Et si pour une fois une flamme, au lieu de raviver un brasier, l’éteignait? C’est tout le mal qu’il faut souhaiter au Sénégal qui a accueille la flamme olympique, alors que le mercure politique ne cesse de monter à Dakar. En effet, c’est alors qu’une lutte sans merci, nourrie par la soif du pouvoir, un camp désirant le conserver et l’autre voulant le conquérir, que la flamme des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), allumée ce jeudi, dans l’iconique stade panathénaïque d’Athènes en Grèce, a pris la route pour le Sénégal. Du 14 septembre au 30 octobre, la flamme, accompagnée du slogan «Pass the Energy», se rendra dans les 14 régions du Sénégal, en observant plus de 30 étapes d’escale. Elle retournera dans la capitale, où se tiendront, du 31 octobre au 13 novembre, les JOJ Dakar 2026.
Historiques, ce voyage de la flamme, tout comme la tenue des JOJ, le sont pour l’Afrique, qui accueillera, pour la première fois, un événement de cette envergure. Les JOJ Dakar 2026, qui marquent une victoire diplomatico-sportive pour le pays de la Teranga, seront également une fierté, non seulement pour le peuple sénégalais, mais aussi pour tous les Africains. Le drapeau de l’olympisme mondial flottera, alors à l’ombre de l’immense monument de la Renaissance africaine et, sera bercée par la brise de l’île de Gorée, lieu emblématique de souvenir de la douloureuse traite négrière qui a décimé l’Afrique de ses bras valides à l’époque. L’hymne de l’union et de la fraternité résonnera donc, grâce aux Jeux olympiques, dans un Sénégal, terre de la culture nègre, des tirailleurs sénégalais et des Lions de la Teranga, les champions en titre du football africain. Tout est donc réuni pour faire du Sénégal le carrefour mondial de la jeunesse, le temps de Jeux olympiques, qui ont trouvé un endroit où l’hospitalité est reine.
Mais, parce qu’il y a un grand «mais», le climat socio-économique et politique actuel du Sénégal pourrait bien ne pas coller à l’événement, tant il est délétère. Balloté entre la morosité d’une économie subissant les effets de la conjoncture mondiale mais aussi les conséquences d’une grosse «dette cachée» qui aurait été contractée par l’ancien régime, le Sénégal est également sous le joug de la vie chère et vit une querelle aux allures de guerre politique, entre le président de la république, Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, mais surtout leader du Pastef, le parti politique qui détient au parlement, la majorité absolue. Sans oublier cette polémique récente, créée par ce don de 500 millions de FCFA, fait par une fondation des épouses du président de la république, dans le but d’offrir 200 mille places aux jeunes des écoles, pour qu’ils assistent aux Jeux.
En espérant que, plus que jamais, le sport rassemble les peuples et fassent oublier aux populations, les contingences du quotidien, que les JOJ Dakar 2026 connaissent un plein succès et qu’il y règne le légendaire fair-play de l’olympisme. «L’essentiel n’est pas de gagner, mais de participer», avait dit le père des Jeux olympiques modernes, le baron Pierre de Coubertin.
«Citius, Altius, Fortius-Communiter». Plus vite, plus haut, plus fort-Ensemble!
Par Wakat Séra







































