Au Burkina Faso et dans la plupart des pays africains, le sachet plastique est perçu comme le récipient le plus privilégié des ménages et autres consommateurs des villes et des campagnes. Des supermarchés à la vendeuse de beignets, de bouillie et de bissap aux abords des voies, en passant par les dépôts pharmaceutiques et autres commerces, le sachet plastique règne en maître. Pourtant, ils ne sont pas biodégradables, et constituent donc un véritable danger pour tous.
Depuis 2014, le gouvernement du Burkina Faso dans sa stratégie de contrer la prolifération des sachets plastiques non biodégradables avec son lot de conséquences dommageables pour l’environnement et pour la santé humaine et animale, a adopté une loi pour interdire leurs production, importation, commercialisation et distribution, afin de lutter contre le péril plastique.
Pour ce faire, un délai de 6 mois avait été donné aux importateurs pour leur permettre de se mettre en règle et écouler les stocks qui étaient en leur possession au moment de l’adoption de la loi. Plus d’une dizaine d’années plus tard, les commerçants se sont-ils conformés à cette règlementation? Le constat reste encore mitigé.
Il est 9h, ce samedi 19 juillet 2025, lorsque nous faisons notre entrée au marché de Toécin dans le quartier Tampouy de Ouagadougou. Comme à l’accoutumée à cette heure de la journée, la place grouille de monde. Devant les commerces d’emballages plastiques, ça discute entre clients et vendeurs.
Seydou Zeba, semi-grossiste, assis devant sa boutique remplie de sachets plastiques, a le regard serein. Il nous sert le «Manna wanna», une salutation en langue nationale moré qui se traduit en français par «comment ça va». Je lui envoie aussitôt, en réponse: «ya sonma wousgo», pour lui dire que «ça va bien». M. Zeba pensait être en face de clients venus passer une commande de sa marchandise. Lorsque nous lui avons expliqué la raison de notre présence devant sa boutique, il s’écria: «Hé! Vous encore?». Tout en marquant son étonnement, il a révélé qu’il y’a quelques années, il avait reçu la visite de certains de nos confrères sur le même sujet et avait refusé de leur parler.
Bien que restant sur ses garde, faisant toujours preuve d’une bonne dose de méfiance, le commerçant accepte tout de même, après quelques échanges, de nous recevoir à l’intérieur de sa boutique et de nous montrer les différentes qualités de sachets plastiques qu’il vend, et cela, sans séance photo. Chose que nous acceptons. «A vrai dire là, vous voyez tous ces sachets, c’est pas tout qui est bio hein. Il y a des sachets ici qui n’ont pas de différence avec ce qu’on vendait au temps de Lamizana…(rires). On sait que c’est pas bien pour notre environnement mais, est ce que y’a machine même pour tester ça», explique M. Zeba dans son français châtié, et un brin d’humour.
Aux dires de notre interlocuteur, le sachet plastique non biodégradable, en plus de résister au soleil, présente un autre avantage, celui économique. En effet, il a un coût d’achat moins élevé que le biodégradable et rapporte logiquement bien plus au commerçant. Et sans doute parce qu’il fait l’affaire des commerçants, que le sachet plastique jouira encore d’une certaine longévité, à moins que qu’à la sensibilisation, soit désormais associée la force de la loi. La carotte et le bâton!
A quelques minutes du commerce de Seydou Zeba, nous nous retrouvons devant un grand magasin, remplie de sachets plastiques. Le patron des lieux est présent. Après lui avoir adressé nos salutations, et lui exposé l’objet de notre visite, nous recevons un refus catégorique de la part de l’homme, de nous parler. «Ah monsieur s’il vous plait, vous nous fatiguez avec vos questions là», fulmine le magasinier qui a, dans l’immédiat, enfourché sa moto pour quitter les lieux sans un mot de plus. Nous rebroussons chemin, persuadés que nous ne sommes pas les bienvenus à cet endroit. Mais cela n’a pas freiné notre élan.
Nous nous rendons dans un autre magasin de vente de sachets plastiques. «Le marché, c’est molo molo», répond Issaka, le propriétaire des lieux dans un langage familier. Lorsqu’il a su pourquoi nous l’avons abordé, Issaka, n’est pas passé par quatre chemins pour nous montrer combien de fois notre présence était indésirable devant son magasin. «Ça me regarde pas. On cherche à manger et puis vous venez énerver les gens. Pardonnez, libérez ma boutique, j’attends des clients», a lancé Issaka, sans gant!
Résultat de nos courses: le plastique, si la décision politique n’allie pas bâton et carotte, le plastique aura encore de beaux devant lui. En tout cas, le gouvernement burkinabè, l’a promis des sanctions seront engagées contre toute personne qui ne respectera pas les dispositions en vigueur dans cette lutte contre le sachet plastique! Ce qui a poussé bien des boutiques et alimentations à rentrer dans les rangs, bannissant fermement les sachets plastiques de leurs habitudes. Toute chose qui a contraint les usagers à prévoir entre 200 et 300 FCFA pour le sac en matériau biodégradable pour y ranger leurs courses.
La surveillance et le contrôle doivent être davantage stricts aux frontières aériennes et terrestres dans le but de décourager toute velléité d’importation de ce danger permanent pour l’environnement, les animaux, et l’Homme.
Par Valentin SOMANDE (Stagiaire)






























![[Tribune] La rivalité Diomaye–Sonko entre dans l’ère inquiétante des légitimités concurrentes](https://www.wakatsera.com/wp-content/uploads/2025/11/faye-et-sonko-180x135.jpg)








