix, la stabilité, la cohésion sociale et la sécurité intérieure». La politique «a divisé beaucoup de Burkinabè. Dans les provinces et mêmes dans les villages, il y a des membres d’une même famille qui ne parlent plus à cause de la politique. Le langage doit changer au Burkina Faso. (…)», a signifié la présidente d’honneur du MPCRN.

Toutes ces difficultés, avancent-ils, «ne garantissent ni l’intégrité territoriale ni un climat d’affaires propice pour des investissements stratégiques permettant l’avancée de notre pays». En ce début d’année 2020, le Burkina Faso, selon toujours leur constat fait avec «objectivité», présente une situation générale «assez inquiétante et ne rassure guère» malgré les appels sans cesse renouvelés des autorités politiques à faire l’union sacrée autour des Forces de défense et de sécurité (FDS) qui combattent les forces obscurantistes qualifiés de terroristes au regard de leur mode opératoire. Sur ce sujet, face à cette menace terroriste, «nous constatons une faible collaboration entre les forces de défense et de sécurité et les populations», ont-ils déploré.

En plus de cela, la trêve sociale «tant souhaitée et demandée» par le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, dans son discours de fin d’année 2019, a été rejetée par l’Unité d’Action Syndicale (UAS) sous certaines conditions «uniquement dans l’intérêt des travailleurs».

La présidente d’honneur du MPCRN, Safiatou Lopez Zongo

En matière de gouvernance, le MPCRN, dit remarquer «le manque d’emploi des jeunes qui augmente leur vulnérabilité, le climat sociopolitique délétère, la manipulation et l’instrumentalisation politiques des jeunes, le sort des exilés politiques, l’écart de responsabilité et la violence verbale constatée sur les réseaux sociaux, et les malversations financières croissantes dans les administrations publiques». Tous ces problèmes de gouvernance ont pour cause commune «l’impunité dans notre société érigée depuis des années comme une norme sociale», ont-ils regretté.

Pour toutes ces observations, le MPCRN juge aujourd’hui, pertinent d’y apporter sa contribution, pour la nécessité de réconciliation nationale, diversement partagée et appréciée par les acteurs politiques et sociaux. C’est pourquoi, le mouvement appelle de tous ses vœux à un «dialogue national inclusif sur la réconciliation nationale afin de définir ensemble le processus consensuel pour arriver à cette cohésion sociale tant recherchée». Toute chose qui, selon les conférenciers, permettra ainsi de «définitivement solder le passif de tous les crimes de sang, politiques et économiques». Dans la démarche à suivre pour y parvenir, «il n’y a pas de modèle type ni de solution miracle», a déclaré Safiatou Lopez qui a laissé entendre que c’est sur le terrain que les journalistes et les populations verront leurs actions.

Pour montrer la crédibilité du MPCRN, Mme Lopez, a rassuré les journalistes que les acteurs de la structure proviennent des partis politiques, des autorités religieuses et coutumières, des acteurs de la société civile. «Le mouvement est ouvert à tous citoyens sans distinction», a-t-elle lancé, insistant que le MPCRN accueille en son sein, d’anciens ministre, député, ambassadeur, colonel-major, entre autres, et des militants de l’opposition radicale et modérée comme de la mouvance et du pouvoir.

«Les exilés doivent rentrer (…)», a affirmé Safiatou Lopez qui souhaite, dans le cadre de cette réconciliation, elle et ses camarades, le retour des ex-présidents Blaise Compaoré et Yacouba Isaac Zida. Sur les questions en rapport avec l’affaire du putsch manqué de mi-septembre 2015 qui a vu la condamnation de plusieurs personnes civiles et militaires, dont les deux généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, hospitalisé pour la énième fois ce jour-même dans un centre hospitalier de la capitale burkinabè, les conférenciers ont dit qu’ «aucune question n’est tabou» pour leur quête, car «le problème du Burkina Faso va au-delà, de (leur) personne».

«Je n’ai pas besoin de créer un mouvement pour me rapprocher du président (Roch Kaboré)», a répondu Safiatou Lopez à une des questions qui évoquait le fait qu’elle n’était pas en odeur de sainteté avec le régime actuel, notamment, le chef de l’Etat qu’elle a soutenu dans sa conquête de pouvoir.

Par Bernard BOUGOUM

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