
Les armes continuent de tonner dans l’Est de la République démocratique du Congo, où l’armée régulière, appuyée par les milices Wazalendos, essaie d’en découdre avec l’AFC/M23, qui, avec le soutien du Rwanda, s’est rendu maître de Goma et de Bukavu, avec la ferme intention d’aller encore plus loin. Et pendant que les délégations des deux parties belligérantes sont à Doha en pleines négociations, le fameux cessez-le-feu toujours annoncé et toujours violé, reste encore incertain, et la paix des braves, elle, demeure encore une chimère.
Lorsque de guerre lasse, l’Angolais Joao Lourenço jetait l’éponge, sans avoir pu mettre KO cette crise entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, par AFC/M23 interposée, tous se demandaient bien qui allait pouvoir prendre le relais, pour rapprocher des positions en apparence inconciliables. Le suspense n’aura duré que le temps pour l’Union africaine de dénicher l’oiseau rare, le 11 avril. Mais l’oiseau n’est pas aussi rare que ça! Car, Faure Gnassingbé, puisque c’est de lui qu’il s’agit, s’est déjà illustré comme facilitateur dans plusieurs crises dont celle entre les voisins du Mali et de la Côte d’Ivoire autour d’arrestation de militaires ivoiriens, et celle qui prévaut, actuellement, entre la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et la confédération de l’Alliance des Etats du Sahel, l’AES formée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
Un autre atout du Togolais, en plus d’une certaine proximité, pour ne pas dire une proximité certaine, avec ses deux homologues, Félix Tshisekedi de la RD Congo et Paul Kagame du Rwanda, c’est qu’il est un adepte de la diplomatie silencieuse. Cette méthode qui semble faire recette dans la médiation menée par le Qatar, dans le même conflit, ce qui devrait assurer une complémentarité entre les deux facilitations, l’une internationale et l’autre africaine. L’illustration parfaite de la diplomatie silencieuse, c’est bien, l’omerta qui a entouré les deux visites faites ce mercredi par Faure Gnassingbé. A Luanda où il a pris, symboliquement, le témoin de facilitateur, des mains du président angolais, président en exercice de l’Union africaine, Joao Lourenço et à Kinshasa où il a eu une première prise de contact avec le président de la RDC, Félix Tshisekedi, les deux rencontres au sommet n’ont été suivies d’aucune prise de parole officielle face à la presse. Si la loi du silence des négociations, arrive à faire taire les armes dans le Nord et le Sud Kivu, la diplomatie silencieuse ne peut qu’être encouragée.
Faure, fort de cette efficacité dans la discrétion, pourrait bien être l’homme de la situation. Seul bémol, il faudra au faiseur de paix, composer avec d’autres acteurs, notamment l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al-Thani, mais aussi les cinq médiateurs, dont deux femmes, désignés par la SADC et l’EAC. Certes, trop de viande ne gâte pas la sauce, comme le dit le proverbe. Sauf qu’en la matière, la difficulté de concilier les points de vue et les méthodes entre médiateurs, sans oublier les sensibilités probables entre ceux-ci et les protagonistes de la crise, pourraient bien constituer des blocages dans ce processus dont la délicatesse n’est plus à prouver! De plus, l’annonce du retour à la maison, de l’ancien président de la RDC, Joseph Kabila, est une nouvelle donne qui ne peut que complexifier, davantage, la situation.
En tout cas, il faut espérer que le pragmatisme et la prudence de sioux de Faure Gnassingbé, fassent de lui, la solution à cette guerre qui s’intensifie et trouble les relations entre voisins et «frères» africains!
Par Wakat Séra






























![[Tribune] La rivalité Diomaye–Sonko entre dans l’ère inquiétante des légitimités concurrentes](https://www.wakatsera.com/wp-content/uploads/2025/11/faye-et-sonko-180x135.jpg)







