Un rapport du Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC), rendu public au début du mois de juin 2026 et largement relayé par plusieurs sources médiatiques, révèle le rôle croissant de la Sierra Leone dans les réseaux de trafic de cocaïne entre l’Amérique latine et l’Europe. L’étude s’appuie, notamment, sur la saisie record de «30,2 tonnes» de cocaïne le 1er mai 2026 à bord du cargo Arconian.
L’Afrique de l’Ouest renforce sa position de plateforme majeure dans le commerce illicite de cocaïne à destination de l’Europe. C’est ce que met en évidence un rapport publié début juin 2026 par le Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC), après l’interception historique de «30,2 tonnes» de cocaïne à bord du cargo Arconian au large du Sahara.
Dans cette étude intitulée The Arconian Operation: Anatomy of a Record Atlantic Cocaine Shipment, les chercheurs estiment que la cargaison découverte le 1er mai 2026 par la Guardia Civil espagnole aurait vraisemblablement transité par la Sierra Leone avant d’être expédiée vers le continent européen.
Selon le rapport, les trafiquants s’appuient sur un dispositif logistique élaboré consistant à entreposer la drogue en Afrique de l’Ouest avant de l’acheminer par cargos vers des zones maritimes situées au large des îles Canaries, du Maroc ou encore de la Libye. Une fois sur place, la marchandise serait transférée sur des embarcations rapides chargées de rejoindre discrètement les côtes européennes.
Les enquêteurs affirment avoir recensé au moins «huit opérations» présentant des caractéristiques similaires entre 2024 et 2026. Plusieurs navires auraient notamment effectué des liaisons entre Freetown et différentes destinations d’Afrique du Nord, avec de longues escales en mer et des changements fréquents de pavillon, des pratiques souvent associées aux réseaux criminels internationaux.
Le GI-TOC estime que cette stratégie pourrait expliquer un paradoxe observé ces dernières années notamment la «diminution des saisies dans certains grands ports européens alors même que la disponibilité de la cocaïne continue d’augmenter sur le marché». L’organisation souligne notamment la baisse persistante des prix de gros aux Pays-Bas et en Belgique, considérée comme le signe d’un approvisionnement abondant.
L’étude met également en avant le retour de la Sierra Leone au cœur des routes transatlantiques de la cocaïne. Déjà identifiée comme un point de passage important dans les années 2000, la nation ouest-africaine serait redevenue, depuis le début des années 2020, une zone privilégiée de stockage et de redistribution pour les organisations criminelles.
Le rapport évoque, par ailleurs, de possibles connexions entre plusieurs navires étudiés et le réseau du trafiquant néerlandais Jos Leijdekkers, présenté comme l’un des acteurs majeurs du trafic international de cocaïne. Les auteurs précisent toutefois que certaines investigations se poursuivent et que plusieurs éléments restent à confirmer.
Pour le GI-TOC, l’affaire de l’Arconian illustre une transformation profonde des routes mondiales du narcotrafic. Longtemps considérée comme une simple zone de transit, l’Afrique de l’Ouest apparaît désormais comme un maillon central de la chaîne logistique reliant les producteurs latino-américains aux consommateurs européens.
Par Valentin SOMANDE




























![[Tribune] La rivalité Diomaye–Sonko entre dans l’ère inquiétante des légitimités concurrentes](https://www.wakatsera.com/wp-content/uploads/2025/11/faye-et-sonko-180x135.jpg)










