Trêve des confiseurs? Cessez-le-feu comme première étape vers une paix des braves? Simple ruse pour permettre aux uns et aux autres de recharger leurs armes de destruction massive? Pourquoi, en lieu et place de médiateurs plus puissants, au titre desquels le Qatar, c’est le Pakistan qui porte cette initiative de rabibochage entre Washington et Téhéran? Pourquoi le Liban qui est toujours abondamment arrosé par les missiles israéliennes, est-il mis à l’écart de cette tentative de pacification entre les belligérants américains et iraniens? Les héros sont-ils fatigués? L’un et l’autre camp manquent-ils de munitions, de logistique quelconque ou de combattants? Les deux parties ont-elles mal jaugé, avant le lancement des hostilités, la puissance de feu et la résilience de l’ennemie? Les soutiens attendus ont-ils fait défaut, car n’ayant pas été impliqués dans la préparation du brasier géant qu’est devenu le Moyen-Orient ou n’ayant pas compris ou accepté les mobiles qui sous-tendent cette guerre ? Ou alors, après s’être lancés dans ce conflit qui a commencé à s’éterniser alors que sa durée envisagée n’était que de deux semaines, les guerriers ont-ils compris que leurs calculs de base étaient faussés par de nouvelles données? Des questions pour l’instant sans réponse.
Autant que l’effet de stupeur déclenché par cette guerre est grand, de même le chapelet d’interrogations qu’a engendré ce calme au front, peut-être précaire, peut-être brisé aussitôt décrété, sera fastidieux à égrener. Mais en Afrique où les Saint Thomas de ce cessez-le-feu de deux semaines sont les plus nombreux, tous sont persuadés que ce n’est pas pitié pour les victimes, dont l’essentiel est constitué de civils, dont des enfants et des femmes, et même des malades dans les hôpitaux, qui a fait taire les armes, pour un moment ou, sait-on jamais, pour de bon. Surtout que chaque partie réclame la victoire et reste sur le pied de guerre tout en clamant être prête à fumer le calumet de paix offert par Islamabad. Les pays africains qui commencent à ressentir les conséquences de la fermeture du détroit d’Ormuz par lequel transite une bonne partie du carburant qui dessert bien des régions du monde, veulent bien applaudir des deux mains ce cessez-le-feu. Mais, peu ou prou de signes rassurent sur l’effectivité de cette paix annoncée.
Même si chaque annonce de la cessation du conflit américano-iranien représente un espoir, aussi mince soit-il, de retour à la paix, une inquiétude, et pas des moindres turlupine les Africains, du reste, comme le reste du monde: Israël, indiquant frapper les sites qui abritent des membres du Hezbollah continue, plus que jamais de frapper le Liban. Toute chose qui suscite les récriminations de l’Iran qui crie déjà à une violation du cessez-le-feu, considérant le Liban comme partie intégrante du conflit, et donc segment du schéma de recherche de la paix. Téhéran va plus loin, affirmant que les dernières attaques de Tel Aviv contre le Liban, et qui auraient fait au moins 200 morts, ne resteront pas impunies. De ce fait, la trêve devient forcément fragile, et bien malin qui saura en déterminer sa mise en train de façon bilatérale, encore moins sa longévité.
Certes Donald Trump qui menaçait d’appuyer sur la gâchette ciblant les centrales électriques et ponts iraniens a donc décidé de baisser le canon, mais son partenaire israélien tient toujours le Liban dans son viseur, ce qui n’est pas du goût de l’Iran. Désormais la grande interrogation qui persiste après que la trêve a été annoncée se résume en deux mots: et maintenant?
Par Wakat Séra




























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