Accueil A la une 5e édition de la SAMAO: Ouagadougou, capitale africaine des mines

5e édition de la SAMAO: Ouagadougou, capitale africaine des mines

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La 5e édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO) a débuté, ce jeudi 28 septembre 2023 à Ouagadougou, après plusieurs reports, et se tiendra sur deux jours. Une édition placée sous le haut patronage du président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré, qui se présente comme une occasion pour les acteurs miniers de se pencher sur le thème: «Exploitations minières en Afrique : quelles stratégies pour impacter les économies locales ?».

C’est dans une salle des Conférence Ouaga 2000 bondée de monde que s’est ouverte la 5e édition de la SAMAO, se positionnant comme un événement d’envergure internationale pour la promotion du secteur minier ouest africain, et qui a réuni des milliers de participants dont des experts, d’investisseurs, de chercheurs, des représentants des administrations minières et de visiteurs d’horizons divers.

Le président Ibrahim Traoré a été représenté à la cérémonie d’ouverture par le Premier ministre, Me Apollinaire Joachimson Kyelem de Tambela

Durant deux jours, ils s’interrogeront sur l’impact de l’exploitation minière en Afrique sur les économies locales.

«Le Burkina Faso, à l’instar de certains de nos pays frères comme le Mali, le Niger, la Côte d’Ivoire, la Guinée, etc., sont considérés comme des pays miniers. Mais l’impact réel de l’exploitation minière sur les conditions de vie des populations n’est pas toujours bien perceptible. De ce fait, s’interroger sur l’impact de l’exploitation minière en Afrique sur les économies locales  interpelle tous les acteurs qu’ils soient politiques, techniques, industriels, scientifiques, économiques et financiers, représentants de la société civile, collectivités territoriales, administrations centrales et déconcentrées, pour des réflexions et des échanges approfondis qui ouvrent la voie à des stratégies et pratiques de développement durable qui prennent en compte les particularités des économies locales», a affirmé le président de la transition burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, dans son discours lu par le ministre en charge des Mines. Il a été représenté à la cérémonie d’ouverture par le Premier ministre, Me Apollinaire Joachimson Kyelem de Tambela.

Coupure de ruban de la 5e édition de la SAMAO

Pour le président Traoré, la SAMAO est «une occasion pour tous les acteurs intervenant dans le domaine minier de proposer des stratégies et solutions pour une meilleure intégration de l’exploitation minière aux économies locales afin de favoriser le développement économique et social de nos différents pays».

«Dans l’optique de la restauration de l’intégrité du territoire, l’exploitation minière est identifié comme l’une des priorités de la Transition. Elle se traduit dans le Plan d’action pour la stabilisation et le développement (PA-SD) qui est l’instrument opérationnel de la Politique nationale de développement (PND) à travers l’axe 4 : « Dynamiser les secteurs porteurs de l’économie et les emplois » avec pour objectif stratégique de « Développer un secteur industriel et artisanal compétitif, à forte valeur ajoutée et créateur d’emplois décents » », a-t-il rappelé.

Visite des expositions

Selon lui, le secteur minier qui «paye un lourd tribut de la situation sécuritaire,(…) reste un levier important pour le développement économique et social» du Burkina Faso. «Le dynamisme du secteur est porté par l’or qui demeure le premier produit d’exportation du pays», a fait savoir le président Ibrahim Traoré qui souligne qu’ «au 31 décembre 2022, la production industrielle a été estimée 57,68 tonnes contre 67,1 tonnes en 2021». «Quant aux emplois directs, ils sont estimés à près de 19 000 à la même date. Sur le plan africain le Burkina a occupé la 4ème place en tant que pays producteur d’or en 2022 après le GHANA, le Mali et l’Afrique du Sud», a affirmé le chef de l’Etat.

Il a déclaré qu’en terme de recettes directes au budget de l’Etat, «elles sont passées de 430 milliards en 2021 à 540 milliards en 2022, soit une augmentation des près de 20,40%» et «le niveau de production des carrières a atteint 1,458 millions de m3 pour près de 1,4 milliards de FCFA en termes de recettes directes au budget de l’Etat».

Le ministre en charge des Mines Simon Pierre Boussim

Au cours de cette édition de la SAMAO, qui se tient après cinq ans d’interruption, il y aura plusieurs panels sur des thématiques techniques qui seront développés, selon le ministre Simon Pierre Boussim, «pour voir comment impacter la chaine de valeur de l’exploitation des ressources minérales afin que les économies locales puissent en bénéficier davantage et que ce secteur puisse contribuer à l’essor de l’économie nationale».

«La production a baissé en 2022, mais nous espérons avec les tendance que nous voyons déjà qu’il y aura une petite hausse en 2023», a dit M. Boussim soulignant que «quelques mines ont fait une surproduction» et qu’ «on risque de frôler les 60 tonnes d’or».

Il a soutenu que le Burkina Faso reste attractif en matière de l’exploitation de ressources minières.

Président du comité d’organisation de la 5e édition de la SAMAO

«Nous nous réjouissons de la tenue de cette 5ème édition de la SAMAO qui traduit la résilience du pays dans les actions de promotions de son secteur minier malgré le contexte sécuritaire difficile», s’est exprimé le président du Comité National d’Organisation de la cinquième édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO), Jean Baptiste Kaboré.

Pour lui cela vise à «rassurer à la fois (les) partenaires actuels et à attirer d’autres investisseurs dans le secteur minier qui fait partie des secteurs les plus résilients de l’économie (burkinabè) dans le contexte actuel».

M. Kaboré a salué la présence des délégations «des pays frères et amis», le Tchad, le Benin, le Cameroun, la Tanzanie et le Congo Brazzaville, qui «est une forte preuve de soutien et d’engagement à (leur) côtés».

Des autorités présentes à l’ouverture de la 5e édition de la SAMAO

Selon lui, l’objectif du choix du thème: «Exploitations minières en Afrique : quelles stratégies pour impacter les économies locales ?», est de «contribuer à des changements structurels dans le secteur minier afin de mieux insérer l’exploitation minière dans les économies nationales en général et dans les économies locales en particulier dans le but d’optimiser l’exploitation de nos ressources minières», a fait savoir le président du comité d’organisation.

Cela sera une occasion «d’échanger et partager des expériences sur des initiatives visant à améliorer l’intégration du secteur extractif dans le développement des économiques locales», a-t-il poursuivi.

Au cours des deux jours de travaux, il est prévu des sessions de communications en lien avec le thème central. Il s’agit, notamment, des thèmes liés à la politique du contenu local dans les pays africains, la problématique de la transformation des produits miniers en Afrique, de la valorisation des produits des carrières. Il est prévu aussi des sessions techniques sur des thématiques portant sur la réhabilitation des sites miniers, la transition énergétique en Afrique : minéraux verts et énergies renouvelables, géosciences et environnement/sciences et développement pour mieux nous plonger dans l’environnement minier; et des rencontres B2B, des expositions d’équipements et d’engins miniers et une soirée de remise de distinction.

Des expositions

Il y aura également durant cette édition, des excursions sur un site minier et un site de carrière. «Les visites du site minier de OREZONE BOMBORE et la carrière de WAYEN de la société CARRIERE GENERALE DU BURKINA permettront de présenter la diversité du potentiel minier exploité au Burkina Faso et l’impact socio-économique de ces exploitations au profit des localités impactées», a soutenu M. Kaboré.

L’organisation de cette édition, selon M. Kaboré, a été rendue aussi possible grâce à l’engagement de l’ensemble des acteurs du secteur, des partenaires techniques et financiers et du Cabinet SEMICA qui est en charge de l’organisation pratique de la SAMAO grâce à une convention signée le 27 juin 2023 avec le ministère en charge des Mines.

Par Daouda ZONGO