La Fédération internationale de football association (FIFA), a mis fin, avec «effet immédiat», au contrat de son directeur des opérations, le Français Kevin Lamour, le lundi 17 août 2026. Ce licenciement intervient quelques semaines après les critiques publiques du dirigeant à l’encontre du projet de Gianni Infantino d’ouvrir certaines activités de l’instance à des investisseurs privés.
La Fédération internationale de football (FIFA) a décidé de se séparer de Kevin Lamour, son directeur des opérations et l’un de ses plus hauts responsables français. Son contrat a été rompu, le lundi 17 août au matin, avec «effet immédiat», selon plusieurs médias.
Le départ du cadre français intervient dans un contexte particulièrement tendu au sommet de l’instance mondiale du football. Kevin Lamour s’était notamment opposé au projet porté par le président de la FIFA, Gianni Infantino, visant à faire entrer des investisseurs privés dans certaines activités commerciales de l’organisation.
Dans un communiqué transmis le mois dernier à l’agence américaine Associated Press (AP), Kevin Lamour avait vivement critiqué cette initiative. «Il s’agit d’un projet d’une seule personne», avait-il déclaré, estimant que «les salariés ont été trompés. Ils méritent mieux que le mépris et l’intimidation». Toujours selon AP, l’ancien directeur des opérations avait également affirmé en ces termes: «Si je perds mon emploi, au moins, je dormirais tranquille».
Son licenciement intervient à environ sept mois de l’élection présidentielle de la FIFA, prévue en mars 2027 à Rabat. À ce stade, Gianni Infantino est le seul candidat déclaré à sa propre succession. Le dirigeant italo-suisse ambitionne ainsi de décrocher un troisième mandat de quatre ans, qui serait son dernier, avec le soutien d’une majorité des 211 fédérations membres.
Le projet au cœur des tensions avait été dévoilé par Gianni Infantino le 28 juillet. Le président de la FIFA souhaitait créer une structure externe baptisée FIFA Forward Enterprise (FFE), destinée notamment à gérer les activités commerciales de l’instance ainsi que des compétitions telles que les Coupes du monde, avec la participation d’investisseurs privés.
Révélée après avoir fuité dans la presse, cette initiative avait rapidement suscité de nombreuses critiques au sein du monde du football. Face à l’opposition de plusieurs acteurs majeurs, notamment l’UEFA, Gianni Infantino avait finalement annoncé le retrait du projet le 1er août.
La contestation ne s’est toutefois pas limitée à Kevin Lamour. Plusieurs responsables de la FIFA ont récemment pris leurs distances avec le président. Arsène Wenger, directeur du développement du football mondial, figure notamment parmi les cadres ayant exprimé des réserves. Le conseiller principal de Gianni Infantino, Carlos Cordeiro, avait pour sa part démissionné le 31 juillet, déclarant s’opposer «catégoriquement» au projet.
De son côté, l’UEFA, particulièrement virulente dans son opposition, avait brandi la menace d’un boycott des Coupes du monde avant d’obtenir le retrait de l’initiative. La confédération européenne a depuis déclaré avoir «perdu confiance» en Gianni Infantino. La Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf), a également appelé à une «mise à plat complète» de la gouvernance de la FIFA.
Le licenciement de Kevin Lamour vient ainsi ajouter une nouvelle tension à une FIFA déjà confrontée à des dissensions internes et à des critiques de plusieurs confédérations. À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, la gouvernance de Gianni Infantino apparaît plus que jamais au centre des débats.
Par Valentin SOMANDE







































