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Réduction des centres de traitement des Visas américains en Afrique, Dakar, Abidjan et Kinshasa épargnés

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L’administration du président américain Donald Trump s’apprête à restructurer en profondeur son dispositif de délivrance des visas sur le continent africain. Selon des informations révélées par l’agence Associated Press, le mardi 2 juin 2026, le nombre de représentations diplomatiques habilitées à traiter les demandes de visas passera de «50 à seulement 20». Une mesure qui s’inscrit dans le cadre du durcissement de la politique migratoire américaine et qui risque de compliquer davantage l’accès aux États-Unis pour de nombreux Africains.

Le gouvernement américain poursuit sa politique de restriction de l’immigration avec une nouvelle réforme touchant directement les services consulaires en Afrique. D’après des informations obtenues, mardi 2 juin par l’Associated Press auprès de responsables américains et d’un document interne du Département d’État, Washington prévoit de réduire considérablement le nombre d’ambassades et de consulats autorisés à délivrer des visas sur le continent africain.

La réforme, qui devrait entrer en vigueur au cours du mois de juin, prévoit le maintien de «seulement vingt pôles consulaires régionaux sur les cinquante» actuellement opérationnels. Ces centres seront chargés de traiter les demandes de visas pour plusieurs pays africains.

Parmi les représentations retenues figurent notamment Kinshasa en République démocratique du Congo, Dakar au Sénégal, Abidjan en Côte d’Ivoire, Yaoundé au Cameroun, Accra au Ghana, Addis-Abeba en Éthiopie, Johannesburg et Le Cap en Afrique du Sud, Dar es Salam en Tanzanie, Djibouti, Kampala, Kigali, Lagos, Lomé, Luanda, Malabo, Monrovia, Nairobi, Port-Louis et Praia.

Cette décision découle d’une directive validée récemment par le secrétaire d’État américain, Marco Rubio. Elle vise à rationaliser les opérations consulaires et à renforcer le contrôle des demandes de visas, conformément aux priorités de l’administration Trump en matière de sécurité et d’immigration.

Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a multiplié les initiatives destinées à réduire les flux migratoires vers les États-Unis. Les autorités américaines s’inquiètent notamment du nombre de voyageurs entrant légalement avec des visas temporaires, mais demeurant sur le territoire au-delà de la durée autorisée.

Dans cette logique, Washington a déjà instauré un système de caution pour les ressortissants de plusieurs pays africains. Les demandeurs concernés doivent verser entre «5 000 et 15 000 dollars» avant leur départ vers les États-Unis. Cette somme leur est remboursée après leur retour dans leur pays d’origine. Certaines exemptions ont toutefois été accordées à l’approche de la Coupe du monde 2026, organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique.

Pour les citoyens des pays qui ne disposeront plus de centre de délivrance de visas, les conséquences pourraient être importantes. Ils devront désormais se rendre dans l’un des vingt pôles retenus pour effectuer leurs démarches, ce qui entraînera des dépenses supplémentaires liées aux déplacements, à l’hébergement et aux formalités administratives.

Les représentations diplomatiques exclues du dispositif continueront néanmoins d’assurer les services destinés aux citoyens américains ainsi que le traitement des situations urgentes.

Le Département d’État justifie cette réorganisation par sa volonté d’utiliser plus efficacement les ressources publiques et de concentrer ses moyens sur les priorités stratégiques des États-Unis. Il affirme également vouloir garantir un processus de délivrance des visas fondé sur des contrôles de sécurité renforcés et une vérification approfondie des antécédents des demandeurs.

Cette nouvelle mesure illustre la ligne politique défendue par Donald Trump sous le slogan «Make America Great Again», fondée sur une approche privilégiant les intérêts nationaux américains. Elle s’accompagne, par ailleurs, d’une réduction du personnel diplomatique dans plusieurs représentations américaines à travers le monde, traduisant une volonté plus large de recentrage des ressources et de contrôle accru des frontières.

Avec cette réforme, l’accès aux visas américains devient encore plus sélectif pour les ressortissants africains. Si certains pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou la RDC conservent un rôle stratégique dans le nouveau dispositif, de nombreux demandeurs devront désormais franchir un obstacle supplémentaire avant d’espérer obtenir l’autorisation d’entrer au pays de l’oncle Sam.

Par Valentin SOMANDE