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Troisième mandat de Alassane Ouattara: pourquoi Paris doit mettre les pieds dans le plat!

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Alassane Ouattara et Emmanuel Macron (Ph. d'illustration)

Alassane Dramane Ouattara et Emmanuel Macron ont eu un déjeuner de travail, le vendredi 4 septembre dernier à l’Elysée. Une rencontre qui a davantage fait fantasmer les pro et anti troisième mandat de ADO, qu’elle n’a résolu les divergences, encore moins fait dissiper les inquiétudes sur la crise pré-électorale et, le cas échéant, le chaos post-électoral que pourrait connaître la Côte d’Ivoire. Mais, même si nous allons enfoncer, voire défoncer une porte ouverte par l’opposition et la société civile ivoirienne, vent debout contre ce nouveau bail anticonstitutionnel que vise le chef de l’Etat ivoirien, il importe que Emmanuel Macron, au risque de faire tomber certains codes diplomatiques, disent clairement qu’il est contre ce troisième mandat confligène à souhait.

D’abord parce que c’est vers la France que toutes ses anciennes colonies, particulièrement la Côte d’Ivoire, se tournent lorsqu’elles sont à la recherche de l’étoile du berger. Et quand cela les arrange, ils parlent de partenariat et dans le cas contraire, ils crient à l’ingérence de l’ancienne puissance colonisatrice!

Les Africains, notamment ceux francophones, ayant été dépouillés, il faut le reconnaître, de leurs âmes, sont devenus, ce que l’autre qualifie, sans vouloir faire de la pub à cette marque de «déliciosité», de «chocolat Bounty», pour dire qu’ils ont l’enveloppe noire et l’intérieur blanc. De plus, la Françafrique a la peau encore bien dure, malgré tous les coups qui lui sont portés par les anti néo-impérialistes et les soldats des «biens mal acquis». Enfin, c’est très officiellement et publiquement que le jeune président français a félicité son aîné; et non moins homologue, et l’a cité en exemple, lorsque le 5 mars 2020, celui-ci a promis de quitter les affaires au terme de son second mandat que lui permet la Constitution et de passer le témoin à la jeune génération.

La disparition tragique du candidat, Amadou Gon Coulibaly (AGC), que le «prado» avait imposé, peut-elle, à elle seule, justifier que tout un chef de l’Etat renie la parole donnée, cette valeur incontestable et incontestée qui fait de l’homme, l’Homme? Assurément non! Le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP, pouvoir), connaît-il autant une sécheresse de cadres, pour transformer son leader en spécialiste en parjure? Et, en affirmant qu’il n’existait pas de plan B pour AGC, son «fils», Alassane Dramane Ouattara ne se constituait-il pas déjà en plan B, au cas où?

Tout porte à croire que les plans, qu’ils soient A ou B, étaient bien maîtrisés par le seul capitaine du bateau, qui a éloigné d’Abidjan, tous ceux qui peuvent mettre du sable dans son «atiéké», spécialité culinaire ivoirienne à base de manioc. Il urge que Paris dise ouvertement «non» aux «troisième mandat» de l’Ivoirien, Alassane Ouattara et du Guinéen, Alpha Condé, au risque d’être mis au banc des accusés qui ont permis aux deux compères d’ouvrir la boîte de pandore. Un autre drame dont les Africains se seraient volontiers passés, dans leur difficile marche sur le chemin de la démocratie.

Certes, la France qui doit savoir dire la vérité à ses partenaires, aurait fait la proposition à Alassane Ouattara de reporter les élections. Nous l’avions également suggéré, et espéré, dans plusieurs de nos éditoriaux, car cette option avait le double avantage pour Alassane Ouattara de trouver un nouveau bon candidat pour le RHDP, et d’instaurer un dialogue entre tous les acteurs politiques ivoiriens, afin de recoudre le tissu social qui va en lambeaux.

Et puis, ADO était-il contraint d’aller chercher un quelconque avaliseur à des milliers de kilomètres d’Abidjan, alors que la caution la plus importante pour lui, celle de son peuple, se trouve à portée de ses mains? Il est temps que cette vielle classe de politiciens qui ont pour noms, Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo, libère la Côte d’Ivoire qui est devenue leur otage depuis quelques décennies.

Par Wakat Séra

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