Accueil A la une Burkina/Affaire Amidou Tiégnan: « Toutes les parties ont fait appel »

Burkina/Affaire Amidou Tiégnan: « Toutes les parties ont fait appel »

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Le Procureur Général près la Cour d’Appel de Ouagadougou, Pengdwendé Désiré Sawadogo, a déclaré que « toutes les parties » au dossier Amidou Tiégnan, poursuivi pour détournement de deniers publics à hauteur de plus de trois milliards FCFA, « ont fait appel » devant la Cour de Ouagadougou, après le jugement de l’affaire en première instance au Tribunal de Grande Instantce (TGI) Ouaga I. Débuté le lundi 3 novembre 2025 par le passage des prévenus Amidou Tiégnan et Philippe Bayoulou, le jugement s’est poursuivi, le mardi 4 novembre 2025 avec l’audition de deux autres accusés et des témoins.

Fin décembre 2024, les Burkinabè qui ont suivi avec un grand intérêt le jugement de l’affaire de Amidou Tiégnan et autres, poursuivi pour des faits présumés de détournements de fonds alloués pour des actions humanitaires, sur les médias de l’Etat et du privé, ont été situés suite à la condamnation des différents prévenus. Mais, comme le permet la loi burkinabè, les parties qui n’étaient pas satisfaites du verdict final, pouvaient interjeter appel pour un réexamen du dossier. Ainsi, selon le Procureur Général près la Cour d’Appel de Ouagadougou, Pengdwendé Désiré Sawadogo, « toutes les parties » au procès en première instance du Tribunal de Grande Instantce (TGI) de la capitale ont demandé à la Cour d’Appel de revoir tout le dossier dans ensemble.

Annoncé pour 9H, l’audience du jour a commencé à 10H avec l’audition des prévenus, Salifou Ouédraogo, adjoint de secrétariat devenu par la suite le régisseur du Secrétariat Permanent (SP) du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (SP/CONASUR) et Mme Pétronille Tarpaga née Ouédraogo, gestionnaire de compte au ministère de l’Action humanitaire, aussi de témoins, principalement des collègues du cerveau de l’affaire, Amidou Tiégnan.

Dans l’ensemble, les positions des différentes parties n’ont pas varié dans le fond en ce deuxième jour de jugement en appel où les parties ont naturellement posé des questions dans le sens de l’instruction du dossier, posé des préalables, fait des commentaires et des observations, pour une bonne administration de la justice. Les infractions des prévenus n’ont pas aussi connu un changement. M. Tiegnan et ses co-detenus sont toujours poursuivis pour faux et usage de faux en écriture publique, détournement ou complicité de détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.

 

Si de leur côté, le ministère public et la Cour, composée du Premier président et de ses conseillers, ont posé des questions pour confronter les prévenus dont Salif Ouédraogo et Pétronille Tarpaga/Ouédraogo, la défense, elle dit attendre de nouveaux éléments de la part du Procureur du Faso car certains aspects techniques n’était pas satisfait à l’issue du verdict du procès en première instance. Les détenus, suite aux différentes questions, ont, à nouveau, reconnu dans l’ensemble les faits à eux reproché même s’ils ne sont pas d’accord avec le juge et le Procureur du Faso sur certains points. Si Me Ouédraogo, avocate de Salifou Ouédraogo, a rassuré les juges et le parquet que son client « jouait la bonne foi », son confrère, Adama Kondombo, conseil, de dame Tarpaga, trouve « exagéré » le quantum de détournement retenu contre sa cliente.

Revenant sur l’appel, Pingdwendé Désiré Sawadogo, a affirmé que « principalement, le Procureur du Faso a fait appel sur des aspects un peu techniques », enchaînant que « toutes les parties ont fait appel sur l’une où l’autre partie du dossier. L’Appel porte sur toutes les dispositions du jugement », a-t-il précisé.

Il a indiqué que le chronogramme des auditions prévoit le jugement du lundi au samedi. « Nous pouvons terminer avant. S’il y a lieu de terminer après, nous prendrons les dispositions également qui s’imposent. Mais c’est le dossier qui conduit le juge », a-t-il dit, soulignant que la Cour a la possibilité de relaxer, confirmer ou infirmer éventuellement en aggravant la peine des accusés.

Me Souleymane Bako est le conseil de Philippe Bayoulou qui a été condamné en première instance à six ans de prison. « Nous demandons à la Cour d’Appel de revoir une deuxième fois si le droit a été dit, si tous les éléments ont été pris en compte (car) mon client estime que le montant (dont la justice lui demande de rembourser) n’est pas ce qu’il a irrégulièrement pris », a signifié Me Bako qui a continué: « donc, nous souhaitons que la Cour revienne l’a dessus, ce qui peut entraîner une réduction de la peine ».

Quant à l’Agent judiciaire de l’Etat (AJE), dans la décision rendue en première instance, « l’Etat a estimé qu’il n’est pas rentré dans ses fonds, raison pour laquelle l’appel a été interjeté », a fait savoir Mahama Tako, adjoint AJE. « Le montant accordé à l’Etat n’est pas ce qui a été réclamé », a-t-il laissé entendre.

Le procès en appel reprend mercredi à 10H. Il sera question de la constitution de la partie civil suivi du débat sur les aspects financiers et les quantums des peines dont jugent exagérés la défense dans son ensemble.

En rappel, le présumé cerveau de l’affaire, Amidou Tiégnan, a été condamné en première instance par le TGI Ouaga I à 15 ans de prison et une amende de 5 640 000 000 F CFA, le tout ferme et la confiscation de ses biens meubles et immeubles.

Par Bernard BOUGOUM