Accueil A la une Un nouveau PDG pour Fenie Brosssette en pleine tourmente judiciaire

Un nouveau PDG pour Fenie Brosssette en pleine tourmente judiciaire

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Le nouveau PDG de Fenie Brossette, Abdelmounaim Faouzi (Ph. infomediaire.net)

Le 27 août 2019, le Conseil d’administration de Fenie Brossette portait à la tête de cette société spécialisée en bien des services dont les BTP de l’industrie et l’automobile, Abdelmounaim Faouzi, 50 ans, entrepreneur capé de 25 années d’expérience. Le tout nouveau Président directeur général qui occupera désormais le fauteuil que lui a cédé Abdelmadjid Tazlaoui aura pour tâche principale, rappelle infomediaire.net, «d’accélérer l’exécution du plan de développement initié en février 2019, d’ouvrir l’entreprise sur de nouveaux secteurs d’activités et de consolider les métiers historiques». Il aura sans doute également parmi ses priorités de mettre fin pour de bon au marathon judiciaire qui oppose cette filiale des sociétés Asma Invest (Fonds saoudien) et de Zellidja (Fonds maroco-émirati) à Cotradis, société qui évolue dans les secteurs du Transport et de la Distribution. Il faut dire que c’est après seulement 6 mois à la tête de Fenie Brossette que Abdelmadjid Tazlaoui quitte la société laissant un gout d’inachevé. Serait-il lui-même victime du feuilleton judiciaire en cours avec la société Cotradis où Fenie Brossette a été condamnée en appel au versement en dommage et intérêts de 1 725 000 000 de francs CFA (2 600 000 Euros)? Abdelmadjid Tazlaoui  ne serait-il pas une victime collatérale de cette affaire née sous le mandat de son prédécesseur, Marouane Tarafa, PDG de Fenie Brossette et Administrateur Général de la filiale ivoirienne au moment des faits?

Un mort et des blessés graves

Jeune entreprise apportant sa pierre à la construction de l’économie du Burkina Faso et de la sous région, la Continental de transport et de distribution, a atteint plus de 13 millions d’euros de chiffre d’affaire en 2018. Forte de son objectif de devenir, le Numéro 1 en transport minier et industriel en Afrique de l’ouest, comme s’en convainquaient son équipe dirigeante et ses partenaires, Cotradis sera malheureusement stoppée dans son élan par un écueil auquel elle était loin de s’attendre.

Alors qu’elle avait en toute confiance et en parfaite légalité acquis des camions auprès de Fenie Brossette, 49 millions d’euros de chiffre d’affaire, pour ses activités, Cotradis se verra contrainte d’immobiliser les 20 véhicules depuis le 16 Janvier 2016. Ces engins lourds ont été, selon les responsables de Cotradis et les conclusions de l’expert commis à la tâche, à l’origine de plusieurs accidents en 2016 et qui se sont soldés par le bilan macabre d’un mort et de deux blessés amputés l’un du bras, l’autre du pied. De la première audience dans ce procès qu’elle a intenté contre Fenie Brossette et sa filiale ivoirienne qu’elle accuse de lui avoir vendu ces camions de marque IVECO dont les châssis ont été maquillés jusqu’à celle en appel, Cotradis a toujours eu gain de cause devant la justice. «En réalité, les véhicules qui lui avaient livrés n’étaient pas des camions tracteurs à l’origine, comme convenu dans sa commande , mais plutôt des camions porteurs modifiés en camions tracteurs et ce, sans certification du constructeur et sans respect de la «Directives pour la transformation et le carrossage des véhicules» prescrite par le constructeur IVECO, avait déjà constaté le rapport d’expertise dans l’affaire. Cette expertise qui avait décelé le montage presque parfait avait fait ressortir un préjudice d’environ 8 milliards de francs CFA (12,2 millions d’euros de perte subie par Cotradis du fait de l’immobilisation des camions depuis maintenant presque 4 années).

Décisions judiciaires non exécutées

La chambre présidentielle de la Cour d’appel qui, dans sa décision a homologué les rapports d’expertise mécaniques et financiers commandités par Cotradis, a condamné Fenie Brossette et sa filiale ivoirienne à payer 1, 725 milliard de francs CFA. Il faut rappeler que Fenie Brossette avait déjà fait l’objet d’une première condamnation au versement de 1,5 milliard de francs CFA, par le tribunal de commerce d’Abidjan. Un verdict judiciaire dont l’une des conséquences pour Fenie Brossette était de verser immédiatement environ 800 millions de francs CFA en exécution provisoire. Mais Fenie Brossette ne s’est pas exécuté.  Nous avons contacté le directeur juridique et administratif de la Société Maroc Emirats Arabes Unis de Développement, Saad Chouffani, pour avoir la position de Fenie Brossette, suite à la non-exécution provisoire et sur la suite de l’affaire. Contact demeuré sans réponse.

Qu’est-ce qui pourrait bien justifier ce silence de Fenie Brossette au moment où le Maroc et son Roi Mohamed VI s’ouvrent davantage aux relations sud-sud qui doivent profiter à un continent africain dont le développement passe forcément par la bonne santé du privé et de ses entreprises qui ont besoin d’une bonne assise financière pour soutenir les efforts des Etats? Quelle image distille Fenie Brossette en ne respectant pas les décisions de justice? Du reste, ce n’est un secret pour personne que l’économie est le pilier auquel s’adosse le politique pour dérouler son programme.

Vivement que l’affaire Fenie Brossette qui après le verdict en dernier ressort de la justice n’attend que l’exécution des sentences puisse connaître son épilogue, surtout que les victimes des accidents et leurs familles s’activent au niveau du pénal, où Fenie Brossette et son PDG de l’époque, Marouane Tarafa sont poursuivis pour les conséquences des accidents ayant occasionné un mort et des blessés graves.

Par Wakat Séra

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