Accueil A la une Ouagadougou: des perles «Baya» pour la St Valentin

Ouagadougou: des perles «Baya» pour la St Valentin

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Boutique de perles de Mme Couldiaty au grand marché de Ouagadougou

Le 14 février est une journée consacrée à la célébration de l’amour à travers le monde, et à Ouagadougou au Burkina Faso, l’on n’est pas en reste. S’il est de coutume de voir les ‘‘Valentins’’ offrir des fleurs à leurs ‘‘Valentines’’, au grand marché de la capitale burkinabè où une équipe de Wakat Séra a promené son micro, des clients ont fait le choix des «Baya» (des perles très populaires au pays) pour faire «fondre» leurs dulcinées.

La St Valentin est perçue comme une belle opportunité pour beaucoup de personnes de prouver leur amour à leurs partenaires en leur offrant des cadeaux. Des poèmes, des fleurs, le restaurant…, chacun trouve sa formule pour faire plaisir à son (sa) partenaire.

Au grand marché de Ouagadougou, les commerçants sont toujours dans l’attente des clients, espérant que le marché soit plus prolifique. Dans la boutique BM de M. Ballora, on retrouve des bracelets, des montres, des chaînes, des boucles d’oreilles. Si quelques clients y affluent, le responsable de la boutique, lui, n’est pas satisfait. Il indique que les années antérieures, des clients venaient de l’extérieur pour effectuer des achats, mais à cause de la situation sécuritaire et sanitaire, ces derniers ne viennent plus. M. Ballora espère tout de même que «d’ici le soir les gens viendront chercher leurs cadeaux de St Valentin».

Un client revendeur rencontré dans la bijouterie de M. Ballora explique qu’ «on célèbre l’amour chaque jour». Néanmoins, raconte-t-il, «la journée du 14 février est une journée spéciale pour les femmes. En rentrant à la maison le soir, je vais passer au marché chercher des habits, des robes pour madame». Il indique ne pas vouloir des fleurs, car «les fleurs, c’est pour les enfants».

Quelques articles proposés aux clients dans la boutique BM de M. Ballora

Plus loin au centre du marché, les clients se ruent vers les horlogeries, faisant le choix des montres, des bijoux et des perles communément appelées «Bayas». Mme Couldiaty en propose plusieurs sortes aux clients. De diverses couleurs et de tailles différentes, ces joyaux sont sollicités par les clients, «en majorité les hommes», confie la responsable de la boutique. Si à notre passage, nous n’y avons pas rencontré de client, Mme Couldiaty nous raconte que plus de cinq hommes, depuis le matin, sont passés prendre quelques perles pour leurs conjointes. Les prix y sont fixés entre 1 000 et 6 000F CFA et la gérante de la boutique se frottait les mains.

Siaka Kiendrébéogo venait de rentrer au marché quand nous l’avons aperçu. S’il n’a pas précisé ce qu’il venait chercher pour sa ‘‘Valentine’’, il a cependant assuré qu’il «fait en fonction de ses moyens» pour lui faire plaisir. Il pense faire le choix entre une montre, des boucles d’oreilles, un bracelet pour subjuguer sa partenaire.

Pour certaines autres personnes, la St Valentin n’est pas leur tasse de thé. Romaric Koala affirme ne pas être intéressé par «une chose inventée venue d’ailleurs». Pour lui, il «n’a pas besoin d’une journée pour témoigner son amour à sa partenaire. L’amour se vit au quotidien», assure-t-il.

Pour cet autre client rencontré au Grand marché et qui a requis l’anonymat, l’heure n’est pas à la fête, indiquant que la situation sécuritaire du pays le préoccupe plus.

Historique de la Saint-Valentin

L’origine réelle de la Saint-Valentin est attestée au XIVe siècle dans la Grande-Bretagne encore catholique où le jour de la Saint-Valentin du 14 février était fêté comme une fête des amoureux, car l’on pensait que les oiseaux choisissaient ce jour pour s’apparier. Restée vivace dans le monde anglo-saxon, comme Halloween, cette fête s’est ensuite répandue à travers le continent européen à une époque récente. On retrouve ce même rapprochement de la Saint-Valentin avec les amoureux dans les poèmes d’Othon de Grandson, vivant en Angleterre, de Chaucer et de son contemporain Charles d’Orléans (1394-1465) alors retenu captif en Angleterre qui fait souvent allusion à la Saint-Valentin, jour où les amoureux se choisissaient leur partenaire ou renouvelaient leur serment. Selon le comte d’Argenson, Charles d’Orléans aurait choisi ce saint comme patron des amoureux en souvenir de la «cour d’Amour» que tenait chez elle sa mère Valentine Visconti.

Par Siaka CISSE (Stagiaire)