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SAMAO 2023: immersion d’une soixantaine de participants dans la mine de Orezone Bomboré SA

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Une fosse de la mine de Orezone Bomboré SA

Près de 60 participants de la 5e édition de la Semaine des activités minières de l’Afrique de l’Ouest (Samao), ouverte jeudi à Ouagadougou, ont fait une immersion dans la mine de Orezone Bomboré, à 85 kilomètres à l’Est du Burkina Faso, le samedi 30 septembre 2023. Cette sortie visait à encourager la sous-traitance locale qui est la particularité la dernière mine du pays.

Des dizaines de participants de diverses structures dont des écoles supérieures, ont effectué, dans le cadre de la Semaine des activités minières de l’Afrique de l’Ouest (Samao), une sortie sur la mine canadienne Orezone Bomboré qui exploite l’or, en vue de s’imprégner de la réalité de cette société.

A leur arrivée dans la mine, les visiteurs ont été accueillis par le directeur général de la société minière Orezone Bomboré SA, Ousséni Derra, et son équipe mobilisée pour l’occasion. Après un rafraichissement, les invités ont été reçu dans une salle où tour à tour, le DG de Orezone Bomboré et ses collaborateurs ont présenté, à travers une projection, tous les segments de la société qui comme toute mine, est un pays en miniature, et les objectifs de l’entreprise.

Une vue de l’usine de Orezone Bomboré SA

Cette visite qui a duré près de cinq heures s’est faite au pas de course. La visite a commencé par la sortie des visiteurs qui sont allés voir de visu l’une des plus grandes fosses de la mine après la présentation générale de la société qui a concerné ses différents départements. Après la fosse, ils sont allés visiter l’usine de traitement. La visite a ensuite mis le cap sur l’un des sites de réinstallation et ils ont vu comment la mine procède à la construction des habitats moyens.

Par la suite, les convives se sont rendus sur un site de relogement déjà terminé où ils ont observé avant d’aller aussi découvrir un complexe agropastoral géré par la mine où ils ont vu plusieurs choses que les communautés, sous l’encadrement de la mine, ont pu mettre en place et qui fonctionnent dans le sens du développement.

« Nous sommes honorés. C’est avec un grand plaisir que nous vous recevons à l’occasion de la 5e édition de la Samao qui est un cadre d’expression de valeur minière », a affirmé le DG Ousséni Derra, qui pense ainsi jouer sa partition à l’épanouissement du secteur minier.

Le directeur général de la mine de Orezone Bomboré SA, Ousséni Derra

La toute dernière société minière à avoir été mise en exploitation au Burkina est « une mine à très basse teneur », a indiqué M. Derra qui a souligné que sa particularité est la mise en œuvre du contenu local tel qu’exigé par les autorités de la Transition. « Une autre chose qu’il faut savoir, c’est beaucoup plus le contenu local. Nous on fonctionne presqu’à 100% en local avec la direction et toutes la chaîne de commandement ou d’opération qui est locale. On essaie de faire la promotion du local et on a un contractuel minier qui est local. On essaie de former un deuxième contractuel minier pour être sûr que dans le pays on se retrouve quand-même avec des acteurs assez outillés pour gérer le secteur minier proprement », a-t-il fait savoir.

« L’instruction est un mécanisme inclus dans le processus de la Samao. C’est-à-dire qu’après les différentes communications des experts, on choisit une mine et un site de carrière où on fait la visite », a affirmé le directeur général de la Mine et de la Géologie, Aristide Bélemsobgo.

Le directeur général de la Mine et Géologie, Aristide Bélemsébgo

M. Bélemsobgo a signifié que c’est dans ce cadre également que la société Orezone Bomboré a été choisie. Pour c’est « une mine qui a vraiment un impact sur les emplois locaux, sur la sous-traitance locale ». « C’est ce qui a fait qu’on l’a choisi au regard de la thématique qui est en lien avec l’impact économique sur les économies locales », a-t-il enchaîné, appréciant positivement l’intérêt des visiteurs à travers leurs différentes questions pour comprendre la vie de la société.

L’étudiant en exploration géologique, Gaston Nébié, dit très bien apprécier cette visite organisée par le comité de la Samao car en plus de les imprégner de la vie de la mine, elle leur ouvre beaucoup d’opportunités. « Ce que nous retenons, dans un premier temps, nous pouvons dire que la visite est passionnante et instructive parce que nous avons appris beaucoup de choses sur le site », a avancé Gaston Nébié.

L’étudiant en exploration géologique, Gaston Nébié

« En plus de cela, nous avons remarqué que la mine est vraiment organisée. Rien ne se fait au hasard. Nous avons appris aussi qu’il y a beaucoup d’ouverture en termes formations et encadrement sous forme, notamment, de stages et d’opportunités d’emplois », a laissé entendre cet étudiant qui pense que « malgré la situation sécuritaire, cette mine comme bien d’autres, est vraiment résiliente ».

« Il y a même un projet d’extension et je pense que c’est salutaire. Nous ne pouvons que remercier les autorités à travers le comité d’organisation de la Samao qui a organisé cette visite », a-t-il continué. « Nous encourageons le gouvernement a continué dans cette lancée pour accompagner ces sociétés qui malgré la situation qu’on connait, résistent », a-t-il ajouté.

Les préoccupations des visiteurs formulées sous formes de questions ont porté sur les opportunités pour avoir un emploi direct ou indirect avec la mine, les retombées pour les communautés et la commune, la politique environnementale de la mine, sa politique d’approvisionnement de l’énergie, le système de sécurisation des travailleurs dans la mine, etc.

Des visiteurs dans le complexe agro-pastoral

En rappel, cette 5e édition s’est tenue autour du thème: «Exploitations minières en Afrique: quelles stratégies pour impacter les économies locales ?».

La mine d’or Bomboré d’Orezone, d’une superficie de 150,4 km2, est la 16e mine à entrer en production au Burkina Faso. Les ressources en or se trouvent en surface dans plusieurs zones contenues dans une anomalie d’or dans le sol qui s’étend pratiquement sans interruption à un niveau de +0,1 g/t sur 14 km et représente la plus grande anomalie d’or dans le sol au pays.

Des visiteurs en train de prendre note lors de la sortie

Environ 40 % de la ressource totale se trouve dans l’horizon altéré peu profond (profondeur moyenne d’environ 45 m) et les fosses économiques qui limitent la ressource peuvent atteindre des profondeurs allant jusqu’à 200 mètres. La société a achevé l’usine d’oxyde de phase 1 et se concentre sur les oxydes libres par extraction en tant qu’opération CIL sans concassage et broyage minimal avec des récupérations moyennes de 87%.

L’étape 2 se concentrera sur les sulfures sous-jacents à plus haute teneur avec un circuit de concassage et de broyage séparé alimentant le même circuit CIL que les oxydes. Cela réduira le capital initial et augmentera la production annuelle d’or et les onces récupérées sur une durée de vie de plus de 13 ans.

Par Bernard BOUGOUM