Accueil Editorial 11-Mai : éternel Bob Marley !

11-Mai : éternel Bob Marley !

Bob Marley, la légende du reggae (Ph. tempsreel.nouvelobs.com)

« Ne conquiers pas le monde si tu dois y perdre ton âme car la sagesse vaut mieux que l’or ». Foi de Bob Marley, le pape de la musique reggae, disparu à l’âge de 36 ans, mais toujours présent dans les esprits, comme ces morts qui ne sont pas morts en Afrique. Le monde lui, Robert Nesta Marley l’a conquis. Il l’a même eu à ses pieds de son vivant, porté par une musique dont il est devenu comme l’âme, et une religion, le rastafari, qu’il a rendue encore plus populaire. De sa naissance le 6 février de l’an de grâce 1945 à sa mort, le 11 mai 1981, Bob Marley n’a jamais baissé les bras face à des difficultés qui auraient fait plier l’échine au plus téméraire des humains de sa génération. Comme si ce combat contre la négation de l’homme noir était toute sa vie, il l’a mené sans répit, cachant même le cancer qui le rongeait à ses proches et aux adeptes du reggae. Toute l’œuvre musicale de l’artiste qui a dû vivre de petits métiers et connu une traversée du désert sur des dizaines d’années, est bâtie sur l’affirmation de la dignité et l’identité du peuple noir qui a longtemps plié sous le joug de l’esclavage. Se servant du reggae comme d’une bombe dont les déflagrations ont touché tous les publics et même les régimes politiques, Bob Marley a mené une vie certes pas acétique, mais d’une humilité qui ne pouvait se mesurer qu’à l’aune des valeurs religieuses qui balisaient son cheminement brusquement interrompu par l’impitoyable grande faucheuse.

Mort, où est donc ta victoire, sommes-nous tentés de demander. En effet, partout dans le monde, les racines du reggae sont si solidement enfoncées dans la terre et les paroles de Bob Marley empreintes d’une prémonition si juste que le disciple de Hailé Sélassié 1er ne peut pas mourir. Oui, Bob Marley n’est pas mort. Et plus qu’un simple rituel de commémoration par les seuls reggaemans, le 11 Mai est devenu une fête populaire qui ne laisse aucune génération indifférente. Au Burkina, l’on n’a pas dérogé à la règle. En ce 36è anniversaire de sa mort,  les ondes étaient inondées des chansons et témoignages sur la vie du pape du reggae. Les maquis et bars ne distillaient que les sons de l’illustre disparu. Les Marley d’Or qui se sont érigés en un espace où le reggae est célébré sans modération, ont drainé un monde important. Les Burkinabè qui ont toujours vénéré cette musique reggae ont saisi l’opportunité pour réviser leurs leçons de paroles dites par Bob Marley et apprises depuis les années lycée et université par cœur. Les réseaux sociaux ont été largement mis à contribution pour rendre hommage à l’artiste universel qu’est devenu le métis jamaïcain. Et comme s’il voulait y aller du sien, le ciel a généreusement ouvert ses vannes pour arroser la capitale burkinabè en ce 11 Mai anniversaire.

Véritable icône de la lutte pour la valorisation des conditions humaines, Bob Marley est simplement un citoyen du monde qui, malgré ses cinq tumeurs au cerveau, aux poumons et à l’estomac, n’a jamais cessé de conscientiser une jeunesse noire en perte et en quête de valeur. Fort heureusement, la graine semée par le roi du reggae porte aujourd’hui les fruits escomptés, poussant le plus grand nombre à retourner aux valeurs cardinales de la solidarité humaine, dans un monde sur lequel règne en partie par le roi argent. « L’argent ne peut pas acheter la vie », a d’ailleurs confessé Bob Marley à son fils Ziggy, au seuil de sa mort. Avec ce responsable politique jamaïcain, on ne peut que concéder que Bob Marley « ne peut pas être effacé de l’esprit (…) » car incrusté « dans la conscience collective de la nation ». Adieu l’artiste !

Par Wakat Séra

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