Les autorités américaines ont annoncé de nouvelles restrictions de visas visant des membres du gouvernement de transition sud-soudanais, accusés d’entraver le processus de paix, de favoriser la corruption et d’être impliqués dans des violences contre des civils. L’information donnée à travers un communiqué du département d’État publié le mardi 12 mai 2026, intervient dans un contexte de «fortes tensions politiques» à Djouba.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé, le mardi 12 mai 2026, l’imposition de restrictions de visas contre plusieurs membres du gouvernement de transition du Soudan du Sud. La décision a été rendue publique dans un communiqué du département d’État américain.
Dans cette déclaration, le porte-parole du département d’État, Thomas «Tommy» Pigott, explique que ces mesures ont été prises conformément à la section 212(a)(3)(C) de la loi américaine sur l’immigration et la nationalité.
Washington reproche aux autorités de transition sud-soudanaises d’«avoir freiné», durant plusieurs années, l’application de l’Accord revitalisé sur la résolution du conflit au Soudan du Sud (R-ARCSS), signé en 2018 sous la première administration de Donald Trump.
Les autorités américaines dénoncent également des détournements présumés de fonds publics et d’aides internationales. Le communiqué cite notamment la société Crawford Capital, Ltd., accusée par plusieurs organismes d’enquête d’avoir contribué au pillage des ressources de l’État sud-soudanais.
Par ailleurs, les Forces de défense du peuple sud-soudanais, dirigées par le président Salva Kiir, sont mises en cause pour une opération militaire menée dans le nord de l’État de Jonglei. Selon Washington, cette offensive aurait «provoqué le déplacement d’environ 300 000 personnes et aggravé les risques de famine» dans plusieurs localités.
Les États-Unis évoquent aussi des informations jugées crédibles faisant état d’«exactions» et de «massacres à caractère ethnique» visant des membres de la communauté Nuer.
Dans ce contexte, Washington affirme vouloir poursuivre ses efforts pour demander des comptes aux responsables politiques et militaires impliqués dans des «actes de corruption ou de violences» contre les populations civiles.
Ces sanctions surviennent alors que le processus de transition politique sud-soudanais reste «fortement fragilisé». Les élections prévues en décembre 2026 représentent une nouvelle tentative de mise en œuvre de l’accord de paix de 2018, après plusieurs reports successifs enregistrés en 2022, 2024 et 2025.
De son côté, la Commission des droits de l’homme des Nations Unies pour le Soudan du Sud a récemment alerté sur le risque d’un retour à un «conflit généralisé» en l’absence d’une mobilisation internationale rapide.
La situation politique demeure d’autant plus tendue que le premier vice-président Riek Machar fait actuellement l’objet de poursuites devant un tribunal spécial. Son mouvement, l’APLS dans l’opposition, conditionne désormais sa participation au dialogue politique à sa libération, faisant craindre un nouvel enlisement du processus de paix dans le plus jeune État du continent africain.
Par Valentin SOMANDE




























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