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Tchad: le sentiment anti-français fait des dégâts à N’Djamena

Des manifestants entrain de brûler les pneus sur la voie

Le Tchad s’est réveillé ce mardi 27 avril 2021 dans une situation tendue marquée par des violentes manifestations avec des tirs qui ont fait au moins deux morts et une trentaine des blessés. Cette marche violente accompagnée de vacarme de sifflets et de casseroles sur N’Djamena imputée à l’opposition qui s’est affichée contre le «néocolonialisme français». Les slogans de «Non au néocolonialisme français», «Macron missionnaire de la France-Afrique», ont ponctué ces marches au cours desquels des entreprises françaises ont subi des dégâts.

Le départ du Maréchal Idriss Déby Itno a laissé le territoire tchadien dans «un environnement marqué par le désordre, l’anarchie et le chaos», comme l’a reconnu le général Mahamat Idriss Déby, le fils du défunt président qui dirige à présent le Conseil Militaire de Transition (CMT), dans son tout premier discours de ce lundi, après les violentes manifestations sur N’Djamena.

Les manifestants se sont attaqués à toutes les représentations de la France dans la capitale N’Djamena. A cet effet, des drapeaux français ont été brûlés et une station-service française située dans le 9e arrondissement de N’Djamena, rapporte BBC Afrique, «a été mise à sac».

Les raisons de cette manifestation violente, alors que le pays observe un deuil national en mémoire du Maréchal Déby, est la prise du pouvoir par  Mahamat Déby. Les manifestants dénoncent «la monarchisation du pouvoir» et exigent la «dissolution du CMT» qu’ils considèrent être la marionnette du «néocolonialisme français».

De son côté, le CMT se présente comme le régulateur pour rétablir l’ordre dans le pays et tout en promettant de mater les «hors-la-loi» qu’il considère être à la base de ces troubles. Dans son discours, le nouvel homme fort du Tchad, Mahamat Déby a affirmé que «la guerre n’est pas finie» et que «la menace d’attaques par d’autres groupes armés venus de l’étranger demeure».

Sur les manifestations qui ont eu lieu, Mahamat Idriss Déby affirme que le Tchad «est au carrefour de son histoire (et que) ce moment crucial pour la nation tchadienne engage le CMT à faire preuve de responsabilité et de pondération».

Il a plaidé pour un dialogue inclusif durant les 18 mois de transition.

Ces manifestations ont eu lieu alors que la junte militaire les a interdites dans un communiqué rendu public dans la soirée de ce lundi 26 avril.

Oumpounini MANDOBIGA (stagiaire)

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