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Donald Trump cible les médias étrangers

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Le département de la Sécurité intérieure américaine a acté, le jeudi 16 juillet 2026, une réduction drastique de la durée de séjour accordée aux journalistes étrangers aux États-Unis, selon des sources médiatiques. Une bascule qui, selon ces médias, fragilise directement la liberté de la presse et suscite une vague de réactions inhabituelle, tant la mesure concerne indistinctement tous les médias étrangers présents sur le sol américain.

L’administration Trump a franchi, ce jeudi 16 juillet, une nouvelle étape dans son offensive migratoire. Le texte réglementaire, rendu public par le département de la Sécurité intérieure et relayé par des médias, ne vise plus seulement les filières d’immigration classiques: il s’attaque désormais, directement aux conditions de travail des correspondants étrangers accrédités aux États-Unis.

Jusqu’ici, les journalistes bénéficiaient d’un régime souple, la «durée de statut», leur permettant de rester tant qu’ils remplissaient les critères d’éligibilité dans les faits, jusqu’à cinq ans. Ce système disparaît au profit d’une durée fixe et strictement plafonnée: 240 jours, soit environ huit mois, renouvelables sur simple demande pour une période équivalente. Les ressortissants chinois se voient réserver un traitement à part, nettement plus sévère, avec des séjours limités à seulement 90 jours. Hong Kong et Macao étant toutefois exclus de cette restriction spécifique.

Sauf blocage du Congrès, une hypothèse jugée très improbable tant la majorité républicaine s’oppose rarement aux initiatives présidentielles, la réforme entrera en vigueur 60 jours après sa publication au Registre fédéral (journal officiel), attendue ce vendredi 17 juillet. Concrètement, le nouveau régime pourrait s’appliquer dès septembre.

C’est sans doute ce qui frappe le plus dans cette annonce: elle ne cible aucun média en particulier, mais s’applique uniformément à l’ensemble de la presse étrangère accréditée aux États-Unis, des centaines de titres et d’agences.

Reporters sans frontières a réagi avec une vive sévérité, dénonçant une «limitation cruelle» des visas des journalistes étrangers, ramenés d’une durée pouvant atteindre cinq ans à une période fixe de huit mois, estimant que ce changement compromet la capacité des journalistes internationaux à travailler depuis les États-Unis. Plusieurs autres médias et organisations de presse, dont l’AFP, avaient déjà alerté l’an dernier, lors de la phase de consultation, sur le risque d’un appauvrissement de la couverture de l’actualité américaine.

Au-delà de la profession, ce sont aussi les universités et le monde académique qui s’inquiètent du volet étudiant de la réforme, dans un contexte où les admissions sur ce type de visa avaient fortement progressé ces dernières années.

Les étudiants étrangers ne sont pas non plus épargnés: leurs visas, jusqu’alors valables pour toute la durée du programme suivi, seront désormais plafonnés à quatre ans.

Cette décision s’inscrit dans la continuité de la politique assumée par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche: mettre fin à l’immigration illégale tout en restreignant significativement les voies légales d’entrée sur le territoire. Elle intervient, aussi au moment où le président multiplie, par ailleurs, les mises en cause et procédures judiciaires visant des organes de presse américains, un contexte qui alimente les craintes d’un effet dissuasif plus large sur le travail journalistique aux États-Unis, bien au-delà des seuls correspondants étrangers directement visés par la nouvelle règle.

Par Valentin SOMANDE