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Accès à l’énergie au Burkina: le PASEL pour l’électricité moins chère

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Le présidium au lancement des activités du PASEL

Le Burkina Faso est passé, en termes d’accès de la population à l’énergie, de «23% en 2015, à 42% de nos jours», selon le ministre, Dr Bachir Ismaël Ouédraogo, qui a lancé, ce jeudi 10 septembre 2020, à Ouagadougou, les travaux de construction de lignes interurbaines, de renforcement de postes et de construction de centrales solaires, initiés dans le cadre du Projet d’Appui au Secteur de l’Electricité (PASEL).

«Aujourd’hui nous sommes en train de faire un grand pas au niveau de la production parce que nous augmentons l’offre de la Société nationale d’électricité au Burkina Faso (SONABEL) de près de 30 MW, et, au niveau du transport, nous sommes en train de consolider les lignes avec trois différentes lignes», s’est réjoui le ministre burkinabè de l’Energie, Dr Bachir Ouédraogo, notant que «cela va stabiliser davantage le réseau au niveau du Burkina».

Selon le ministre en charge de l’Energie, « aujourd’hui l’argent est disponible, l’argent est prêt » et « il n’y a pas de raison que nous ayons des retards dans les délais ». Dans cette logique, M. Ouédraogo a révélé avoir « parlé aux entreprises pour leur dire (qu’on) compte sur elles ».

Le ministre burkinabè de l’Energie, Dr Bachir Ismaël Ouédraogo

Pour lui, «la population burkinabè attend beaucoup de ce projet et donc (le gouvernement) n’a pas droit à l’erreur», ajoutant que « nous comptons sur le secteur privé pour pouvoir réaliser ce projet mais nous voulons qu’il joue pleinement son rôle ». 

Dans le cadre du Plan national de développement économique et social (PNDES), boussole du gouvernement, l’objectif du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré était que «nous puissions atteindre au moins 45% de la population qui aura accès à l’énergie en 2020. Un travail formidable a été fait et à l’heure où je vous parle, nous sommes pratiquement à 42%», a noté le ministre. Celui-ci a ajouté avoir travaillé à ce qu’il y ait une «célérité» dans la réalisation des différents projets du PASEL parce que «nos populations attendent de façon impatiente».

Le travail qui a déjà été fait au niveau du département de l’Energie, «donne beaucoup d’espoir parce que nous sommes passés de 23% de la population qui avait accès à l’énergie en 2015, à, aujourd’hui, près de 42%. En milieu rural, de 3% on est à nos jours à 22%», a conclu Dr Bachir Ismaël Ouédraogo pour qui le «développement passe par l’accès à l’énergie».

Le directeur général de la Société nationale d’électricité du Burkina Faso (SONABEL), Baba Ahmed Coulibaly

Le PASEL a été mis en place pour répondre à cet impératif qui est de procurer aux populations des villes et des campagnes, de l’énergie électrique à moindre coût. «Bénéficiant du soutien financier de la Banque mondiale (BM), le PASEL a permis à la SONABEL d’initier de nombreux chantiers dans le cadre du renforcement de ses capacités de production et de fiabilité de son réseau de transport et de distribution», a fait remarquer Baba Ahmed Coulibaly, le directeur général de la société.

Pour atteindre cet objectif, plusieurs sous composantes du projet ont été réalisées au profit de la SONABEL, à savoir «le renforcement de la centrale thermique de Fada N’Gourma dont les travaux sont en phase de finalisation avec une puissance installée de 7,5 MW; la construction de nouvelles lignes de transport d’énergie avec des postes renforcés; la mise en place de système de contrôle connexe pour permettre au réseau d’absorber plus d’énergie et l’installation de centrales solaires connectées au réseau national interconnecté», a souligné M. Coulibaly.  

Remise des ordres de services à des structures privées

A ce sujet, les composantes qui faisaient l’objet de lancement ce jour de jeudi 10 septembre, portent sur le renforcement de trois liaisons interurbaines et la construction de deux centrales solaires. Il s’agit de la «ligne Pâ-Diébougou en 225 kV d’une longueur de 83 km; Ziniaré-Kaya en 225 kV, longue de 60 km et Wona-Dédougou en 90 kV d’une longueur de 60 km», a précisé le DG de la SONABEL qui a ajouté qu’en plus de la construction de ces liaisons interurbaines, des postes Haute Tension de départ et d’arrivée de ces lignes seront créés ou renforcés. Il s’agit du «renforcement des postes 90 kV de Pâ, Wona et Ziniaré, de la création d’un poste 90/33Kv à Diébougou, Dédougou et Kaya», a indiqué Baba Ahmed Coulibaly, affirmant que les travaux permettront «d’équiper tous ces postes de système de télé-conduite facilitant ainsi leur exploitation et leur intégration dans le réseau national interconnecté».

Pour le DG de la nationale d’électricité, le Burkina Faso «est le champion du solaire dans la sous-région et un projet important comme le PASEL aurait un goût d’inachevé si l’énergie photovoltaïque n’y figurait en bonne place».

Jean Christophe Ilboudo, coordonnateur du PASEL

Le coordonnateur du PASEL, Jean Christophe Ilboudo, a, lui, saisi l’opportunité pour  expliquer que la lenteur dans la mise en œuvre des activités du Projet, est due en grande partie «au processus des passations des marchés qui retardent un peu la célérité des projets». Pour la réalisation des activités des différentes composantes du PASEL, le gouvernement burkinabè a bénéficié de son partenaire principal, la Banque mondiale, «d’une enveloppe globale de 165 millions de dollars US, soit 83 325 000 000 FCFA. A cette enveloppe s’ajoute une contrepartie nationale d’environ six millions de dollars US, soit 3 257 000 000 FCFA», a précisé M. Ilboudo.

Abdoulaye Bado, porte-parole des régions bénéficiaires de ces activités du PASEL

Quant au porte-parole des cinq régions bénéficiaires de ces travaux, Abdoulaye Bado, président de Conseil régional, il a déclaré que «l’énergie est de notre temps, le carburant indispensable qui fait fonctionner le moteur du développement». Ce lancement, de l’avis de M. Bado, constitue «amplement un signe éloquent de la concrétisation de la volonté politique du gouvernement de bâtir une économie forte, structurante et résiliente, à même de faire de notre pays un espace de vie meilleure».

Par Bernard BOUGOUM

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