Accueil A la une A Ouagadougou, des policiers répriment une marche «pacifique» (Reportage)

A Ouagadougou, des policiers répriment une marche «pacifique» (Reportage)

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Pluie de gaz lacrymogènes et courses poursuites sur une scène chaotique de chaussures et autres objets abandonnés. Tel fut le spectacle désolant donné à voir, dans la matinée de ce lundi 16 septembre 2019, de la place du Grand Lion en face de la Société nationale burkinabè d’électricité (SONABEL) à la Bourse du travail en passant par la place des cinéastes, à Ouagadougou. Une représentation  bien triste de la répression de milliers de marcheurs qui ont répondu à l’appel de l’Unité d’action populaire (UAP), contre le terrorisme, les assassinats ciblés, etc. Constat, quelques temps après le début de la marche, d’une équipe de Wakat Séra.

Ils étaient nombreux, munis de drapeaux rouges, pancartes avec des mots accablant le pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré et sifflets à la bouche. Ils ont pris d’assaut la Bourse du travail, le QG des syndicats, ce lundi matin, pour la marche-meeting organisée par l’Unité d’action populaire qui regroupe l’Unité d’action syndicale (UAS) et des organisations de la société civile.

Mais cette marche qui se voulait pacifique a tourné au cauchemar pour les manifestants qui avaient été instruits par le secrétaire général de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B) Bassolma Bazié, «de marcher dans la responsabilité, la sérénité et de ne pas céder à la provocation».

Les consignes de Bassolma Bazié

Avant le départ de la marche à proprement parler, un commissaire de police accompagné d’un de ses agents, a cherché à rencontrer M. Bazié. Empêché d’avancer jusqu’à la Bourse du travail, par la sécurité encadrant les marcheurs, le commissaire a finalement pu voir le syndicaliste en chef. L’entrevue a été de très courte durée. Et la masse importante des marcheurs se mit en branle avec la ferme intention de battre le pavé, comme prévu par l’UAP.

Après une petite distance de marche, ils ont été cueillis au niveau de la place du Grand lion, entre l’Institut français de Ouagadougou et la direction générale de la Sonabel, par des tirs de gaz lacrymogènes. Malgré le premier nuage fumée piquante, les manifestants avec à leur tête, Bassolma Bazié, ont continué leur progression. Mais les tirs des agents de la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS) devenant de plus en plus intenses, les marcheurs se sont repliés à la Bourse du travail où s’est tenu par la suite le meeting.

Dans les courses poursuites, engagées entre eux et la police, des marcheurs fuyant les coups de matraques ont escaladé des murs pour se retrouver dans la cour de l’Hôtel de ville. Des blessés ont été enregistrés.

Des mots d’ordres en vue

Cette manifestation initiée par l’Unité d’action syndicale et des organisations de la société civile, a pour but «d’exiger des autorités, des actions efficaces de lutte contre le terrorisme et les exécutions sommaires et extra-judiciaires, de la justice en faveur des victimes d’exactions ainsi que pour le bien-être des populations de façon générale». Il s’agissait également, pour les marcheurs, «d’exiger le démantèlement des escadrons de la mort, le départ des forces militaires étrangères du pays, la prise de mesures adéquates pour atténuer la souffrance des populations déplacées et la création dans les plus brefs délais des conditions de retour dans leurs foyers et villages respectifs».

Réactions de manifestants après la marche

Cette manifestation pour laquelle les initiateurs affirment que toutes les règles ayant été respectées, n’avait pas été autorisée par la mairie de Ouagadougou. Le gouvernement également avait dénoncé son caractère illégal.

Selon des informations parvenues à Wakat Séra, la manifestation dans les autres localités du Burkina se serait plus ou moins bien passée.

Par Daouda ZONGO

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