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Assomption au Burkina: les chrétiens catholiques prient pour la paix et la cohésion

De milliers de pèlerins qui ont pris d’assaut Yagma (Sortie Nord de Ouagadougou) les 14 et 15 août 2022, pour le pèlerinage diocésain 2022 au Sanctuaire Notre Dame de Yagma à l’occasion de la solennité de l’Assomption, ont prié pour la paix et la cohésion dans les familles au Burkina Faso.

Au cours du pèlerinage diocésain 2022 au Sanctuaire Notre Dame de Yagma qui a été placé sous le thème: «Avec Joseph et Marie, prions pour la paix dans nos familles et dans notre pays», il y avait comme programme les Vêpres, suivies de prestations de chorales ainsi que des témoignages sur la vie de famille et sur saint Joseph. Il y a eu également une conférence sur le thème: «A l’exemple de Joseph et Marie, oeuvrons pour la cohésion et la paix dans nos familles et dans notre pays» qui a été animée par l’Abbé Olivier Compaoré.  Il y avait également au programme la récitation du Rosaire et une adoration silencieuse et la célébration eucharistique, entre autres.

Le cardinal Philippe Ouédraogo

«Comme vous le savez, nous avons commémoré trois événements très importants», a dit le cardinal Philippe Ouédraogo, citant «la fête de l’Assomption, la clôture de l’année de la famille et de Saint Joseph et la prière pour la paix dans nos familles et au Burkina Faso».

Pour lui, c’est «la fête de Marie mais c’est une Grâce spéciale de son fils qu’elle a engendré». «Elle a bénéficié d’une Grâce particulière grâce à son enfant ressuscité, donc elle est montée corps et âme au ciel et elle est rendue participante de la vie divine», a affirmé le cardinal.

«Nous avons voulu rassembler tous ces événements et les clôturer aujourd’hui en action de grâce par cette eucharistique de l’Assomption», a laissé entendre le cardinal Ouédraogo. Il est, par ailleurs, revenu sur «l’un des grands défis majeurs du Burkina Faso qui est la paix, la cohésion sociale, la réconciliation, la justice».

Pour la paix au Burkina Faso, il a invité, dans son Homélie, tout un chacun à «accepter de mettre tout en œuvre pour abattre les murs de haine, d’hostilité, d’incompréhension, d’extrémisme, de violence… et à construire des ponts de compréhension, de respect mutuel, de tolérance, de fraternité et d’amour», tout en appelant à persévérer «dans la prière, tant au niveau individuel, familial que communautaire». «Pour donner des ailes à notre prière, il nous faut la prolonger par des gestes de solidarité et de partage», a-t-il poursuivi.

A la fin de la messe, il a été organisé une deuxième quête pour «manifester la solidarité, la compassion de l’Eglise famille de Dieu eu égard à tous nos frères et sœurs déplacés internes». «Alors, par Marie et Saint Joseph protecteurs de l’Eglise, patrons de l’Eglise, nous avons essayé de prier. La vierge Marie est notre mère, sa fête est une interpellation très forte pour nous les chrétiens», a-t-il déclaré, souhaitant bonne fête, bon pèlerinage à tous et bon retour sain et sauf.

Mgr Thomas Kaboré

Pour Mgr Thomas Kaboré, l’Assomption «fait comprendre au chrétien, ce qui l’attend». «Ce qui l’attend aussi, c’est la vie éternelle et la vie éternelle, c’est la vie en Dieu. Nous allons partager la gloire de Jésus», a signifié Mgr Kaboré.

Dans son Homélie, le Cardinal Philippe Ouédraogo a rappelé l’historique de la fête du 15 Août. Selon lui, «c’est depuis le VIe siècle que la fête du 15 Août est unanimement admise dans l’Eglise Catholique sous le vocable de «Dormition» ou de «Repos»». «Et c’est en 1950 que le Pape Pie XII proclama le Dogme de l’Assomption par la Bulle «Munificentissimus Deus», a-t-il précisé.

Rendez-vous est donné l’année prochaine pour la prochaine célébration de l’Assomption.

Par Daouda ZONGO

Homélie du Cardinal Philippe OUEDRAOGO à la solennité de l’Assomption 2022 à Yagma

Introduction

Frères et Sœurs bien-aimés, la grâce et la paix de Notre Seigneur Jésus Christ soient toujours avec vous !

Soyez tous les bienvenus à Yagma pour la célébration du pèlerinage diocésain de la 15 août. Cette année, la 15 août est placée sous le triple signe de la Solennité de l’Assomption, de la clôture de l’Année de la Famille et de Saint Joseph, et enfin de la prière pour la paix.

  1. Fête de l’Assomption

C’est depuis le VIe siècle que la fête du 15 Août est unanimement admise dans l’Eglise Catholique sous le vocable de « Dormition » ou de « Repos ». En cette fête de l’Assomption, nous célébrons la Vierge Marie « élevée en corps et en âme à la gloire céleste ». C’est en 1950 que le Pape Pie XII proclama le Dogme de l’Assomption par la Bulle « Munificentissimus Deus ».

Cette fête de l’Assomption veut dire que Marie a été prise dans la gloire de la résurrection de son fils et introduite dans la vie céleste. Après sa mort, le corps qui avait porté le corps du Sauveur ne pouvait pas connaître la corruption du tombeau. Marie, proclamée « Mère de Dieu » (Theotokos), par la Concile d’Ephèse en 431, participe au mystère de la vie divine. L’Eglise lui reconnait un rôle de médiation entre l’humanité et Jésus, tout comme à Cana où elle a efficacement intercédé en faveur des mariés. La Vierge Marie tient une place tout à fait particulière dans l’économie du Salut.

Frères et Sœurs, le Magnificat dans l’Evangile de Saint Luc (1, 39-56) nous instruit que le Seigneur appauvrit et enrichit, il abaisse mais aussi il relève… De la poussière, il relève le faible ; du fumier, il retire le pauvre pour l’asseoir au rang des princes (Cf. 1 Sam 2, 1). L’amour du Seigneur sur ceux qui le craignent est de toujours (Cf. Ps 102, 17).

Pour nous chrétiens, la Vierge Marie est la grande croyante débordante de reconnaissance envers Dieu. Elle se situe dans le sillage de celles et ceux qui se mettent au service de Dieu et de leurs frères et sœurs. Elle accepte ce que Dieu lui demande. Elle devient ainsi la première à croire, la première disciple. Elle est, après son fils, le modèle par excellence de la vie chrétienne, de la vie selon la volonté de Dieu. A sa suite, nous sommes donc appelés à vivre du mystère de l’Assomption. Et vivre du mystère de l’Assomption, c’est accepter que Marie ait tous les droits sur toute notre personne ; c’est accepter d’être continuellement éduqué par elle pour apprendre à aimer toujours plus Jésus et le Père, et par eux à nous aimer les uns les autres dans l’Esprit Saint.

  1. Clôture de l’Année de la Famille et de Saint Joseph

–    La famille

Frères et Sœurs, le samedi 25 juin 2022, le Pape François a présidé la Xe Rencontre Mondiale des Familles sous le thème suivant : « L’amour familial : vocation et chemin de sainteté ». Ce fut une célébration d’action de grâce avec et pour les familles. De nombreux témoignages de couples furent très édifiants!

Aujourd’hui, en cette fête de l’Assomption, notre Diocèse voudrait conclure l’Année de la Famille proposée par le Saint Père et vécue toute l’année dans notre Eglise locale. La famille constitue l’avenir de l’Eglise et de l’humanité. Nous devons donc en prendre soin, un grand soin, et la défendre.

Ne permettez pas que la famille soit polluée par les poisons de l’égoïsme, de l’individualisme, de la culture de l’indifférence, de la mort (avortement, euthanasie…). Cultivez plutôt l’hospitalité et l’esprit de service et de pardon. Avec le Pape François, nous exhortons les couples et les familles avec insistance: « Vous tous époux, en formant votre famille, avec la grâce du Christ, vous avez fait ce choix courageux de ne pas utiliser votre liberté pour vous-mêmes, mais pour aimer les personnes que Dieu a mises à côté de vous. Au lieu de vivre comme des ‘‘ilots’’, vous vous êtes mis ‘‘au service les uns des autres’’, c’est ainsi que la liberté se vit en famille !… La famille est le lieu de la rencontre, du partage, de la sortie de soi pour accueillir l’autre et lui être proche. Elle est le premier lieu où l’on apprend à aimer » (Pape François, Xe Rencontre mondiale des Familles, 25 juin 2022).

En communion avec l’Eglise Universelle, faisons de la présente célébration, une action de grâce pour la vie de nos familles. Avec gratitude, apportons devant Dieu tout ce que l’Esprit Saint a semé dans nos familles : les joies, les peines, les souffrances, les espérances. Et demandons au Seigneur de soutenir nos familles de sa force et de son amour, de les bénir et de les protéger !

–    Saint Joseph

A l’occasion du 150e anniversaire de la proclamation de Saint Joseph comme Patron de l’Eglise Universelle, le Pape François avec la Lettre Apostolique « Patris corde » (Avec un cœur de Père) a décrété une année spéciale qui lui est dédiée, du 8 décembre 2020 au 8 décembre 2021. Après Marie, Mère de Dieu, aucun saint n’a occupé autant de place dans le magistère pontifical que Joseph son époux ! Dans l’Evangile, Jésus est appelé « fils de Joseph » le charpentier (Mt 13, 55), un homme juste (Mt 1, 19), toujours prêt à accomplir la volonté de Dieu… Il est bel et bien un intercesseur, un protecteur et le Patron de l’Eglise Universelle.

Je profite de l’opportunité de ce jour pour remercier tous ceux qui ont contribué financièrement pour la construction de la chapelle de Saint Joseph, ici, à Yagma. Nous n’avons pas encore mobilisé ce qu’il faut, alors, les bonnes volontés seront les bienvenues !

III.    La paix

Le thème proposé pour notre pèlerinage de l’Assomption 2022 est le suivant « Avec Saint Joseph et Marie, prions pour la paix dans nos familles et notre pays ». Comme vous le savez, le 4 février 2019 à Abou Dhabi, le Grand Imam d’Alzhar, Ahmed El-Tayeb et le Pape François ont signé un document conjoint de grande portée sur la fraternité humaine pour la paix mondiale. Je vous en livre un extrait : « Le premier et le plus important objectif des religions est celui de croire en Dieu, de l’honorer et d’appeler tous les hommes à croire que cet univers dépend d’un Dieu qui le gouverne, qu’il est le Créateur qui nous a modelés avec Sa Sagesse divine et nous a accordé le don de la vie pour le préserver. Un don que personne n’a le droit d’enlever, de menacer ou de manipuler à son gré…

Les religions n’incitent jamais à la guerre et ne sollicitent pas des sentiments de haine, d’hostilité, d’extrémisme, ni n’invitent à la violence ou à l’effusion de sang. Ces malheurs sont le fruit de la déviation des enseignements religieux, de l’usage politique des religions et aussi des interprétations de groupes d’hommes de religion qui ont abusé – à certaines phases de l’histoire – de l’influence du sentiment religieux sur les cœurs des hommes pour les conduire à accomplir ce qui n’a rien à voir avec la vérité de la religion, à des fins politiques et économiques mondaines et aveugles ».

Dans cette perspective, nous devons accepter de mettre tout en œuvre pour abattre les murs de haine, d’hostilité, d’incompréhension, d’extrémisme, de violence… et de construire des ponts de compréhension, de respect mutuel, de tolérance, de fraternité et d’amour. Comme je le dis souvent, la paix est un don de Dieu et le fruit des efforts des hommes. Persévérons dans la prière, tant au niveau individuel, familial que communautaire. Tous les jours, à chaque eucharistie, reprenons la prière pour la paix. Et pour donner des ailes à notre prière, il nous faut la prolonger par des gestes de solidarité et de partage.

Tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons constituent des dons de Dieu et nous devons partager avec nos frères et sœurs qui sont dans le besoin. Nos frères et sœurs Déplacés Internes (PDI) sont estimés à près de 2 millions. Ils vivent dans la pauvreté et dans des situations précaires. Je vous propose une deuxième quête pour manifester notre compassion et notre solidarité avec nos frères et sœurs Déplacés Internes. Chaque paroisse, mouvement, association ou groupe de spiritualité ou d’apostolat, est invité à intensifier la prière pour la réconciliation, la justice et la paix, et à prendre des initiatives de solidarité !

Conclusion

Frères et sœurs, en cette fête de l’Assomption de la Vierge Marie, je lance un appel pour que tous, unis et impliqués, individuellement et collectivement, nous nous engageons pour qu’adviennent la réconciliation, la justice, la cohésion sociale, gages d’une paix véritable et durable !

N’ayons de cesse de prier :

– pour la paix, la réconciliation et la justice ;

– pour la conversion des forces du mal;

– pour les Personnes Déplacées Internes ;

– et sans oublier nos frères et sœurs enlevés et retenus en otage ! Nous supplions instamment de les libérer !

Que par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie Mère de l’Eglise et Mère de l’humanité, de Saint Joseph Protecteur de l’Eglise, nos familles soient bénies et deviennent de véritables communautés de vie et d’amour !

Bonne et heureuse fête de la famille, avenir de l’Eglise et de l’humanité !

Que Dieu protège nos familles et les familles du monde !

A tous et à toutes, bonne fête de l’Assomption !

Ouagadougou, 15 août 2022

+ Philippe Cardinal OUEDRAOGO,

Archevêque Métropolitain de Ouagadougou

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