Accueil Monde 17 août 1992: quand l’Afrique australe décidait de parler d’une seule voix

17 août 1992: quand l’Afrique australe décidait de parler d’une seule voix

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Le 17 août 1992, soit 34 ans jour pour jour, dix pays d’Afrique australe franchissent une étape décisive dans leur volonté de renforcer leur coopération. Réunis à Windhoek, en Namibie, leurs dirigeants signent le traité instituant la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), appelée à succéder à la SADCC et à donner un nouvel élan à l’intégration régionale.

Le 17 août 1992 entre dans l’histoire de l’Afrique australe comme une date majeure de la construction régionale. Ce jour-là, à Windhoek, en Namibie, les dirigeants de dix États signent le traité portant création de la Communauté de développement de l’Afrique australe, connue sous son acronyme anglais SADC.

La nouvelle organisation prend le relais de la Conférence de coordination du développement de l’Afrique australe (SADCC), créée en 1980. Alors que cette dernière avait principalement pour ambition de réduire la dépendance économique des États de la région à l’égard de l’Afrique du Sud sous l’apartheid, la SADC entend aller plus loin en faisant de l’intégration économique et de la coopération régionale ses principaux leviers.

L’Angola, le Botswana, le Lesotho, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, l’Eswatini, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe sont les dix membres fondateurs de cette communauté. Ensemble, ils affichent l’ambition de coordonner leurs politiques économiques, de favoriser la croissance, de réduire les écarts de développement et de mutualiser leurs efforts dans des secteurs jugés stratégiques.

La naissance de la SADC intervient dans une Afrique australe en pleine recomposition. L’indépendance de la Namibie en 1990, la fin progressive de plusieurs conflits régionaux et les transformations politiques qui s’amorcent en Afrique du Sud contribuent à créer un nouvel environnement. La coopération régionale se substitue progressivement aux logiques de confrontation qui avaient marqué les décennies précédentes.

À travers son traité fondateur, la SADC se fixe notamment pour objectifs de promouvoir un développement économique et social durable, d’améliorer les conditions de vie des populations, de lutter contre la pauvreté et de consolider les liens entre les États membres.

Le traité de Windhoek entre en vigueur en 1993, après sa ratification par les pays concernés. Depuis, le 17 août est célébré comme la Journée de la SADC, en mémoire de la signature de l’acte fondateur de l’organisation.

Au fil des années, la communauté s’est imposée comme l’un des principaux espaces d’intégration régionale en Afrique. Ses domaines de coopération se sont étendus au commerce, aux infrastructures, à l’agriculture, à l’énergie, à la sécurité, à la gouvernance et à d’autres secteurs essentiels au développement des pays membres.

Plus de trente ans après sa création, la SADC demeure ainsi un symbole de la volonté des États d’Afrique australe de construire un destin commun. Le 17 août 1992 restera, à ce titre, comme l’une des dates emblématiques de l’intégration africaine, consacrant le passage d’une logique de résistance collective à une ambition plus large de développement et de solidarité régionale.

Par Valentin SOMANDE