Accueil A la une Virus du 3e mandat en Afrique: deuxième cas 2020 confirmé à Conakry!

Virus du 3e mandat en Afrique: deuxième cas 2020 confirmé à Conakry!

Alpha Condé (à droite) en compagnie de Alassane Ouattara

Si l’Afrique, dans son ensemble, a pu s’éviter l’hécatombe qui lui a été prophétisée à la survenue de la pandémie du Covid-19, le continent n’échappera pas au virus du 3è mandat qui vient de toucher officiellement la Guinée, après avoir pris pied en Côte d’Ivoire. Les symptômes, similaires à tout point de vue, se sont signalés par le charcutage de la constitution, la manipulation des militants du parti au pouvoir qui ont pleuré de toutes les larmes de leurs yeux pour exiger que leur candidat soit le président sortant, et enfin l’annonce solennelle du «OUI» de l’homme providentiel.

Dans le cas de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, a pris en otage, la commémoration du 60è anniversaire de son pays pour informer le peuple de son «coup d’Etat», pour emprunter l’expression au fougueux président bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embalo. En Guinée, comme s’il avait honte de son acte, à moins qu’il soit déjà accablé par le remords, Alpha Condé, continue de se cacher derrière le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), son parti, autour d’un secret de polichinelle, le monde entier ayant vu depuis bien longtemps ses manœuvres grossières pour s’ouvrir la voie du pouvoir à vie. Et comme deux larrons en foire, l’Ivoirien et le Guinéen, déjà rongé par le virus, sont déterminés à aller jusqu’au bout de leur forfaiture. Du reste, pour parler comme leurs ouailles, ADO ne sera qu’à son premier mandat de la IIIè République alors que Alpha Condé lui, sera, au premier mandat de la IVè République! Triste!

Des mois et des morts de contestation, n’y feront visiblement rien, car, comme Alassane Ouattara, Alpha Condé, a le soutien indéfectible de courtisans, dont les intérêts égoïstes et très personnels sont aux antipodes du jeu charmant de l’alternance démocratique. En entretenant autour de leurs «Excellences Messieurs les Présidents» un culte de la personnalité très poussé qui en a fait des demi-dieux, ils oublient qu’ils mettent à la face du monde, une sécheresse désolante de cadres au sein des partis au pouvoir, où seuls ADO et Alpha Condé, peuvent être dirigeants de leurs pays respectifs. Emportés par les vertiges du trône, ces deux opposants qui sont parvenus au pourvoir après une longue traversée du désert, sont maintenant devenus des prédateurs en puissance d’un processus démocratique dont ils ont loué les vertus à toutes les tribunes, lorsqu’ils galéraient dans le désert de l’opposition en Afrique, où la prison et l’exil sont le quotidien des empêcheurs de gouverner en rond.

Que peuvent encore bien réaliser Alpha Condé, 82 ans et Alassane Ouattara, 78 ans, durant un troisième mandat, qu’ils n’ont pu apporter à la Côte d’Ivoire et à la Guinée, après une décennie de pouvoir? Rien, car leur place est plutôt dans un conseil des sages pour servir d’étoiles du berger à une nouvelle génération qui sauvegardera et améliorera, leurs acquis, dans l’intérêt général. Mais il s’en trouve encore, comme le porte-parole de la Convention démocratique pour le changement dans la continuité (Codecc), Papa Koly Kourouma, pour défendre l’indéfendable, affirmant que Ebola et le Covid-19 ont «entrecoupé» les deux «mandatures» de Alpha Condé, pour qui il faut ce troisième mandat «pour pouvoir finaliser ses travaux». Si le ridicule pouvait tuer! De vrais griots et ennemis de la démocratie qui osent même créer des aberrations comme «le changement dans la continuité»!

C’est certain, l’opposition, et le peuple réel, pas celui qui fait de l’argent et des strapontins politiques son évangile, ne se laisseront pas faire. Malheureusement, sous le prétexte éculé du pouvoir qui ne se prend que par les urnes, les opposants au troisième mandat, trouveront sur leur chemin, le syndicat des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) qui dégainera plus vite que son ombre, et brandira embargo, fermeture des frontières et sanctions ciblées, en somme, l’artillerie lourde. L’occasion sera alors belle pour la fameuse communauté internationale de dépoussiérer son arsenal juridique qui, malheureusement, n’asphyxie, en réalité, que les populations qui ployaient déjà sous le joug de la misère, créée et entretenue par l’incurie de leurs dirigeants.

En tout cas, Alpha Condé, et Alassane Ouattara, font leur entrée fracassante par la petite porte, dans l’histoire des timoniers des temps modernes. Et les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, qu’ils s’attendent, tôt ou tard, à vivre le destin implacable de ceux qui ont dangereusement flirté avec le TROISIEME MANDAT.

Par Wakat Séra

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