Au Burkina Faso, la journée du 15 mai a été dédiée à la promotion et valorisation des coutumes et traditions, des différentes communautés du pays, dans la dynamique de la vision des autorités actuelles. Ce vendredi, à «Panghin (force)», Palais de Sa Majesté le Moogho Naaba Baongho, empereur des Mossé, la culture moaga dans toutes ses facettes a été célébrée et magnifiée en présence des membres du gouvernement, de responsables coutumiers et religieux. Le thème retenu cette année est: «Justice traditionnelle et spiritualité dans le Moogho».
Comme il est de coutume chez les Mossé, l’arrivée du Naaba (roi) lors d’un rassemblement public important nécessite un service protocolaire de taille visant à mettre en avant le rayonnement du premier responsable de la communauté à qui le public voue un profond respect. Cela devient encore très millimétré quand il s’agit de Moogho Naaba Baongho dont le Palais trône fièrement au Centre-ville de la capitale burkinabè.

La sortie de Sa Majesté le Moogho Naaba Baongho a été majestueuse, il fallait s’y attendre. L’annonce de l’arrivée de Sa Majesté a été faite par les tambours parleurs. Les «Pogtampa», c’est-à-dire les sœurs et les tantes du Souverain, parées dans leurs belles tenues traditionnelles, en file indienne, agitant des pagnes, par des cris, applaudissements et chansons laudatrices, ont accueilli le Moogho Naaba Baongho dans la ferveur sur le terrain de Panghin ou des tentes aux couleurs traditionnelles ont été érigées. Chacune des «Pogtampa», tour à tour, au fur et à mesure que Sa Majesté avance à son niveau, dépose son pagne comme pour former un tapis d’honneur sur lequel le chef des Mossé va marcher jusqu’à rejoindre sa chaise royale.

S’en est suivie la succession des salutations des différentes sensibilités sociales à l’empereur comme il se fait dans la pure tradition moaga. Petits-enfants, enfants, femmes, hommes, chacun selon son rang dans la société moaga, exécute les gestes selon un code bien déterminé pour sacrifier au rituel de la salutation.
Par la suite, c’est le «Ben Naaba», chef des «Youmba (griots)» qui a pris la parole pour adresser au nom de Sa Majesté le Naaba Baongho et toute la communauté, les salutations à l’assistance en suivant avec rigueur, le rang des personnalités et des groupes communautaires associés aux Mossé, cités avec déférence. Cela a été suivi par la déclinaison de l’objet et de l’importance du rassemblement du jour.

Avec la force des mots magistralement proférés par le Ben Naaba, accompagnés par la mélodie unique des «Benda (tambours)» de sa troupe, cela a naturellement soulevé la foule qui a réagi par des cris et des applaudissements nourris. La prestation du Ben Naaba ressort le côté solennel de la cérémonie.
Ensuite, la parole a été donnée au président du comité d’organisation de la célébration du 15 mai, instituée il y a maintenant trois ans. Le Ouiidi Naaba Kiiba, Premier ministre de Sa Majesté le Moogho Naaba Baongho a adressé le message du Souverain au public qui se résume à un appel à tous les Burkinabè, au vivre-ensemble, à la cohésion sociale, à la paix et la sécurité, à une bonne pluviométrie, à une bonne récolte, le tout pour une vie paisible menée dans la totale quiétude. Le message de Sa Majesté le Moogho Naaba Baongho exhorte également les populations à se préoccuper de plus en plus de l’éducation des enfants et leur transmettre les valeurs sociales, gage de tous ses souhaits.

Dans sa déclaration à l’assistance, le ministre burkinabè en charge de la Culture, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a rappelé la raison ayant poussé le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a institué tout un mois du patrimoine en 2023 et ensuite décidé que le 15 mai est chômé et payé en vue de permettre aux coutumiers de magnifier leurs coutumes et traditions et de renouer avec nos sources. Il a rappelé également la prise de la loi sur la chefferie coutumière qui accorde de l’importance aux responsables coutumiers. Il a aussi rappelé que la loi «Faso Buud-Kaoré» a été prise également sous le chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim. Une mesure visant à impliquer davantage les responsables coutumiers dans la gestion des conflits.
Le ministre Ouédraogo, porte-parole du gouvernement, dans son développement, a indiqué, qu’il n’y a pas de contradiction entre la tradition et la religion, appelant par conséquent, les populations à vivre en parfaite symbiose entre elles.

Le Souverain a remis des attestations de reconnaissance à trois membres du gouvernement que sont les ministres en charge de la Culture, Gilbert Ouédraogo; de l’Administration territoriale, Emile Zerbo et de la Justice, Me Edasso Rodrigue Bayala, pour ce qu’ils entreprennent dans le sens de la sauvegarde et de la valorisation de la chefferie coutumière et du patrimoine culturel national.
Des attestations de même nature ont été remises également à une dizaine de personnes physique ou morale distinguées dans leur domaine d’intervention visant à promouvoir la culture. Il s’agit de trois hommes de médias, trois vedettes de la chanson traditionnelle, trois chercheurs dans la médecine traditionnelle et trois promoteurs des arts et de la culture qui ont été honorés.

Avant la cérémonie solennelle de la célébration du 15 mai proprement dite, l’empereur, a sacrifié à la cérémonie de «Faux départ», un rituel qui se déroule chaque vendredi matin de bonheur en toute intimité et dans la sacralité à l’arrière-cour du Palais du Moogho Naaba Baongho. Le roi a reçu comme chaque vendredi les différentes communautés de son ressort territorial à qui il a remis de la cola. Sa Majesté a également reçu tous ceux qui sont en charge du rituel, c’est-à-dire des personnes assermentées, à qui il a remis le nécessaire pour pouvoir, une fois de plus, demander à Dieu et aux mânes des ancêtres une bonne pluie, la paix et la cohésion dans le pays.
Par Bernard BOUGOUM






























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