Le mois de septembre rime avec les préparatifs pour la rentrée scolaire au Burkina Faso. Dans moins d’un mois, les écoliers reprendront les chemins des établissements scolaires et cela rime avec les angoisses pour leurs parents. Trouver des fournitures et payer la scolarité sont par exemple des soucis parmi tant d’autres à gérer. Si les parents pleurent leurs bourses, les commerçants, eux, se frottent les mains. C’est le cas des vendeurs de sacs d’école et de fournitures scolaires. Constat à Ouagadougou!
Il est 9 h 17 minutes, ce jeudi 4 septembre 2025, lorsque nous arrivions, sous une fine pluie, chez Arnaud Simporé, vendeur de sacs d’école, dans le quartier Tampouy de la ville de Ouagadougou. Installé à quelques mètres du goudron, sous un hangar ouvert, Arnaud attend impatiemment son premier client du jour. En nous voyant arriver, Arnaud pensait accueillir ses premiers clients du jour. Après concertation, Arnaud finit par comprendre l’objet de notre venue. «Les affaires marchent bien ici. Souvent, je peux liquider (vendre) au moins 20 sacs comme ça par jour. Souvent même ça peut dépasser les 20», nous confie-t-il tout souriant.

Les prix vont de 1 500 FCFA à 10 000 FCFA, en fonction de la qualité des sacs. Notre hôte nous confie qu’il peut encaisser au moins «100 000 FCFA» par jour.
Pendant que nous discutions, nous entendons le bruit d’une moto derrière nous, c’est le premier client de Arnaud qui arrive. À peine descendu de sa moto, il est vite accueilli par le propriétaire des lieux dans un style dont seuls les commerçants maîtrisent les codes. «Bonne arrivée chef. Venez, il y a des jolis sacs par là», lance le commerçant. Le client, la trentaine révolue, jette un regard sur les sacs accroché au hangar, puis s’approche lentement. «Je suis venu chercher trois sacs pour mes enfants. Un pour le CP1, l’autre CE2 et le troisième pour la classe de 6è», a-t-il précisé.

Aussitôt, les discussions sont engagées. Nous profitons de ces instants pour se présenter au client, qui accepte de s’exprimer. «Je me nomme Serge Ouédraogo. C’est très tendu mais on n’a pas le choix. On va payer seulement», dit-il tout en regardant les sacs. Après avoir sélectionné les trois sacs, la phase des négociations est entamée. « Vous allez me donner les trois à combien ? Demande M. Ouédraogo au vendeur », demande-t-il. «Patron, je vais vous faire à 23 000FCFA», répond le vendeur. «Tchié! C’est cher hein, j’ai 15 000FCFA», reagit M. Ouédraogo.
À Arnaud de répondre que «c’est bon mais ce n’est pas arrivé». Au final, le père de famille a déboursé une somme de 18.000 FCFA pour les trois sacs. Nous posons la question au commerçant de savoir si cela lui est bénéfique.«Ah! C’est le commerce hein, mais c’est pas mal. Il y a du bénéfice dedans», nous confie-t-il avec une mine souriante.

Nous prenons congé de Arnaud pour se rendre au quartier Nonsin de Ouagadougou, là-bas, nous nous dirigeons dans une librairie, où nous sommes accueillis par Natama Raphaël, propriétaire des lieux. Ici, on y trouve toutes sortes de fournitures scolaires, du CP1 à la Terminale.
Après un bref entretien, ce vendeur se confie à nous.«En tout cas, ça va bien. Vous savez que les fournitures, c’est une obligation pour les parents, donc les clients, ça ne manque pas», affirme-t-il. Natama nous confie qu’au regard des problèmes socio-économique que traverse le pays, il a décidé de faire une légère baisse sur les prix des fournitures scolaires. «L’année est difficile. J’ai moi-même décidé de faire un rabais pour soulager nos frères. Nous proposons des cahiers, des livres et des sacs à prix réduits pour permettre aux parents d’en acquérir», explique-t-il.

Safiéta Nikiema, une parente d’élève, cliente de notre deuxième hôte, apprécie l’idée de monsieur Natama. «C’est une voisine qui m’a indiqué le coin. Vraiment, il va aider les gens. J’ai acheté un lot de cinq cahiers de 200 pages pour 2 300FCFA au lieu de 3 200 FCFA. C’est abordable», s’est réjouit Mme Nikièma.
Dans l’espoir que leurs étagères se vident d’ici fin septembre, les libraires et autres vendeurs d’articles scolaires, souhaitent que les élèves déscolarisés du fait de l’insécurité puissent regagner leurs localités d’origine et leurs écoles et que la quiétude redevienne parfaite au pays des Hommes intègres.
Par Valentin SOMANDE (stagiaire)




























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