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Afrique du Sud: les dieux sont tombés sur la tête!

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Que pourra le président sud africain, Cyril Ramaphosa contre cette plaie xénophobe qui ne veut pas lâcher son pays? (Ph. rfi.fr)

Ce qui se passe en Afrique du sud est simplement surréaliste! Comment un peuple qui s’est longtemps battu contre l’apartheid et était soutenu dans sa lutte par tous les Africains lambda peut-il aujourd’hui manifester une telle haine contre des noirs aujourd’hui? Les compatriotes de Madiba voudraient le tuer pour la deuxième fois qu’ils ne feraient mieux en entreprenant ce djihad inexplicable contre ceux qu’ils chassent actuellement d’un pays qui s’appele, ironie du sort, la nation Arc-en-ciel. Ils voudraient nous faire regretter les marches incessantes sous le soleil chaud de Ouagadougou ou les averses drues de Yaoundé pour dénoncer le barbarisme subi par les noirs en Afrique du sud qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. Toutes ces nuits blanches que nous passions dans nos petites chambres d’élèves et d’étudiants à échafauder des plans de combat et à composer des chants et des poèmes contre la haine raciale contre les noirs à Soweto sont en train d’être passées avec perte et fracas par des actes xénophobes indignes d’un être humain. Des magasins pillés et incendiés, une chasse à l’homme émaillée des pires atrocités les plus inimaginables. C’est l’enfer sur terre qu’imposent actuellement des imbéciles, n’ayons pas peur des mots, à leurs semblables, sous le prétexte que ces commerçants sont venus leur ôter le pain de la bouche.

Il ne fallait pas s’attendre à mieux dans un pays où la pauvreté, pour ne pas dire la misère est le quotidien de sud-africains agglutinés dans les ghettos et autres townships sont prêts à poignarder pour un morceau de pain. Des noirs à qui le pouvoir économique a toujours échappé et que le système éducatif n’a pas pris en compte, fabriquant ainsi des sans emploi n’ayant d’ailleurs aucune qualification que celle de manier à merveille couteaux à crans et pistolets pour voler et tuer. Ce pays est un véritable leurre faisant briller des modèles de réussite qui en réalité ne constituent que la face visible d’une société de chaos que les politiciens véreux et corrompus maintiennent dans l’obscurantisme et le crime pour gouverner. La marmite ne pouvait qu’exploser un beau jour et quand cela arrive comme partout ailleurs, le bouc-émissaire tout trouvé, n’est que le pauvre boutiquier étranger du coin de la rue. Il importe qu’au-delà des artifices de réussite économique et de super puissance de l’Afrique, le pays de feu Nelson Mandéla fasse une mue totale pour prendre en compte cette classe de damnés de la terre dont la force de nuisance se décuple avec son incapacité d’avoir accès aux richesses étrennées par une oligarchie qui ne dit pas son nom. Les déclarations de dirigeants eux-mêmes plus obnubilés par le pouvoir que le mieux-être de populations dont ils profitent éhontément de la misère pourront difficile ou pas du tout calmer cette folie qui, loin d’être spontanée était bien ostensible. Du reste, les divisions politiques entre les frères d’une ANC en grande perte de vitesse ne sont pas à écarter des causes de cette folie meurtrière qui ne trouvera issue qu’avec une thérapie de choc.

Même si ces violences ne sont pas l’apanage du continent noir car l’Europe et les Etats Unis sont constamment confrontés à cette guerre entre nationaux et étrangers, on peut se demander si l’Afrique du sud sombrera-t-elle comme le voisin Zimbabwe qui continue de chercher ses marques entre violences politiques et crises de la terre. En tout cas, le noir est plus que jamais devenu un loup pour le…noir. Et cela se passe dans la nation Arc-en-ciel.

Par Wakat Séra

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