Les autorités de la République démocratique du Congo ont décidé, le mardi 26 août 2026, de suspendre jusqu’à nouvel ordre les activités académiques et para-académiques dans plusieurs universités publiques de Goma et Bukavu, en raison de la dégradation de la situation sécuritaire dans les zones contrôlées par le M23.
Les activités dans plusieurs établissements publics d’enseignement supérieur de Goma et de Bukavu sont désormais suspendues. La décision, relayée par plusieurs sources médiatiques, a été annoncée le mardi 25 août 2026 par le ministère congolais de l’Enseignement supérieur, à travers un communiqué.
Cette mesure concerne les universités publiques implantées dans des territoires sous contrôle du M23. Le mouvement rebelle, « soutenu par le Rwanda » selon les autorités congolaises, contrôle depuis 2021 d’importantes portions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment les villes de Goma et de Bukavu, tombées sous son contrôle au début de l’année dernière.
Le ministère de l’Enseignement supérieur justifie cette suspension par «un contexte marqué par une situation sécuritaire préoccupante affectant le fonctionnement normal des institutions académiques de ces deux provinces». Les activités académiques et para-académiques sont ainsi interrompues «jusqu’à nouvel ordre».
Face aux conséquences de cette décision sur les étudiants, les autorités congolaises affirment avoir prévu des mesures pour leur permettre de poursuivre leur formation. Dans un second communiqué, elles demandent aux établissements situés dans les zones épargnées par les combats de «faciliter l’accueil et l’intégration académique des étudiants régulièrement inscrits dans les établissements touchés».
De son côté, selon une source locale, un responsable du M23 a indiqué qu’un dispositif était également en cours d’élaboration afin de permettre aux étudiants concernés de poursuivre leur parcours universitaire.
Cette décision intervient quelques semaines après que Kinshasa a dénoncé, au début du mois d’août, des nominations «illégales» opérées par le M23 au sein des comités de direction de plusieurs universités implantées dans les territoires contrôlés par le mouvement.
L’est de la RDC demeure confronté à une instabilité sécuritaire persistante depuis plus de trois décennies. La région, riche en ressources minières, est le théâtre de combats impliquant de nombreux groupes armés.
Sur le front diplomatique, la situation connaît toutefois quelques avancées. Samedi 22 août dernier, le gouvernement suisse a annoncé que la RDC et le M23 étaient parvenus à un accord sur une feuille de route devant encadrer leurs futurs pourparlers de paix, à l’issue de négociations menées en Suisse.
En attendant une éventuelle amélioration de la situation sécuritaire et la reprise des activités universitaires, les autorités congolaises misent sur la solidarité entre établissements pour éviter que le conflit ne compromette davantage le parcours académique des étudiants de Goma et de Bukavu.
Par Valentin SOMANDE







































