Accueil Monde Trafic de migrants: trois suspects déférés pour «escroquerie» et «association de malfaiteurs»

Trafic de migrants: trois suspects déférés pour «escroquerie» et «association de malfaiteurs»

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La police sénégalaise a annoncé, le dimanche 26 avril 2026, le déferrement de trois individus devant le parquet de Fatick. Ils sont poursuivis pour «escroquerie», «association de malfaiteurs» et «tentative de trafic de migrants», à l’issue d’une enquête menée par la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants.

L’antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT), au Sénégal, a présenté au Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Fatick, trois individus soupçonnés d’être impliqués dans une affaire de migration irrégulière.

Selon l’annonce faite par la police sénégalaise le dimanche 26 avril 2026, l’affaire remonte au 27 mars dernier, après le dépôt d’une plainte auprès de l’antenne secondaire de Karang. Le plaignant accusait l’un des mis en cause d’«escroquerie», d’«association de malfaiteurs» et de «tentative de trafic de migrants», dans le cadre d’un projet de voyage clandestin vers l’Espagne.

Les investigations ont permis de reconstituer le mode opératoire du réseau. Désireuse de rejoindre l’Europe par voie maritime, la victime avait été mise en relation avec un intermédiaire. Un accord financier avait été conclu, fixant les frais de passage entre «300 000» et «430 000 F CFA» par candidat.

Les victimes ont ensuite été convoyées jusqu’à la gare routière de Karang, avant d’être prises en charge par un passeur chargé de les faire traverser la frontière en dehors des circuits officiels, sur instruction d’un organisateur basé à l’étranger. Elles ont finalement été conduites dans un campement situé à Gougnadou, en Gambie, où la somme globale de «1 480 000 F CFA» a été remise au principal suspect, agissant comme recruteur en échange d’une promesse de voyage gratuit.

Grâce à un dispositif de surveillance mis en place à Karang, les enquêteurs ont réussi à interpeller le principal suspect ainsi qu’un premier complice. Entendus, ils ont reconnu les faits et révélé leur collaboration avec un conducteur de moto-taxi, utilisé comme passeur dans la zone frontalière.

Un troisième individu a été arrêté par la suite. Il a confirmé son rôle dans le convoyage de candidats, notamment en provenance du Sénégal et de la Guinée, à l’aide d’un véhicule immatriculé en Gambie. Cette stratégie visait à contourner les contrôles frontaliers et à acheminer les migrants vers Mayemba, point de transit vers le campement de Gougnadou.

Placés en garde à vue puis déférés devant le parquet, les trois suspects attendent désormais la suite de la procédure judiciaire, tandis que les investigations se poursuivent afin de démanteler l’ensemble du réseau.

Par Valentin SOMANDE