Alors que les Bafana Bafana ont été éjectés du Mondial 2026, ce dimanche 28 juin, en 16es de finale, par un but assassin du Canadien Stefen Eustàquio, à la 92e mn de leur match contre le Canada, l’un des pays organisateurs, leurs compatriotes restés au pays, eux, sont lancés dans une chasse à l’homme sans commune mesure. Un acte hideux dont le point d’orgue pourrait se jouer ce mardi 30 juin, jour de grande manifestation contre l’immigration. Epicentre de cette vague furieuse qui s’apprête à déferler sans pitié sur des étrangers, dont certains ont décidé de fuir, sans demander leurs restes, Durban, ville de la province KwaZulu-Natal, est devenue hostile pour tous ces expatriés noirs. Pourtant, ceux-ci n’y vivaient que pour chercher leur pain quotidien, qu’ils gagnaient à la sueur de leur front. Mieux, ils se débrouillaient grâce à de petits métiers et commerces délaissés par leurs hôtes, qui les regardaient même avec dédain.
D’où vient, alors, cette ire soudaine et injustifiée contre le petit commerçant qui tient boutique au bout de la rue? Question à un rand, à laquelle ne peut répondre que des manifestants, qui selon certains migrants pris pour cible, seraient manipulés par des lobbies au dessein personnel et égoïste et lugubre. Malgré l’appel au calme du président sud-africain, ces groupuscules sont gonflés à bloc et visiblement, ne craignent rien en face. Curieusement, même la force publique semble impuissante face à la déferlante «afrophobe», comme le disait l’autre, évoquant avec amertume ce drame qui hante l’Afrique du sud.
Depuis plus d’un mois, les victimes d’actes d’une violence inouïe, parfois sanctionnés par la mort, qu’elles soient ressortissants Nigérians, Zimbabwéens, Malawites ou Mozambicains, ou autres, elles sont traquées dans leur dernier retranchement. Elles assistent, alors, impuissantes à la destruction de leurs biens, la mise à sac de leurs commerces, les incendies de leurs domiciles, sans oublier le tabassage, voir le lynchage systématique sur leur personne. Le seul péché à elles reproché par des Sud-Africains déchainés et aveuglés par la détestation, c’est de croire encore à la célèbre hospitalité africaine qui, cependant, continue de faire des jaloux sur d’autres continents.
Une haine incompréhensible du noir contre le noir! Ironie du sort, alors que la politique ségrégationniste de l’apartheid battait son plein et les confinait dans les ghettos, ou en faisait tous des prisonniers en sursis, les noirs de l’Afrique du Sud, n’ont eu de soutien inconditionnel, que celui de ceux qui sont devenus aujourd’hui pour eux, des «chiens galeux» à abattre. Et le discours du président Cyril Ramaphosa, loin de désarmer les cœurs et les bras destructeurs, a comme ravivé la flamme de ce rejet inimaginable qui anime ses concitoyens. Pour exemple, en une semaine, 2745 étrangers ont été rapatries, renvoyés chez eux, la plupart n’ayant même pas pu prendre une aiguille leur appartenant! Qu’arrivera-t-il aux plus téméraires qui ont fait le choix de rester, au cours de cette journée annoncée comme celle de toutes les dérives?
En tout cas, en prévision des dangers qu’ils courent, nombre d’immigrés noirs ont quitté, la veille, Durban, ville devenue, subitement, trop dangereuse. Si eux étaient soulagés de partir, ceux qui sont restés ne vont certainement pas se hasarder à mettre le nez dehors. Et, même terrés chez eux comme des rats, ils craindront d’y être enfumés et lynchés sans aucune autre forme de procès! Ainsi s’exprime la bêtise humaine dans toute sa splendeur!
Il ne reste plus qu’à espérer que les manifestants sachent raison garder et reviennent à de meilleurs sentiments pour l’image de la nation «arc-en-ciel», le pays de l’immense homme de pays, Nelson Mandela!
Par Wakat Séra





























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