Accueil Non classé Université Nazi Boni: l’UGEB «exige la levée des sanctions infligées » à...

Université Nazi Boni: l’UGEB «exige la levée des sanctions infligées » à certains étudiants

Ceci est une déclaration rendue publique, le 21 janvier 2022 par Union Générale des étudiants Burkinabé (UGEB) sur la situation à l’Université Nazi BONI (UNB) de Bobo-Dioulasso. Aussi, elle « exige la levée sans délai et sans conditions des sanctions infligées à nos camarades par le Conseil de discipline »

Camarades étudiantes et étudiants,

Depuis le mois de novembre 2021, les étudiants de l’UNB en lutte pour l’amélioration de leurs conditions de vie et d’étude sont victimes de répression barbare commanditée par les autorités universitaires. Cette répression a occasionné, les 13 et 14 janvier 2022, plusieurs blessés graves dans les rangs des étudiants. Le Comité Exécutif souhaite un prompt rétablissement à tous les étudiants blessés. Il félicite l’ensemble des étudiants pour leur mobilisation et leur résistance exemplaires pendant ces chaudes journées.

Camarades étudiantes et étudiants,

La lutte des étudiants de l’UNB fait suite à la volonté des autorités ministérielles et universitaires de mettre en œuvre certaines mesures anti-étudiantes en vue disent-elles de résorber les retards académiques engendrés par l’application hasardeuse du système Licence-master-Doctorat (LMD). La trouvaille des autorités cette fois-ci après le blanchiment technique des années académiques en 2017-2018 qui n’a pas pu mettre fin aux chevauchements des calendriers universitaires est ce qu’elles ont appelé « le décrochage des promotions ». De quoi s’agit-il exactement ? Il s’agit de permettre par exemple aux bacheliers de 2021 de démarrer leur cursus universitaire sans tenir compte de l’évolution académique de leurs ainés de 2020. En effet, pendant que la promotion 2020 n’a pas achevé sa 1ere année universitaire, celle de 2021 fait son entré de manière indépendante. Il y a donc une nouvelle forme de chevauchement dans laquelle les deux promotions ne sont pas liées. Chaque promotion devant évoluer indépendamment. Pendant qu’on multiplie le nombre de promotions, le nombre d’enseignants n’évolue pas ainsi que la capacité d’accueil. Les autorités entendent ainsi à la longue normaliser les années académiques ! Cette situation, comme on peut l’imaginer aisément viendra sans aucun doute accentuer le manque déjà criant d’infrastructures comme les amphithéâtres et les salles de cours. Pourtant, le retard académique actuel est lié en grande partie à l’insuffisance des infrastructures d’accueil dans nos universités publiques obligeant certaines promotions à passer plusieurs semaines sans la moindre programmation de cours faute d’amphithéâtres ou de salles de cours disponibles. C’est donc dire que le « décrochage des promotions » viendra aggraver le retard dans lequel nos universités publiques sont plongées depuis des années. La résorption des retards académiques n’est pas concevable sans la construction d’amphithéâtres adaptés et le recrutement en nombre suffisant d’enseignants qualifiés. C’est pourquoi, l’UGEB au regard de toutes ces contraintes a toujours exigé des autorités la suspension du LMD en attendant de réunir les conditions de son application à savoir notamment la construction d’amphithéâtres, le recrutement d’enseignants qualifiés en nombre suffisant…

Camarades étudiantes et étudiants,

C’est contre cette mesure de décrochage que les étudiants de l’UNB à l’instar de l’ensemble des étudiants de nos universités publiques se sont dressés dans le cadre d’une coalition regroupant certaines de leurs organisations à caractère syndical et des délégués de promotion. C’est ainsi qu’une première manifestation tenue le 10 novembre 2021 sera sauvagement réprimée par la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS). A la suite de cette manifestation, quatre (04) étudiants dont le Président de notre section (ANEB/Bobo) se sont vus adressés le 15 novembre 2021 des convocations de comparution en Conseil de discipline.  Prévu pour se tenir le 24 novembre 2021, les autorités universitaires ont été contraintes de reporter le Conseil de discipline au regard de la mobilisation dont les étudiants ont fait montre ce jour-là. Dans la foulée, la coalition adoptera le 16 décembre 2021 une plate-forme minimale d’action qui prend en compte la question du « décrochage » et d’autres problèmes dont le retard dans le paiement des allocations sociales comme l’aide/FONER. A la même occasion, un mot d’ordre de grève de 24h pour le 17 décembre 2021 sera lancé en protestation à la tenue du Conseil de discipline prévue le même jour.  Comme à la première convocation, les étudiants se sont massivement mobilisés dans la salle où devrait se tenir le Conseil de discipline. Au mépris des règles en la matière, les membres du Conseil de discipline ont expulsé les étudiants présents y compris les quatre (04) dont le sort devait être décidé.  Malgré leurs absences, le Conseil a pris la grave décision d’exclure de l’UNB les quatre (04) camarades traduits devant lui et ce, pour 5 ans.  Comme il fallait s’y attendre, les étudiants à travers la coalition de lutte rejetteront cette décision et entameront des rencontres avec les autorités universitaires en vue de faire lever les sanctions.  Le 13 janvier dernier, la coalition convoque une assemblée générale pour faire le point des démarches entreprises auprès des autorités aux étudiants. L’Assemblée générale sera interdite par le tout puissant président de l’UNB, Monsieur Macaire OUEDRAOGO et sauvagement réprimée par la CRS qui a fait usage de gaz lacrymogène, de balles blanches et réelles. La Cité universitaire de  « Belle ville » sera également investie par la CRS les 13 et 14 janvier. Avec la complicité active de certains éléments de l’administration universitaire et d’étudiants fantoches tels que PORGO Issaka (SEG) et BAGUE Abdoul Fataz (ESI), des étudiants seront arrêtés.

Camarades étudiantes et étudiants,

L’interdiction de l’Assemblée générale ainsi que l’intervention des éléments de la CRS aussi bien à l’Université et dans l’enceinte de la cité universitaire constituent une violation grave des franchises et libertés académiques telles que consacrées par les Déclarations de Kampala et de Dar Es Salam qui doivent servir de référence aux universités modernes. La moindre contestation des étudiants est réprimée dans le sang. Comme si cela ne suffisait pas, les militants de l’UGEB notamment sont constamment l’objet de sanctions arbitraires imposés par des Conseil de discipline qui se tiennent le plus souvent en violation des règles prévues en la matière, depuis l’adoption en 2012 du fameux décret portant régime disciplinaire applicable aux étudiants et aux candidats aux examens organisés par les universités. En agissant ainsi, les autorités espèrent liquider les organisations combatives d’étudiants comme l’UGEB pour faire taire les revendications et mettre en œuvre les mesures anti-étudiantes.

C’est pourquoi, le CE de l’UGEB tout en réaffirmant son soutien indéfectible à la juste et légitime lutte des étudiants de l’UNB :

  • exige la levée sans délai et sans conditions des sanctions infligées à nos camarades par le Conseil de discipline ;
  • exige la prise en charge adéquate des étudiants blessés jusqu’à leur rétablissement total ;
  • appelle l’ensemble de ses sections et les étudiants à suivre la situation à l’université Nazi BONI de Bobo et à se solidariser de cette lutte.

Non à la répression !

Non à la violation des franchises et libertés académiques !

Pain et liberté pour le peuple

Le Comité Exécutif

Laisser un commentaire