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Assemblées annuelles de la BAD: l’Afrique doit d’abord compter sur ses propres forces

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Il fut un temps, pas si lointain où l’Afrique était confrontée à une précarité devenue le quotidien de nombre des pays du continent, notamment pour certaines populations, dont les besoins primaires ne trouvaient guère satisfaction. Si manger une fois par jour était défi permanent relevé avec la plus grande peine, se loger, se vêtir, s’éduquer et se soigner, tenaient des prouesses les plus dures pour le citoyen lambda qui ne savait plus à quel saint se vouer. Et, même si, de plus en plus cette image insupportable de l’Afrique des misères, se dissipe, laissant la place à une Afrique où la vie offre plus de perspectives et davantage d’espoir, tous les voyants ne sont pas au vert. Certains sont même, et pourraient le demeurer encore longtemps, bien au rouge, contraignant ainsi le continent noir à lier son développement rien qu’à l’aide extérieure.

Il est temps de changer les paradigmes classiques de développement de l’Afrique, que tous considèrent, de plus en plus, comme le continent du futur, Et cet avenir, le Grupe de la Banque Africaine de Développement (BAD) le voit, non plus en souffrance en solo, mais en réussite en chœur, pour l’Afrique. C’est, en tout cas, la conviction du nouveau président de la BAD, Dr Sidi Ould Tah, qui entend faire de ces premières assemblées annuelles de son mandat, non pas une rencontre de plus, mais un pas important pour le continent sur les rails du développement.

«Les Assemblées annuelles 2026 se déroulent à un moment crucial pour l’Afrique, un continent qui fait face à un déficit croissant de financement, à un durcissement des conditions financières mondiales et à une pression accrue pour mobiliser des ressources destinées au développement à grande échelle.» D’où le thème opportun de: «Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté.» Un thème qui traduit non pas qu’une simple ambition, mais une vision qui épouse le bouleversement d’ensemble qui touche un monde de guerres, de terrorisme et autres catastrophes naturelles ou portant la griffe de l’homme.

De ce fait, c’est en s’appuyant sur son arme de choix, l’inédite Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD) que le nouveau patron de la BAD, entouré de collaborateurs aussi déterminés que lui, pour pousser l’Afrique vers les premières places du développement mondial , s’est mis à la tâche dès son élection. C’est ainsi que les sessions ou autres activités de ce raout de décideurs africains, de politiques, de la société civile, du secteur privé, de la jeunesse, pour ne citer que ces franges de la société, traceront, du 125 au 29 mai 2026, à travers réflexions, débats et actes concrets, les axes tangibles pour «combler le déficit de financement du développement de l’Afrique.»

Solutions concrètes visant à renforcer la mobilisation des ressources domestiques, développer le cofinancement, attirer les capitaux privés et approfondir les partenariats susceptibles de favoriser des investissements plus importants et plus efficaces dans l’ensemble du continent. Ce sont autant de pistes qui seront exploitées et consolidées au cours de ces 61e Assemblée annuelle du Conseil des gouverneurs de la Banque africaine de développement et 52e Assemblée annuelle du Conseil des gouverneurs du Fonds africain de développement, le guichet concessionnel de l’institution. Tout est priorité et urgence pour une Afrique qui a besoin de plus de 1 300 milliards de dollars par an pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) d’ici à 2030, de 184 à 221 milliards de dollars par an pour le financement des infrastructures, de 213,4 milliards de dollars annuels pour combler le déficit de financement climatique, et de 402,2 milliards de dollars par an pour accélérer sa transformation structurelle.

Fort heureusement, l’optimisme est de mise. «Le rapport de la Banque «Perspectives économiques en Afrique 2025» estime qu’avec des politiques appropriées, en luttant contre les pertes de recettes et en améliorant la gouvernance institutionnelle et économique, l’Afrique a la capacité de mobiliser environ 1 430 milliards de dollars issus de diverses sources de revenus nationaux, un montant suffisant pour financer son développement et atteindre les ODD ». Comme quoi, selon les «Perspectives économiques en Afrique 2025», l’Afrique a le potentiel de mobiliser des ressources suffisantes pour financer son propre développement. Le continent abrite environ 60 % des terres arables restantes dans le monde, plus de 30 % des gisements de minéraux mondiaux, près de 45 % du potentiel technique mondial en énergies renouvelables, entre autres.» Cependant, relève la BAD «les faiblesses des systèmes financiers et commerciaux nationaux, régionaux limitent la capacité du continent à déployer efficacement ses ressources et à tirer parti de son potentiel en matière de croissance inclusive et résiliente et de développement durable.»

L’Afrique pour se développer doit, d’abord «compter sur ses propres forces».

Et que les Assemblées annuelles de 2026, soient cette étape décisive pour la suite de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD).

 Par Wakat Séra