Le ministre burkinabè en charge du Commerce, Serge Gnaniodem Poda, a rassuré, qu’il n’y aura pas d’effets dominos suite à l’augmentation du prix du gasoil qui passe de 675 F à 750 FCFA sur le litre du gasoil. M. Poda avec ses proches collaborateurs étaient face à la presse, ce lundi 10 août 2026, à Ouagadougou, pour parler de l’évolution des prix des produits de grande consommation.
Le premier responsable du ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (MICA), Serge Gnaniodem, Poda et ses équipes, se sont entretenus avec les journalistes sur l’augmentation des prix des produits de grande consommation ces dernières semaines au Burkina Faso. Face aux représentants des médias, ce lundi 10 août 2026, à Ouagadougou, les conférenciers ont réagi sur la hausse de 75 F sur le prix du litre du gasoil qui est passé de 674 francs CFA à 750 FCFA.
«Sur la question de savoir s’il n’y a pas de risque qu’il y ait des effets dominos sur certains secteurs d’activité tels que les transports et donc contribuer à renchérir les prix de ces services, nous pensons que non, parce que si vous regardez, comme je l’ai indiqué, la proportion qui a été imprimée ne reflète même pas la réalité des prix». Le ministre burkinabè du Commerce s’est voulu rassurant en procédant de manière pédagogique pour expliquer la situation aux journalistes et à la population et les rassurer.
D’abord, il a rappelé le contexte d’ensemble qui a prévalu à la révision du prix du gasoil. «Vous savez que les hydrocarbures sont à 100% importées de pays étrangers. Les hydrocarbures sont des produits importants pour la production et pour les transports au plan national. Vous avez vu comment, depuis le début de l’année 2026, l’environnement international marqué par les tensions géopolitiques, la guerre qui sévit au Moyen-Orient, ont impulsé une dynamique très hausse sur le coût des hydrocarbures au plan international», a justifié M. Poda.
Il a poursuivi qu’au niveau du Burkina Faso, depuis le début de ce contexte, le gouvernement, soucieux de protéger le pouvoir d’achat des populations, a travaillé à ne pas imprimer la dynamique importée de l’extérieur sur le prix à la pompe des hydrocarbures. «Si vous faites un tour dans la sous-région, en dehors du Niger et du Nigeria, tous les autres pays frontaliers ont augmenté le prix des hydrocarbures. Et c’est tout: l’essence, le gasoil, le gaz, le Diesel Distillate Oil (DDO, fioul domestique), toute sorte d’hydrocarbure. Nous étions le seul pays qui avions maintenu le prix des produits pétroliers à leur niveau d’il y a deux ans, trois ans», a-t-il soutenu.
Le ministre a rappelé que particulièrement pour le gasoil, depuis 2022, le prix n’a pas progressé. «Et à ce niveau, il y a un revers de la médaille. Du fait qu’au plan national dans notre pays, le gasoil coûte moins cher, certains consommateurs des pays frontaliers, qu’est-ce qu’ils font ? Ils viennent tout simplement s’approvisionner ici au Burkina Faso», a affirmé Serge Poda qui a ajouté que lorsqu’on suit les statistiques de consommation, notamment dans la partie ouest du Burkina Faso, notamment dans la zone de Bobo-Dioulasso, la consommation a presque doublé depuis le début de la crise.
«Quand nous avons fait le point, il ne s’agit pas d’une consommation faite à l’intérieur du Burkina Faso. Ce sont des sortes de réexportation des hydrocarbures vers certains pays où le prix du gasoil s’avère extrêmement cher. Il y a le fait aussi que le budget de l’État a continué à supporter ce niveau des prix en faisant des subventions», a-t-il renchéri, faisant comprendre que normalement si on doit traduire fidèlement les coûts internationaux au niveau de la pompe au Burkina Faso, «le litre du gasoil devrait être à plus de 1 000 francs CFA».
Mais depuis 2022, le prix appliqué à la pompe burkinabè du gasoil est toujours resté stable à 675 FCFA. «Ça veut dire qu’il y a quelqu’un qui paye le différentiel et c’est le budget de l’Etat. Mais au-delà d’un certain seuil, ce n’est plus supportable par le budget de l’Etat à moins que nous décidions de délaisser d’autres secteurs sociaux qui ont besoin aussi des ressources de l’Etat pour les amener vers la subvention des prix des produits pétroliers», a-t-il insisté. Le ministre Serge Poda a estimé qu’il était temps que le gouvernement soit juste en travaillant à regarder comment imprimer une certaine hausse légère.
Le ministre du Commerce a aussi fait remarquer que ce n’est pas tous les produits pétroliers qui ont subi la hausse. L’essence est restée stable et il en est de même pour le gaz. Vous voyez, dans la sous-région, nous sommes le seul pays où les bouteilles de gaz 6 kilos et 12.5 kilos sont les moins chères. A telle enseigne qu’il y a des déperditions et une fraude énorme contre laquelle nous luttons chaque jour».
Par Bernard BOUGOUM






































