Le 5 octobre 1988, la colère descend dans les rues d’Alger et fait trembler le pouvoir algérien. Entre pénuries, vie chère et ras-le-bol d’un système politique verrouillé par le parti unique, une révolte populaire éclate et sera durement réprimée. 38 ans plus tard, cette journée demeure un tournant majeur de l’histoire de l’Algérie, prélude à la fin du monopole du Front de libération nationale (FLN) et à l’avènement du multipartisme.
Le 5 octobre 1988 reste gravé dans l’histoire contemporaine de l’Algérie comme l’une des dates ayant profondément bouleversé le pays. Ce jour-là, la colère populaire éclatait dans les rues, notamment dans la capitale, où des manifestants dénonçaient les conditions de vie difficiles, la hausse des prix, les pénuries et l’absence d’alternative politique.
Face à l’ampleur des troubles et aux actes de saccage, les forces de sécurité se retrouvèrent rapidement dépassées. Le président Chadli Bendjedid réagit dès le lendemain en décrétant l’état de siège et en confiant à l’armée la responsabilité du rétablissement de l’ordre. Le général Khaled Nezzar se retrouvait alors au cœur du dispositif sécuritaire.
L’armée fut massivement déployée dans les principales zones touchées, notamment à Alger, où des blindés furent visibles dans les rues. La répression des manifestations allait provoquer un lourd bilan humain. Le bilan officiel faisait état de 159 morts, tandis que certaines sources évoquaient un nombre de victimes nettement plus élevé.
Mais au-delà du bilan humain, les événements d’octobre 1988 provoquèrent une onde de choc politique considérable. La contestation populaire mit à nu les fragilités du système fondé, depuis l’indépendance, sur le parti unique et le pouvoir du FLN.
Quelques mois plus tard, l’Algérie engageait une profonde révision de son architecture institutionnelle. La Constitution adoptée en 1989 consacrait notamment l’ouverture au multipartisme et élargissait les libertés politiques et d’expression, mettant ainsi un terme au monopole institutionnel du parti unique.
Le 5 octobre 1988 ne fut donc pas seulement une journée d’émeutes. Il constitua le point de départ d’une transition politique qui allait modifier durablement le visage de l’Algérie.
38 ans après, jour pour jour, le 5 octobre 1988 demeure ainsi associé à un moment de rupture: celui où la colère sociale s’est transformée en contestation politique et où l’Algérie a commencé à tourner la page du parti unique.
Par Valentin SOMANDE





































