À moins d’un an de la Coupe d’Afrique des Nations 2027, les trois pays hôtes de l’Afrique de l’Est planchent sur la création d’un visa commun destiné à simplifier la circulation des supporters, des équipes et des officiels entre leurs territoires. Cette information, largement commentée par plusieurs sources médiatiques, indique que cette mesure est déjà validée par Kampala, mais encore en négociation à Nairobi et Dodoma.
Faciliter le va-et-vient de plus d’un million de voyageurs le temps d’un tournoi: c’est l’ambition affichée par le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie, qui organisent conjointement la CAN 2027 sous le nom de code «Pamoja» qui signifie «ensemble» en swahili. Selon plusieurs sources proches du dossier, un document de visa unique, valable jusqu’à quatre mois, est actuellement à l’étude pour remplacer la multiplication des autorisations d’entrée que suppose aujourd’hui un déplacement entre les trois pays.
L’Ouganda a d’ores et déjà donné son feu vert pour le projet. Le Kenya et la Tanzanie poursuivent, eux, les pourparlers avec leurs partenaires est-africains. Ce sera la première fois depuis 1976 que la région accueille la compétition continentale, organisée tous les deux ans.
La Confédération africaine de football (CAF) table sur plus de 1,5 million de spectateurs en déplacement et une couverture télévisuelle mondiale susceptible de toucher plus de 3,2 milliards de personnes. De son côté, Kampala a déjà engagé 43 millions de dollars dans les travaux préparatoires.
Ce futur sésame ne sortirait pas de nulle part: il s’inspirerait du visa touristique est-africain instauré en 2014 par le Kenya, l’Ouganda et le Rwanda, un titre de séjour à entrées multiples, valable 90 jours, facturé à 100 dollars. La Tanzanie n’avait cependant jamais rejoint ce dispositif, ce qui explique pourquoi son adhésion à la version «CAN» du visa reste, à ce stade, à confirmer.
Sur le plan technique, les négociateurs doivent encore harmoniser les systèmes d’immigration des trois pays, s’accorder sur la répartition des recettes générées par ce visa, et en fixer le tarif, autant de points de friction qui avaient déjà freiné, en son temps, le déploiement du visa touristique régional.
Autre échéance à ne pas manquer: les trois États doivent achever, d’ici au 31 décembre 2026, la modernisation de leurs stades et de leurs infrastructures de transport. Les autorités insistent également sur la nécessité de coordonner les procédures d’entrée et de préparer sérieusement les postes-frontières, conditions jugées indispensables à la réussite du dispositif.
Bien plus qu’une simple facilité logistique pour la durée du tournoi, ce visa commun est envisagé par les responsables régionaux comme un test grandeur nature. S’il fait ses preuves, il pourrait ouvrir la voie à une politique de circulation permanente à l’échelle de la Communauté d’Afrique de l’Est, au service du tourisme et des investissements bien au-delà du coup de sifflet final.
Par Valentin SOMANDE






























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