Accueil A la une Sept jeunes femmes exploitées sexuellement, deux suspects déférés

Sept jeunes femmes exploitées sexuellement, deux suspects déférés

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L’antenne régionale de Ziguinchor de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT), au Sénégal, a déféré au parquet, le 15 septembre 2026, deux personnes soupçonnées d’implication dans un réseau transnational de traite à des fins d’exploitation sexuelle. Dans le cadre de cette affaire, sept jeunes femmes de la sous-région, dont certaines mineures, ont été retrouvées dans un appartement à Kandialang, selon la police sénégalaise, ce mardi 22 septembre 2026.

L’enquête a démarré à la suite d’informations faisant état de la présence de plusieurs jeunes femmes étrangères dans un appartement de Kandialang. Les investigations ont permis d’y retrouver sept ressortissantes de la sous-région, dont certaines âgées de 14 ans.

Selon leurs déclarations, elles avaient été recrutées en Sierra Leone, parfois après un passage par la Guinée-Bissau, sur la base de promesses d’emploi ou de meilleures conditions de vie. Une fois à Ziguinchor, elles auraient été soumises à l’exploitation sexuelle par les deux mises en cause, présentées comme des maillons d’un réseau opérant entre la Sierra Leone, la Guinée-Bissau et le Sénégal.

Les victimes ont évoqué une dette de 1,5 million de F CFA qui leur aurait été imposée. Elles auraient reçu 3 000 F CFA par client, les recettes étant reversées aux recruteuses en fin de journée. Des cahiers retrouvés dans l’appartement comportaient des noms et différents montants correspondant, selon les enquêteurs, à la comptabilisation des recettes.

Les jeunes femmes ont également dénoncé la confiscation de leurs pièces d’identité et de leurs téléphones, ainsi que des pratiques à caractère rituel destinées à les maintenir sous pression. Des vidéos auraient notamment été réalisées lors de la coupe de leurs poils pubiens et utilisées comme moyen de contrainte.

L’enquête a, par ailleurs, mis au jour des irrégularités présumées concernant les carnets sanitaires de certaines victimes. Celles-ci ont affirmé ne s’être jamais présentées dans un district sanitaire et ont soutenu que leurs documents avaient été confectionnés à partir de pièces anciennes, avec modification des photographies et des informations d’identité, notamment pour masquer leur âge réel.

Une mineure aurait été violée en Guinée-Bissau

L’un des témoignages concerne une jeune fille recrutée en Sierra Leone à l’âge de 14 ans. Ses parents auraient été trompés sur la nature de l’emploi proposé. Un faux document d’identité aurait ensuite été établi pour la faire passer pour majeure avant son transfert en Guinée-Bissau.

Selon son récit, elle aurait été informée à son arrivée qu’elle était destinée à la prostitution. Après avoir refusé, elle affirme avoir été brutalisée et conduite dans un bar à Canchungo, où elle aurait subi des actes sexuels imposés. Retenue plusieurs jours contre son gré, elle aurait ensuite été transférée à Ziguinchor pour poursuivre son exploitation.

Confrontées aux déclarations des victimes, les deux suspectes auraient, pour l’essentiel, reconnu les faits, admettant notamment avoir recruté certaines jeunes femmes et les avoir hébergées en vue de leur exploitation sexuelle.

Elles ont été conduites au parquet pour association de malfaiteurs, proxénétisme, extorsion de fonds, traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle, faux et usage de faux en documents administratifs et complicité de viol.

Par Valentin SOMANDE