Accueil A la une A Ceuta comme à Johannesburg, la chasse aux migrants bat son plein!

A Ceuta comme à Johannesburg, la chasse aux migrants bat son plein!

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Ils font face à tous les dangers pour chercher l'eldorado

Ce jeudi, ils ont été des centaines de migrants à prendre d’assaut l’enclave espagnole de Ceuta. Neuf d’entre eux sont morts en tentant de rejoindre par la nage, la ville qui abrite déjà des milliers de migrants. Depuis la grande ruée de 2021 vers l’Europe, via ce passage, Ceuta se présente, pourtant, comme un camp fortifié, où se dressent de hauts murs et des barbelés acérés, en apparence infranchissables. Mais, visiblement, il en faut plus pour décourager toutes ces personnes qui, en quête de mieux-être, affrontent, les mille et un dangers de cet exil massif vers l’Europe. A la merci de passeurs sans vergogne, et surtout sans pitié, qui l’argent de la traversée encaissée les livrent à la voracité de l’océan ou aux balles de gardes-côtes à la gâchette facile, les candidats à l’immigration n’ont d’autre option que la mort ou…la mort. Soit, ils sont happés par les vagues de la mer, au mieux, ils sont pris par les surveillants des frontières qui les parquent dans des camps où la précarité est reine.

Ceuta est loin d’avoir l’apanage de la maltraitance des migrants. Quand ils viennent de l’Afrique, ils ont également le choix de périr de soif dans le désert libyen ou d’être transformés en esclaves, vendus à des négriers des temps modernes. Les plus chanceux sont monnayés contre rançon, mais ne recouvrent pas toujours cette liberté pour laquelle eux, ou leurs parents, ont déboursé des sommes colossales. Malheureusement, malgré ces offensives presque toujours soldées par l’échec, qu’ils mènent sur l’Europe qui, de l’eldorado d’antan, s’est muée en citadelle imprenable, rien ne décourage les migrants! Même quand certains ont la chance inespérée de revenir à la maison, ils sont toujours prêts à reprendre la route dans le sens inverse, à la moindre occasion. Attirés par les artifices que continuent de leur faire miroiter leurs frères, amis ou simples compatriotes, qui leur font croire que la vie en Europe est d’or, alors qu’eux-mêmes vivent souvent dans des conditions défiant toutes les règles de la dignité humaine, les jeunes africains abandonnent tout pour prendre la route de la…mort!

Cependant, Ceuta est loin d’être le seul terrain de la grande battue contre les migrants noirs. Sur leur propre continent, ils sont indésirables. Non grata comme ces «sauterelles qui empestent» la nation pourtant dite «arc-en-ciel»! C’est ainsi que du jour au lendemain, Nigérians, Zimbabwéens, Mozambicains, Malawites et bien des ressortissants d’autres pays africains sont, s’ils veulent échapper aux campagnes de lynchage engagées par ceux qui hier encore étaient leurs hôtes, sont obligés de fuir Le Cap ou Johannesburg, abandonnant tous leurs biens derrière eux. Si certains trouvent le salut grâce à des vagues de rapatriements organisés par leurs pays, d’autres ne doivent la survie qu’à leur instinct de traqué à mort, ou à…Dieu! Destin cruel pour des «étrangers» qui ont soutenu ces mêmes noirs comme eux, dans leur lutte contre l’apartheid, cette politique ségrégationniste qui les avait confinés dans des ghettos ou dans des prisons. Quand ils ne sont pas tirés comme des lapins!

Entre le canon des soldats espagnols de Ceuta, les négriers du désert libyen et la hargne mortifère de leurs propres frères noirs en Afrique du Sud, les migrants africains ne savent plus à quel saint se vouer. Où donc vont-ils trouver le bonheur que leurs pays sont incapables de leur offrir? Vont-ils toujours préférer la mort dans la mer aux larmes de la mère? Question pour l’instant sans réponse dans un monde où la solidarité fout le camp pour l’individualisme à outrance! Pour le moment, la chasse aux migrants bat son plein à Ceuta et en Afrique du Sud!

Par Wakat Séra