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Baromètre du cacao 2020: un changement de système pour mettre fin à la pauvreté dans le secteur

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Après deux décennies d’interventions infructueuses dans le secteur du cacao, les communautés de producteurs luttent toujours contre les effets de la pauvreté, du travail des enfants et de la déforestation. Le rapport du Baromètre du cacao 2020 publié cette semaine est un appel au rassemblement et à l’action: il décrit les mesures nécessaires que les gouvernements et l’industrie devraient prendre, en collaboration avec les agriculteurs et les organisations de la société civile, pour mettre fin à la déforestation et aux violations des droits de l’homme dans les chaînes d’approvisionnement du cacao.

En tant qu’examen biennal de la durabilité dans le secteur du cacao, le rapport du Baromètre du cacao 2020 fournit des détails saisissants sur le faible impact positif des interventions actuelles et passées sur les agriculteurs au début de la chaîne d’approvisionnement. Vingt ans après le début de la rhétorique, les défis sur le terrain restent plus grands que jamais. La pauvreté est toujours la réalité quotidienne pour la quasi-totalité des familles de producteurs de cacao en Afrique de l’Ouest, le travail des enfants demeure répandu et les forêts anciennes continuent d’être défrichées pour faire place à la production de cacao.

L’opportunité est désormais offerte d’aller vers plus de justice du fait de l’élan du changement et de rassemblement entre les différentes parties prenantes. Grâce à la campagne des organisations de la société civile, les deux dernières années ont vu un nombre croissant d’entreprises de chocolat demander une réglementation; des acteurs mondiaux importants comme l’Union Européenne se sont engagés à mettre en place une législation; et les deux plus grands producteurs mondiaux de cacao, la Côte d’Ivoire et le Ghana, se sont coalisés pour faire grimper les prix des producteurs de cacao.

«Après deux décennies d’initiatives volontaires qui ne s’attaquaient pas aux causes profondes, il est temps de changer de système dans le secteur», déclare Antonie C. Fountain du réseau VOICE, co-auteur du Baromètre du cacao. «Tous les ingrédients sont réunis pour que cela fonctionne mais il est temps maintenantd’aller de l’avant et de mettre en place des changements ambitieux, holistiques et obligatoires, afin de lutter contre la pauvreté, le travail des enfants et la déforestation dans le cacao.

Mais pour réaliser cela, il est vital que le secteur apprenne de ses erreurs, au risque de les répéter. Le rapport constate que les deux dernières décennies d’interventions ont échoué pour trois raisons principales.

Premièrement, les efforts n’ont été que volontaires et non obligatoires, ce qui signifie que dans l’ensemble du secteur les acteurs ne font pas ce qu’ils devraient faire. Dans la multitude de pactes gouvernementaux, des plateformes nationales multipartites et des collaborations sectorielles, il n’y a pas de sanctions en cas de non-conformité des entreprises ou des gouvernements ni d’incitation à atteindre les objectifs. Paradoxalement, cependant, ceux qui se situent au bas de l’échelle – les producteurs de cacao- vivent souvent sous le seuil de pauvreté et perdent leur certification de cacao durable s’ils ne se conforment pas aux prescriptions. Bien que nous ayons constaté une augmentation significative des processus réglementaires et des engagements en matière de diligence raisonnable, sans responsabilité, sans transparence et sans application équitable leur impact reste relatif.

Deuxièmement, si les mauvaises pratiques agricoles ont été abordées, les problèmes sous-jacents qui exacerbent l’extrême pauvreté – y compris les prix bas du cacao, le manque d’infrastructure et l’absence de transparence et de responsabilité à mesure que l’onprogressez dans la chaîne d’approvisionnement –ne sont ni remis en cause ni résolus. Il faut reconnaître que, dans sa forme actuelle, le modèle commercial pour des rendements élevés de cacao est synonyme de pauvreté pour les agriculteurs et de profits excessifs pour les fabricants de chocolat. Il est grand temps que cela change.

Troisièmement, les efforts visant à résoudre les problèmes complexes d’injustice et de non-durabilité dans le secteur du cacao n’ont pas été suffisamment inclusifs ou holistiques. Au lieu d’inviter les agriculteurs et la société civile à participer pleinement à la prise de décision, les problèmes ont été évalués en utilisant une approche descendante basée sur l’industrie. Cela sert les intérêts de l’industrie et du gouvernement plutôt que celui des agriculteurs et de leurs communautés.

«Nous sommes à la croisée des chemins», déclare Isaac Gyamfi, directeur général de Solidaridad en Afrique de l’Ouest. «Continuerons-nous à contourner la question du bien-être des agriculteurs ou toutes les parties prenantes vont-elles revoir radicalement la distribution de la valeur et la prise de décision dans le secteur du cacao? Faisons de la place à la table et assurons un revenu vital, tant pour les agriculteurs que pour les travailleurs ». Reconnaître l’échec des interventions précédentes nous indique des alternatives qui peuvent mettre fin à la déforestation, à la pauvreté et aux violations des droits humains dans les chaînes d’approvisionnement du cacao.

Le rapport formule trois recommandations clés:

1. Une réglementation qui modifie le système plutôt que de pénaliser les agriculteurs

Reconnaissant que la mauvaise pratique agriculturale n’est pas le problème mais plutôt le symptôme d’un système profondément injuste, le rapport plaide pour un changement des systèmes et une réglementation qui crée un environnement favorable. Les formes actuelles de certification et les normes basées sur les exploitations augmentent la pression sur les agriculteurs: au lieu de cela, nous avons besoin de lois qui tiennent les puissants pour responsables, plutôt que des systèmes qui exigent des agriculteurs qu’ils résolvent les problèmes systémiques. Les critères de conformité sont déséquilibrés et doivent être restructurés afin que les entreprises soient tenues de rendre des comptes aux systèmes de diligence raisonnable.

2. Des partenariats efficaces entre les pays producteurs et consommateurs

Nous avons besoin d’accords de partenariat entre pays producteurs et consommateurs qui facilitent et financent le changement du système, garantissant que les bonnes politiques sont en place. Les processus qui mettent en marche des partenariats doivent être inclusifs et délibératifs, garantissant que la société civile et les groupes d’agriculteurs ont une voix qui comptelà où se prennent les décisions.

3. Offrir un prix équitable aux agriculteurs

Le plus grand impact positif pour les agriculteurs et la meilleure manière de les inciter à pratiquer une agriculture durable est de fournir un prix équitable pour le cacao qu’ils produisent. Les entreprises de cacao et de chocolat doivent trouver des moyens de redistribuer la valeur tout au long de la chaîne d’approvisionnement, afin que les agriculteurs aient la garantie d’un revenu vital.

Le rapport complet du baromètre du caco peut être consulté en suivant le lien:www.cocoabarometer.org

À propos du baromètre du cacao

Le baromètre du cacao estpubliétous les deux ans par un consortium d’acteurs de la société civile:  ABVV/Horval, Be Slavery Free, European Federation of Food, Agriculture and Tourism Trade Unions (EFFAT), Fair World Project, Fern, Green America, Hivos,INKOTA-netzwerk, International Labor Rights Forum, Mighty Earth, Oxfam America, Oxfam Belgium, Rikolto, Solidaridad, SüdwindInstitut, Tropenbos International.

Contactmédia:

AntonieFountain

antonie@voicenetwork.eu

Mob:(+31)06 242 765 17

 

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