Accueil A la une Les salaires de près de 6 000 agents publics placés sous contrôle

Les salaires de près de 6 000 agents publics placés sous contrôle

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Le gouvernement camerounais resserre le contrôle autour de son fichier solde. Dans un communiqué signé le 15 septembre 2026, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, annonce une mesure conservatoire visant 5 971 agents publics dont la présence effective sur le territoire national n’a pas pu être établie. Leurs rémunérations de septembre et octobre seront affectées à la Trésorerie-Paierie Générale de Yaoundé I, le temps pour les concernés de clarifier leur situation administrative.

Selon le ministère des Finances, ces agents ont été identifiés à l’issue du croisement des données relatives aux mouvements des personnes aux frontières du Cameroun avec les informations et clarifications fournies par leurs administrations d’emploi. À l’issue de ce traitement, ils demeurent considérés comme ne résidant plus au Cameroun.

La mesure prise par le ministre Louis Paul Motaze se veut, à ce stade, conservatoire. Pour les mois de septembre et octobre 2026, les salaires concernés ne suivront donc pas le circuit habituel de paiement. Ils seront assignés à la Trésorerie-Paierie Générale de Yaoundé I, où ils pourront être perçus après vérification de la situation de chaque agent.

Pour obtenir le paiement de leur rémunération, les intéressés doivent se présenter à la Direction de la dépense de personnel et des pensions (DDPP), au ministère des Finances à Yaoundé. Ils devront notamment fournir une photocopie de leur passeport, préciser le motif de leur voyage à l’étranger et produire une attestation de présence effective à leur poste datant de moins de trois mois. Ces documents permettront aux services compétents d’examiner leur situation et, le cas échéant, de délivrer un quitus autorisant la perception du salaire.

L’enjeu financier de l’opération est également important. Les rémunérations des 5 971 agents concernés représenteraient une masse salariale de plus de 22 milliards de FCFA par an, selon des informations rapportées par plusieurs médias camerounais.

Le délai accordé aux agents concernés court jusqu’au 31 octobre 2026. Au-delà de cette date, ceux qui n’auront pas apporté les justificatifs nécessaires pourront être considérés comme ayant abandonné leur poste et faire l’objet d’une suspension de leur rémunération du fichier solde, conformément aux procédures d’assainissement en vigueur.

Cette nouvelle opération s’inscrit dans le prolongement des efforts engagés par le Cameroun pour maîtriser sa masse salariale et assainir le fichier des agents de l’État. Le Comptage physique des personnels de l’État (COPPE), lancé en 2018, avait déjà conduit à la suppression de plus de 10 000 agents publics fictifs du fichier solde, avec une économie budgétaire annuelle estimée à environ 30 milliards de FCFA.

Avec cette nouvelle phase de contrôle fondée notamment sur les données de passage aux frontières, les autorités camerounaises entendent ainsi distinguer les situations administratives régulières des cas nécessitant des mesures de régularisation. Pour les 5 971 agents concernés, le rendez-vous est désormais fixé au 31 octobre, ultime échéance pour justifier leur situation.

Par Valentin SOMANDE